Vélo et société

Budget 2026 : le vélo toujours grand perdant

La pratique du vélo progresse partout en France, mais le budget 2026 lui tourne le dos. Promesses abandonnées, crédits rabotés et priorités écologiques sacrifiées : l’État freine une dynamique pourtant essentielle pour la mobilité, la santé et le climat.

En bref :

  • La fréquentation cyclable augmente, mais le budget 2026 réduit drastiquement les moyens dédiés au vélo.
  • De 400 millions d’euros / an, le plan vélo tombe à 31 millions en 2026 tandis que les aides à l’achat ont disparu.
  • Face au désengagement de l’État, régions et communes deviennent les derniers leviers pour développer le vélo.

Les points de comptage ne mentent pas : la fréquentation des axes cyclables continue à se développer en France. Sorties sportives, randonnées, vacances, déplacements du quotidien, les Français sont toujours plus nombreux à enfourcher leur vélo, et ce de plus en plus souvent.

Une pratique que tout pousse à encourager au maximum. Le vélo est bon pour la planète, pour la santé, pour l’économie. C’est un enjeu de mobilité, d’autonomie et même de souveraineté. Et pourtant. Pourtant. Le vélo est l’un des grands perdants du budget 2026 que le gouvernement de Sébastien Lecornu vient de faire passer en engageant sa responsabilité via la procédure du 49.3.

Une pratique en plein essor, un soutien public en chute libre

On en a malheureusement pris l’habitude. C’était déjà le cas en 2025. Et à chaque fois que l’on retarde le financement de mesures tangibles, pérennes et nécessaires pour que la part modale du vélo franchisse un cap dans notre pays, on marche à rebours de l’histoire, on tourne le dos aux grands défis de notre époque et on perd un temps précieux.

Rappelons tout de même qu’en 2023, le gouvernement promettait d’investir 2 milliards d’euros sur cinq ans pour développer le vélo en France (aides à l’achat, soutien des collectivités dans leurs travaux d’infrastructures, etc.). Cela représentait 400 millions d’euros par an. Une enveloppe qu’aucun élu ou professionnel ne jugeait surdimensionnée au regard de l’étendue du grand chantier vélo à mener en France.

Mais après avoir vu cette enveloppe chuter à 50 millions d’euros en 2025 et l’intégralité des primes à l’achat disparaître dès le mois de février 2025, c’est pire en 2026 !

Porte-parole de la FUB (Fédération des Usagers de la Bicyclette), Axel Lambert note que seuls 31 millions d’euros sont finalement prévus pour accompagner le vélo cette année. Même le Sénat avait jugé bon de réintroduire une rallonge pour rester sur une enveloppe d’environ 50 millions d’euros. Mais le gouvernement, en quête d’économies, n’a pas hésité à sacrifier une fois encore le plan vélo.

Le plan vélo sacrifié sur l’autel des économies budgétaires

Une décision qui s’inscrit dans un grand tout qui est un affront de plus fait à la question écologique et aux besoins de bifurcation de notre société. Car ce coup de rabot n’est pas le seul : 600 millions d’euros de moins pour Ma Prime Renov’, un Fonds Vert passé de 2,5 milliards à 850 millions d’euros, des centrales solaires davantage taxées… quand dans le même temps on choisit d’épargner les SUV, d’écarter la taxe de solidarité sur le transport aérien, de renoncer à la taxe sur les déchets plastiques et que l’on continue à taxer davantage l’électricité décarbonée que le gaz.

On nous répondra sans doute que les temps sont durs et que tout le monde doit faire des efforts, cyclistes et filière vélo y compris. Que le Fonds Vert peut être utilisé pour cofinancer des infrastructures jugées prioritaires, et que celles-ci peuvent comprendre des aménagements vélo. Ou encore que l’avantage fiscal du FMD (Forfait Mobilité Durable) est maintenu, et qu’il couvre les déplacements en transports en commun des salariés mais prévoit également une part pour le vélo ou la trottinette.

Si l’on ne peut pas compter sur l’Etat pour accompagner le développement du vélo en France, il faut se tourner vers les régions et municipalités qui maintiennent pour certaines des aides à l’achat d’un vélo, et qui doivent seules trouver les crédits pour investir dans leurs réseaux cyclables, leurs places de stationnement vélo, etc.

C’est un véritable enjeu des prochaines élections municipales comme le met en avant la FUB avec son portail dédié, qui invite à « jouer la carte vélo pour les municipales de 2026 ». Un dispositif qui prévoit de mettre en place une charte vélo et de la présenter pour signature aux candidats à la mairie. N’hésitez pas !

  • Publié le 6 février 2026

En banlieue parisienne, ce quadra père de 2 enfants pratique le vélo au quotidien de manière (assez) sportive, sur route et en dehors. A des envies de longues randonnées à la découverte de nouveaux paysages.

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