Wasted Watts : l’innovant système qui calcule les Watts perdus à vélo
Et si la performance ne se jouait pas seulement dans les watts produits, mais dans ceux que l’on perd ? Avec Wasted Watts, la start-up française Aeroscale propose un outil capable de mesurer, en conditions réelles, l’énergie dissipée à vélo pour mieux optimiser son efficacité.

En bref :
- Aeroscale a développé Wasted Watts, un système qui mesure les watts perdus en conditions réelles à vélo.
- Grâce à des capteurs embarqués et un GPS RTK, l’outil analyse précisément les pertes aérodynamiques.
- Déjà adopté par des équipes World Tour, il pourrait bientôt devenir un allié des cyclistes amateurs.
Depuis plusieurs années, le cyclisme s’appuie sur des compteurs de puissance pour quantifier ce que le cycliste produit. Mais ce chiffre ne raconte qu’une partie de l’histoire. Une start-up française, Aeroscale, s’est donnée pour mission d’éclairer l’autre côté de l’équation énergétique : la part d’énergie perdue en route.
C’est ce que propose le système Wasted Watts, un outil embarqué conçu pour mesurer, en conditions réelles, les watts que le cycliste gaspille.
Mesurer l’invisible : quand les watts perdus parlent enfin
Aeroscale est une entreprise fondée il y a quelques années au cœur de l’écosystème grenoblois par Manuel Sellier. Lui et son équipe ont travaillé pendant des années à développer une méthodologie de mesure qui puisse sortir des laboratoires et des souffleries pour être pertinente dans le monde réel.

Dès 2024–2025, la technologie a été testée et utilisée par plusieurs équipes du peloton du World Tour, ainsi que par l’équipe de France féminine de cyclisme et des athlètes handisport. Il faut dire que pour les athlètes, les données fournies par Wasted Watts sont précieuses afin d’optimiser position, matériel et stratégies aérodynamiques.
En ce début d’année 2026, Aeroscale a officialisé le Wasted Watts Tracker lors du salon Tech & Fest à Grenoble. Une étape cruciale pour l’entreprise qui prépare sa commercialisation au grand public après plusieurs années de R&D.
Bien plus qu’un gadget
Comme l’expliquent ses créateurs, le Wasted Watts Tracker n’est pas un simple gadget : c’est un système complet composé de plusieurs éléments physiques et numériques.
Il se compose d’abord d’un module arrière, positionné derrière la selle, dont le rôle est d’agréger les données provenant du capteur de puissance, ainsi que des mesures de vitesse, d’altitude et de pente. C’est ici que sont calculés les premiers indicateurs d’énergie perdue.

Il est complété par un module avant, intégrant une sonde « Pitot » venue du monde de l’aviation. Là, on mesure la vitesse de l’air réel affrontée par le cycliste. Une mesure essentielle pour réaliser tous les calcules de traînée aérodynamique.
Enfin, l’ensemble de ces capteurs fonctionnent de pair avec une application mobile sur smartphone et un GPS RTK de grande précision. Et c’est ainsi, en captant un maximum de données sur la force du vent, la puissance produite, l’altitude, la pente, etc., que Wasted Watts est en mesure, in fine, de proposer une lecture complète des watts « perdus » à vélo.
Vers une nouvelle culture de la performance ?
Cette logique repose sur une équation énergétique fondamentale. La puissance fournie par le cycliste se divise en deux grandes voies : les pertes énergétiques (celles qui se dissipent dans l’air, le roulement, la transmission ou d’autres résistances) et l’énergie utile (celle qui augmente la vitesse ou l’altitude). Le Wasted Watts Tracker compare en continu la puissance mesurée au pédalier avec la variation d’énergie cinétique et potentielle calculée grâce à la vitesse GPS et à l’altitude. La différence correspond à la puissance perdue.

Le module avant, qui mesure la vitesse de l’air, permet ensuite de normaliser ces pertes par rapport aux conditions de vent. Cela ouvre la voie à des comparaisons fiables entre essais réalisés dans des contextes différents. De quoi aider à comprendre pourquoi deux cyclistes qui produisent le même nombre de watts au pédalier à la force des cuisses n’avancent pas forcément à la même vitesse…
Là où le système d’Aeroscale est très intéressant, c’est qu’il permet d’atteindre un niveau de fiabilité élevé, avec une très faible latence et une normalisation des pertes pour faciliter leur lecture et leur interprétation. L’entreprise a calculé une marge d’erreur comprise entre 1 et 3 watts en conditions réelles, inférieure à 1 watt en environnement contrôlé (vélodrome).

Alors que jusqu’ici les mesures précises des résistances en cyclisme étaient confinées aux souffleries ou aux bancs de roulement, les équipes professionnelles ont commencé à adopter la technologie Aeroscale comme un outil d’analyse en conditions réelles. De quoi affiner des positions aérodynamiques, optimiser les choix de matériel ou calibrer des entraînements spécifiques. Des champions comme Paul Seixas ou des coureurs du World Tour ont assisté à des tests et intégré rapidement ces données dans leurs processus de préparation.
Et alors que cette technologie a longtemps reposé sur des installations complexes et coûteuses, Wasted Watts Tracker vise à démocratiser cette approche. Grâce à un système embarqué, simple à installer, et à une interface smartphone, il devient possible pour un cycliste amateur, un triathlète ou un passionné d’accéder aux mêmes métriques que les pros. De quoi, également, faire ses propres tests pour comparer l’efficacité de deux casques différents par exemple, ou mesurer l’impact d’un repositionnement sur le vélo après un bike-fitting.
Pour les pros comme pour les amateurs, mesurer ce que l’on perd plutôt que ce que l’on produit promet de transformer l’approche que l’on peut avoir de la performance pure à vélo. Et c’est passionnant.
La commercialisation de Wasted Watts est imminente. Nous mettrons cet article à jour pour préciser les conditions tarifaires et la disponibilité.
Source : Wasted Watts
- Publié le 3 mars 2026