Test – Hypershell X Ultra : l’exosquelette peut-il remplacer un vélo électrique ?
Avec le X Ultra, Hypershell nous offre une première expérience aboutie avec un exosquelette… mais sur le vélo, l’expérience se révèle plus contrastée qu’annoncée.
Pour
- Produit léger et bien pensé.
- Installation ultra rapide et simplicité d’usage.
- Globalement confortable.
- Fonctionnement silencieux.
- Polyvalence (12 modes, multi-activités).
Contre
- Petite latence régulièrement perceptible.
- Assistance peu utile dans les moments clés (montées, efforts intenses).
- Gêne sur le vélo, surtout en pratique sportive.
- Encombrant à transporter malgré le faible poids.
- Autonomie limitée.
- Tarif élevé.
Est-ce que cet Hypershell X Ultra, version la plus aboutie du concept d’exosquelette personnel, peut remplacer un vélo électrique ? Non. Est-ce qu’il peut assister la pratique du vélo ? Un peu. Surtout lorsque l’on pédale en cadence et que le parcours est peu difficile ou technique. Il faut toutefois faire avec un produit qui, même s’il est très bien conçu et exécuté, n’en reste pas moins contraignant à porter (et transporter), avec une autonomie limitée et une latence parfois gênante. Vous l’aurez compris, on reste très mitigé quant à son intérêt réel à vélo, même s’il faut reconnaître que pour certains publics spécifiques, l’intérêt sera certainement plus grand (redonner de l’autonomie et de l’endurance à des populations fragiles). Mais à l’heure actuelle, avec un tarif aussi élitiste, difficile de conseiller réellement ce gadget.
Présentation
Hypershell est un fabricant qui s’est rapidement imposé comme le leader des solutions exosquelettes personnelles sur un marché encore balbutiant. Le X Ultra est la version la plus haut de gamme de son produit. En faisant usage du carbone, c’est la plus légère (1,8 kg au total). C’est également la plus performante avec 1000 W de puissance et une réduction de l’effort indiquée de 39 %.

En comparaison, le Hypershell X Go, premier modèle de la gamme, embarque un moteur 400 W et promet 20 % de réduction de l’effort. On est donc en présence d’une petite bombe technologique sur le marché de l’exosquelette.
Cette version est livrée dans un coffret comprenant deux batteries de 5000 mAh (mais pas de chargeur), pour une autonomie indicative de 30 km (en course à pied a priori). La charge prend 1h30 avec un chargeur USB-C 65 W.

Le X Ultra offre également la palette la plus large d’activités supportées avec 12 modes intelligents, dont un mode cyclisme évidemment. On est ici sur un produit qui ne se positionne pas seulement comme une aide à la marche ou à la randonnée, mais un exosquelette pensé pour booster les capacités humaines en course à pied, trail, vélo, etc.



Côté tarifs, ça pique « un peu ». Si le X Go est affiché en premier prix à 999 €, le X Ultra que nous testons ici est proposé au tarif de 1999 € ! On n’est pas loin du prix moyen dépensé par les français dans un vélo à assistance électrique.
Fonctionnement
La découverte du Hypershell X Ultra est à la fois rapide et simple. Le produit a beau être futuriste et très technologique dans son imaginaire, en pratique ce n’est ni plus ni moins qu’un ensemble de deux moteurs reliés à une batterie et un contrôleur, avec deux bras en carbone que l’on va relier à ses jambes pour le transfert de force.

En le regardant pour la première fois, on comprend instinctivement comment le porter et comment il fonctionne. Mais pour faire les choses correctement, il est nécessaire de télécharger l’application Hypershell qui nous guide dans les premiers réglages. On crée son morphotype (taille, poids, sexe…) et l’app nous indique comment régler l’exosquelette pour qu’il soit le plus confortable et efficace possible.

Un petit didacticiel se lance ensuite pour nous expliquer le fonctionnement. Tout marche avec un seul et unique bouton en plus de l’app. C’est simplissime. On est invité à tester les deux modes d’assistance proposés, Eco ou Ultra, et de régler l’intensité de ceux-ci en fonction de nos préférences. Et voilà, c’est parti.

L’avantage de ce produit est que la mise en place est vraiment rapide. Une fois les premiers réglages réalisés, il faut vraiment 15 secondes au maximum pour l’enfiler à la taille et venir serrer ses jambes avec les sangles.
Sur le vélo
Il nous tardait évidemment de mettre à l’épreuve cet Hypershell X Ultra dans un domaine qui nous est cher : le vélo. Nous avons alors décidé de regarder s’il pouvait être une alternative à l’utilisation d’un vélo électrique en ville, et s’il était capable de booster nos performances lors d’une sortie sportive à VTT en forêt.

Si l’installation est très simple et que le produit est globalement bien pensé pour être le moins gênant possible, il faut quand même savoir qu’il occasionne une petite perte de mobilité sur le vélo. Pour des déplacements en ville ou des balades sur pistes cyclables, c’est acceptable, lors d’une sortie plus mouvementée en VTT, cette petite gène en termes de mobilité est déjà plus problématique.
Car oui, sur les sections techniques, la pratique du VTT est aussi un jeu d’équilibre et de répartition permanente des masses en fonction du terrain. Dire que l’usage de l’exosquelette ne change rien dans ces conditions serait mentir.

Grâce à son usage de l’IA, il est superflu de se rendre dans les réglages du Hypershell X Ultra pour sélectionner manuellement le mode cyclisme. Il comprend très bien que l’on se met à pédaler pour offrir une assistance adaptée à la pratique du vélo. En réalité, on a quand même l’impression que quelle que soit l’activité pratiquée, le fonctionnement est à peu près le même, mais passons.

En l’allumant et en se mettant à pédaler, on se rend vite compte que l’exosquelette manque un peu de réactivité. Il lui faut bien deux à trois tours de manivelles pour comprendre qu’il peut commencer à nous assister, et à l’inverse il est très fréquent que l’on se prenne une petite poussée dans la jambe alors que l’on a sciemment décidé d’arrêter de pédaler. Là encore, plus le rythme s’accélère et plus la sortie est sportive, avec des changements de rythme fréquents, plus on remarque cette latence et plus elle devient gênante.
En revanche, il faut reconnaître à l’engin son silence de fonctionnement. Il faut être dans un environnement très calme pour entendre légèrement les petits ronrons en cadence de ses moteurs. La plupart du temps, on n’entend vraiment rien pendant que l’on roule et de ce point de vue là c’est assez agréable.

Au-delà de l’impact sur notre mobilité sur la selle, on constate que le travail ergonomique réalisé par Hypershell est plutôt concluant. Même après deux bonnes heures de VTT, aucune rougeur, aucun frottement désagréable, c’est plutôt confort avec un rembourrage efficace. Le plus gênant, c’est sans doute l’emplacement de la partie principale au-dessus des hanches avec la batterie dans le dos. En effet, si l’on porte un sac à dos, ce dernier va forcément venir frotter et gêner à ce niveau-là, même en serrant les bretelles à fond pour le remonter au maximum.
Mais alors, est-ce que c’est efficace ? On rappelle qu’avec ses 1000 W de puissance sur le papier, l’Hypershell X Ultra se targue d’offrir ce qui se fait de mieux à l’heure actuelle en matière d’exosquelette personnel. A vélo, il promet de réduire de 42 % le rythme cardiaque, de diminuer l’effort respiratoire de 39 %, en déchargeant à 63 % les muscles des fléchisseurs de hanches.

Pour nous faire une idée, nous avons comparé quelques données de base avec et sans l’exosquelette, sur un parcours de 2,5 km environ avec une cote modérée mais assez longue et pas mal de plats et faux plats.
Sur la selle de notre vélo musculaire, nous avons bouclé ce tour en 7 minutes et 30 secondes à environ 21 km/h de moyenne, avec un rythme cardiaque ayant atteint 142 bpm en pic. Avec le Hypershell X Ultra, réglé sur le mode d’assistance maximal, nous avons bouclé le même tour en 7 minutes. On a donc été un tout petit peu plus vite en moyenne, mais surtout, le cardio n’a pas excédé les 126 battements par minute. Cela représente un gain de l’ordre de 11 à 12 %. Ce n’est pas nul, mais ce n’est pas suffisant pour s’extasier non plus.
Pour voir si ce genre d’appareils peut être une alternative viable à l’utilisation d’un vrai vélo à assistance électrique, nous avons enfin dégainé un VAE équipé d’un moteur Bosch Performance Line développant 75 Nm de couple. D’emblée, on constate que l’on est pas du tout dans la même catégorie en termes d’assistance et d’entraînement, mais on s’en doutait un peu. Le tour de référence est bouclé en un peu moins de 6 minutes à environ 25 km/h de moyenne, pour un cardio qui n’a pas dépassé les 108 bpm.
Mais plus encore que les chiffres, c’est bien la comparaison des sensations qui est la plus flagrante. L’agrément d’un VAE est très très loin de ce que peut se prévaloir d’offrir l’exosquelette.


Afin de voir ce que cela pouvait donner dans une activité plus physique et sportive, nous avons également été faire une bonne vingtaine de kilomètres en forêt de Fontainebleau en passant par le sentier MBF, à deux, avec un VTT musculaire, cet Hypershell X Ultra et un vrai VTTAE. Là encore, le verdict est vite tombé et si l’on se sent un peu aidée sur les portions roulantes, lorsque nos jambes travaillent en cadence, dès qu’il faut imprimer beaucoup de force dans les pédales et que la cadence chute, l’exosquelette ne peut plus rien pour nous et complique même parfois un peu les choses.
C’est tout le paradoxe, on sent qu’il nous assiste un peu lorsque l’on en a pas vraiment besoin, tout en n’apportant strictement rien lorsque l’on aurait besoin d’un coup de pouce. Les grosses montées techniques que je ne passe pas en VTT musculaires, l’exosquelette ne m’a pas permis de les passer alors qu’en grimpant sur la selle du VTTAE, j’étais en mesure de les gravir tout en contrôle. La messe était dite.

Cette sortie fut l’occasion de vider entièrement la batterie de l’exosquelette en une vingtaine de kilomètres, en restant sur le mode d’assistance le plus balèze. Hypershell promet entre 1h30 et 3h30 de vélo sur une charge en fonction du niveau sélectionné, et sur ce point, on trouve ça assez réaliste par rapport à notre expérience terrain avec le produit.
On remarque aussi que bien que l’appareil ne pèse que 2 kg environ et se replie pour occuper le moins de place possible lorsqu’il n’est pas porté, eh bien cela reste un équipement encombrant qui remplit un sac à dos. Bref, en termes de praticité, ce n’est pas non plus l’appareil que l’on pourra facilement avoir avec soi et dégainer n’importe où. Le plus simple est donc de se balader avec à la taille même si on l’éteint ou qu’il n’a plus de batterie. On a connu plus discret.
Conclusion
Pour
- Produit léger et bien pensé.
- Installation ultra rapide et simplicité d’usage.
- Globalement confortable.
- Fonctionnement silencieux.
- Polyvalence (12 modes, multi-activités).
Contre
- Petite latence régulièrement perceptible.
- Assistance peu utile dans les moments clés (montées, efforts intenses).
- Gêne sur le vélo, surtout en pratique sportive.
- Encombrant à transporter malgré le faible poids.
- Autonomie limitée.
- Tarif élevé.
Note
Est-ce que cet Hypershell X Ultra, version la plus aboutie du concept d'exosquelette personnel, peut remplacer un vélo électrique ? Non. Est-ce qu'il peut assister la pratique du vélo ? Un peu. Surtout lorsque l'on pédale en cadence et que le parcours est peu difficile ou technique. Il faut toutefois faire avec un produit qui, même s'il est très bien conçu et exécuté, n'en reste pas moins contraignant à porter (et transporter), avec une autonomie limitée et une latence parfois gênante. Vous l'aurez compris, on reste très mitigé quant à son intérêt réel à vélo, même s'il faut reconnaître que pour certains publics spécifiques, l'intérêt sera certainement plus grand (redonner de l'autonomie et de l'endurance à des populations fragiles). Mais à l'heure actuelle, avec un tarif aussi élitiste, difficile de conseiller réellement ce gadget.
Conception
Performances
Autonomie
En banlieue parisienne, ce quadra père de 2 enfants pratique le vélo au quotidien de manière (assez) sportive, sur route et en dehors. A des envies de longues randonnées à la découverte de nouveaux paysages.
