Reach : l’innovant GPS multisports modulaire qui veut bousculer Garmin, Wahoo et les autres
Avec Reach, Motion Rivalry ne lance pas un simple compteur GPS. La jeune société propose une plateforme modulaire pensée pour plusieurs sports (dont le cyclisme), avec une architecture inédite qui pourrait rebattre les cartes du marché.
En bref :
- Motion Rivalry mise sur un GPS modulaire capable de s’adapter au vélo, à l’aviron ou au parapente.
- Son architecture évolutive promet un appareil unique plutôt qu’un GPS différent pour chaque pratique.
- L’idée est séduisante, mais elle devra désormais faire ses preuves face aux références du secteur.
Pendant des années, le compteur GPS sportif a évolué par petites touches. Un écran plus lumineux, quelques fonctions d’entraînement supplémentaires, une autonomie en hausse et, parfois, un nouveau capteur (comme la prise en compte du vent, récemment introduite par Wahoo avec l’Elemnt Ace).
Avec son Reach, Motion Rivalry prend le problème dans l’autre sens : plutôt que de développer un GPS spécialisé pour chaque discipline, l’entreprise imagine une plateforme unique dont les modules s’adaptent aux usages. Une approche radicalement différente de celle des leaders historiques.
Le cœur du concept repose sur un calculateur central auquel viennent s’ajouter différents modules matériels selon l’activité pratiquée. Vélo de route, VTT, aviron, parapente et d’autres disciplines peuvent ainsi exploiter le même appareil avec une interface et des fonctions adaptées.
L’objectif est double : éviter de multiplier les appareils spécialisés et faire évoluer le produit au fil des besoins plutôt que de le remplacer intégralement. Sur le papier, l’idée répond à une vraie limite du marché actuel, où chaque univers sportif impose souvent son propre matériel.

Il faut malgré tout savoir qu’à ce stade, toutes les données techniques ne sont pas annoncées. Il faut se contenter des informations éparpillées ici et là dans la présentation de la campagne : un écran de 3,5″ de diagonale (640 x 960 pixels), une autonomie typique de 26 heures avec suivi GPS, une résistance à l’eau, un poids de 156 g, 24 Go de stockage ainsi que la présence d’un gyroscope, d’un altimètre barométrique, d’un magnétomètre et du support des réseaux GPS 10 Hz, Glonass et Beidou en plus des habituelles connexions Bluetooth et ANT+.
Une approche technique qui change les règles
Le Reach ne se contente pas d’afficher une trace GPS. Motion Rivalry promet une plateforme ouverte à de nombreux capteurs, des analyses biomécaniques avancées, des mesures de performance en temps réel, une navigation complète ainsi que des fonctions d’entraînement et de sécurité.
Le système est également conçu pour recevoir de nouveaux modules matériels, ce qui lui permet théoriquement de gagner de nouvelles capacités sans renouveler tout l’appareil. Cette logique rappelle davantage celle d’un écosystème que celle d’un compteur GPS traditionnel.

Cette modularité constitue aussi le principal risque du projet. Plus un produit devient ambitieux, plus son développement logiciel se complexifie. Garmin, Wahoo ou Hammerhead disposent aujourd’hui d’années d’expérience pour fiabiliser leurs interfaces, leurs algorithmes, leur navigation ou leurs connexions aux plateformes tierces. Motion Rivalry devra démontrer qu’elle peut atteindre ce niveau de maturité avec des ressources bien plus limitées.
Une bonne idée… qui devra survivre à la réalité
Depuis plusieurs années, les grands fabricants se livrent essentiellement une bataille de spécifications. Motion Rivalry est l’un des rares acteurs à remettre en question le format même du compteur GPS. Si la promesse est tenue, un seul appareil pourrait accompagner un sportif dans plusieurs disciplines, évoluer grâce à de nouveaux modules et limiter l’obsolescence du matériel. C’est probablement l’innovation la plus intéressante du projet.
Reste une évidence : une bonne idée ne fait pas un bon produit. Le matériel devra être robuste, le logiciel irréprochable, les modules réellement utiles et le suivi commercial durable. Le Reach possède les arguments pour attirer les utilisateurs les plus technophiles. Il lui reste désormais à prouver qu’il est autre chose qu’une démonstration technique.

Cela passera notamment par le fait de livrer des données d’activité fiables et robustes, sur lesquelles les sportifs n’auront aucune difficulté à s’appuyer pour baser leur entraînement. Avoir confiance dans son matériel, c’est clairement l’une des clés de la progression et aucun cycliste (ou sportif), même amateur, n’acceptera de douter des données de son GPS en 2026.
L’autre paramètre, c’est forcément le prix. Motion Rivalry a donc choisi Kickstarter pour se faire connaître et lancer son Reach, avec une campagne de financement participatif qui sert à la fois de levier industriel et de test grandeur nature de l’intérêt du public. Les premiers soutiens peuvent réserver leur place via un dépôt de 5 dollars, donnant accès à un tarif « Super Early Bird » annoncé à partir de 359 dollars, auquel il faudra ajouter les différents « mods ».
Ce tarif place d’emblée le Reach face aux compteurs GPS haut de gamme de Garmin, Wahoo, Coros ou encore Hammerhead. Ambitieux. La commercialisation devrait débuter après la campagne, une fois la production lancée et les premières livraisons assurées aux contributeurs. Reste à voir si les utilisateurs accepteront de payer le prix d’un produit premium pour un concept encore dépourvu du recul et un écosystème qui a tout à prouver.
Sources : Kickstarter ; GravelPassion
- Publié le 5 août 2026
