Cosmo Connected disparaît et les utilisateurs de ses casques sont privés de certaines fonctions
La liquidation judiciaire de Cosmo Connected laisse ses utilisateurs avec un casque toujours fonctionnel, mais des fonctions connectées désormais orphelines. Une fin qui pose une question simple : que vaut un équipement de sécurité connecté quand son fabricant disparaît ?
En bref :
- Cosmo Connected a été placée en liquidation judiciaire le 11 juin 2026.
- Ses casques et éclairages continuent de fonctionner, mais plusieurs fonctions connectées sont désormais inaccessibles.
- Une situation qui rappelle les limites d’un produit de sécurité dépendant d’une application et de serveurs dédiés.
La nouvelle est tombée comme un couperet. Cosmo Connected, entreprise française créée en 2015, a été placée en liquidation judiciaire après plusieurs années de difficultés financières. La date de cessation des paiements a été fixée au 11 décembre 2024.
Sur le papier, la disparition de cette société ne devrait pas condamner ses produits à ne plus protéger ses ex-clients. Un casque reste un casque. Son éclairage reste physiquement présent et ses fonctions de base peuvent encore fonctionner lorsqu’elles ont déjà été configurées.
Le problème est pourtant bien réel. Le Cosmo Fusion+ n’était pas un simple casque équipé d’un feu arrière. Il reposait sur un écosystème logiciel. L’application Cosmo Connected permettait notamment l’appairage des équipements, le suivi des trajets et l’accès aux fonctions de détection de chute et d’alerte des contacts.

Aujourd’hui, un nouvel utilisateur ne peut plus correctement configurer son équipement. Les services liés au compte ne répondent plus et l’appairage de nouveaux éléments est devenu impossible.
C’est une différence majeure avec un casque classique. La disparition de son fabricant ne l’empêche pas de remplir sa fonction première. Avec un produit connecté, une partie de la valeur disparaît avec l’entreprise si celle ci s’avère défaillante à un moment donné.
Un problème que nous avions déjà identifié
Cette situation donne un relief particulier à notre test du Cosmo Fusion+. Le casque nous avait convaincus sur plusieurs aspects : finition, confort, visière, boucle Fidlock et qualité de l’éclairage arrière. Mais nous avions aussi pointé une faiblesse structurelle : l’application n’était pas simplement un complément. Elle était nécessaire pour profiter de certaines fonctions du casque.
Il fallait notamment créer un compte et lancer un trajet pour bénéficier de la détection de chute. Le système pouvait donc être pertinent dans son principe, mais ajoutait une couche de complexité à un équipement qui aurait idéalement dû rester aussi autonome que possible.

Les clignotants illustraient déjà cette limite. Leur fonctionnement était intéressant, mais le signal restait uniquement visible depuis l’arrière. Leur intérêt réel dépendait donc autant de leur utilisation que des circonstances de circulation. La disparition de Cosmo transforme aujourd’hui ces réserves en véritable problème.
Le vrai risque des objets de sécurité connectés
Notons toutefois que le cas Cosmo Connected dépasse celui d’une seule entreprise. Un casque connecté coûte plus cher qu’un casque urbain classique parce qu’il embarque de l’électronique, une batterie, des capteurs, du logiciel et parfois des services associés.
Mais cette valeur supplémentaire implique aussi des coûts permanents pour le fabricant : développement de l’application, serveurs, maintenance, mises à jour et assistance. Le client, lui, paie généralement une seule fois.
C’est l’équation économique parfois bancale des objets connectés qui interroge donc ici. Le produit peut être parfaitement fonctionnel au moment de son achat et devenir partiellement obsolète quelques années plus tard sans que son matériel ait réellement vieilli. Les acheteurs de vélos VanMoof, Angell ou Cowboy en savent quelque chose, avec des parcours semés d’embûches.
Comme souvent, la communauté peut s’en remettre aux bonnes grâces de technophiles émérites. Une solution indépendante développée par un tiers, CosmoC Revived, est actuellement évoquée pour permettre à certains utilisateurs de retrouver une partie des fonctions perdues. Mais elle reste extérieure à la marque et ne garantit pas la conservation de l’ensemble des services.
Cette histoire rappelle donc une règle assez simple pour les équipements de sécurité : plus une fonction essentielle dépend d’un serveur distant, plus sa durée de vie dépend de la santé financière de celui qui l’exploite.
- Publié le 22 septembre 2026
En banlieue parisienne, ce quadra père de 2 enfants pratique le vélo au quotidien de manière (assez) sportive, sur route et en dehors. A des envies de longues randonnées à la découverte de nouveaux paysages.
