Vélos pliants électriques Publié le 17 juin 2026

Test – Lemmo Zero : le vélo pliant électrique en carbone ultra compact qui veut plier Brompton

Peu encombrant, léger grâce à son cadre carbone et capable de rouler aussi bien en musculaire qu’en électrique, le Lemmo Zero bouscule les codes du vélo pliant. Nous l’avons testé pour évaluer son confort, ses performances et la pertinence de son concept hybride.

Pour

  • Très compact et léger.
  • Design global réussi qui sert l’usage du produit.
  • Très bonne maniabilité et conduite dynamique.
  • Approche hybride pertinente.
  • Système de pliage rapide et bien conçu.
  • Batterie facile à vivre et qui fait powerbank.
  • Facile à déplacer sur roulettes.
  • Gestion soignée de la câblerie.

Contre

  • Confort assez ferme.
  • Pas d’éclairage.
  • Freins efficaces mais leviers peu ergonomiques.
  • Batterie un peu lourde pour la capacité et chargeur propriétaire.
  • Autonomie contenue.
8.5

Avec le Zero, Lemmo propose un vélo pliant qui sort véritablement des sentiers battus. Son format ultra compact, sa conception en carbone et son ingénieux système hybride séduiront immédiatement les adeptes de mobilité multimodale. Malgré un confort perfectible, un équipement minimaliste et une autonomie limitée, il compense par une excellente dynamique de conduite et une vraie facilité d’usage au quotidien. Un produit innovant, cohérent et particulièrement convaincant pour les trajets urbains, qui plus est vendu à un tarif compétitif au regard des prix pratiqués par la plupart de ses concurrents. Pas un produit parfait, mais un coup de cœur.

Présentation

Dans le paysage du vélo pliant, le Lemmo Zero détonne. Et pour cause, il impose une esthétique très moderne, une compacité qui promet d’en faire un excellent compagnon pour les transports multimodaux, et une hybridation qui permet de s’en servir comme d’un vélo mécanique ou à assistance électrique.

Particulièrement léger grâce à son cadre en carbone, ce petit vélo monté sur roues de 16″ est le fruit d’un travail d’ingénierie impressionnant qui concerne l’ensemble du produit, et plus particulièrement son système de pliage. Si bien qu’il peut se vanter d’occuper moins d’espace que les incontournables Brompton lorsqu’il est replié.

La marque berlinoise a même été jusqu’à nouer des partenariats avec des constructeurs automobiles (Nio et Volkswagen) pour intégrer ce Lemmo Zero dans une vision de la mobilité dite « 4 + 2 » (voiture + vélo) en imaginant un stockage intelligent dédié au Zero dans le coffre de certaines voitures. Cet emplacement pour coffre est proposé en option à 99 €.

Et ce n’est pas tout : le Lemmo Zero est présenté comme étant le seul vélo électrique avec lequel on peut « facilement » prendre l’avion. Lui en soute à bagages protégé par une valise, et sa batterie amovible Smartpac Air en cabine avec soi. D’une capacité de 159 Wh, cette dernière est en effet compatible avec les règles de vol des principales compagnies aériennes (au même titre qu’une powerbank, fonction qu’elle peut d’ailleurs assurer jusqu’à 65 Watts).

Vendu 1690 € en version musculaire pour un poids donné à 10,8 kg (dérailleur 5 vitesses), ce vélo est vendu 2390 € avec sa batterie qui intègre toute l’électronique (contrôleur, GPS, connectivité) et le transforme en modèle électrique (moteur roue avant délivrant jusqu’à 30 Nm de couple, batterie de 2,3 kg offrant jusqu’à 40 km d’autonomie).

Le kit garde-boues (que nous n’avons pas testé) permet de bénéficier d’une protection contre les projections par temps humide et est proposé en option à 149 €.

Confort & Ergonomie

Le Lemmo Zero est, comme l’ensemble des vélos pliants, proposé en taille unique devant convenir aux cyclistes entre 150 et 195 cm. Il adopte un design résolument moderne, pensé autour d’un cadre monopoutre bi-tons (noir et argent), avec un gros bloc plein au dessus du pédalier et une projection des bases arrières très courtes, sans hauban.

Particularité : ce cadre est conçu en carbone. Un matériau que l’on a l’habitude de retrouver sur les vélos sportifs premium, beaucoup moins sur le marché des vélos à vocation utilitaire. Réputé cher, moins écologique et plus fragile que d’autres matériaux tels que l’acier ou l’aluminium, c’est pourtant le carbone qu’a choisi Lemmo pour concevoir son vélo pliant Zero.

Pourquoi ? Plusieurs raisons à cela. D’une part, le travail de design est plus libre sur le carbone que l’on va pouvoir mouler selon les besoins spécifiques de son vélo. D’autre part, c’est un matériau plus léger, et Lemmo a fait du poids de son Zero un véritable objectif pour se démarquer de la concurrence.

Pour autant, un vélo pliant, c’est un vélo qui – par nature – va être manipulé dans tous les sens (plié, déplié, porté, rangé, etc.) très fréquemment. Dès lors, la relative fragilité du matériau peut devenir un handicap. Aussi, on est en présence d’un petit cadre qui va devoir supporter les contraintes mécaniques d’un poids roulant pouvant atteindre 100 à 110 kg (le maximum admis par le vélo).

La marque a donc dû s’assurer que bien qu’en carbone, le cadre du Lemmo Zero est suffisamment costaud pour résister dans le temps. Elle a d’ailleurs renforcé ce cadre après avoir travaillé sur une première version un poil plus légère destinée au marché asiatique, où les gabarits sont globalement moins lourds qu’en Europe.

Si l’on va aussi loin dans nos développements sur le cadre très spécifique du Lemmo Zero, c’est parce qu’il condense une partie du travail réalisé par la marque pour accoucher d’un vélo aussi étonnant (en termes de cinématique de pliage, de compacité et de légèreté notamment). Mais c’est aussi parce que nous sommes dans la partie « confort » de ce test, et que généralement lorsque l’on parle de carbone, c’est pour vanter la capacité de ce matériau à mieux filtrer les vibrations et aspérités de la routes.

Il faut toutefois reconnaître qu’en termes de confort global, le Lemmo Zero n’est pas extraordinaire. Oui il est en carbone. Oui il est léger (nous l’avons pesé à 11,4 kg sans sa batterie). Mais pour ce qui est de la filtration, ce n’est pas démentiel. Cela s’explique notamment par la faible longueur des bases arrières qui ne laisse pas forcément toute la latitude nécessaire au carbone pour travailler.

L’ensemble reste en effet assez rigide et ne peut compter ni sur des pneus à gros volume d’air (ils font ici 37 mm de section), ni sur une selle très rembourrée (elle a un profil semi-sportif, creusée pour réduire la pression périnéale), pour améliorer le résultat. Dans le vélo, tout est question de compromis et, clairement, Lemmo a privilégié le rendement et la légèreté au détriment de cette partie confort.

On regrette également l’impossibilité de régler la hauteur ou l’inclinaison du guidon, comme le proposent certains concurrents. En effet, le bras de la colonne de direction pliante ne fait qu’un avec le cintre du vélo, pour proposer un cockpit tout intégré. Malgré cela, on arrive à trouver une position légèrement engagée qui reste assez relax sur ce vélo, et ce même en mesurant 1m85.

On apprécie au passage le travail réalisé sur la tige de selle qui est légèrement triangulaire, non pas pour gagner quelques watts en soufflerie, mais pour s’assurer que le tube de selle ne tourne pas et que la selle reste parfaitement axée chaque fois que l’on plie/déplie le vélo.

En deux parties, cette tige de selle est également graduée avec des indications de tailles. Tout le monde n’a pas la même morphologie à taille égale, mais ces graduations permettent néanmoins de retrouver immédiatement son réglage de sortie de selle de prédilection immédiatement. C’est franchement pratique.

Sur le Lemmo Zero, on dispose d’un cintre droit assez court (500 mm) qui favorise l’extrême maniabilité du vélo. A ses extrémités sont montées des poignées ergonomiques en caoutchouc plutôt agréables, avec un montage des leviers de frein quasiment à la verticale, comme sur les Brompton. On roule donc avec les poignets un peu cassés vers l’avant, sans que cela ne soit véritablement dérangeant. C’est également le cas du côté des shifters à gâchettes que l’on aurait aimé un peu plus souples à actionner.

Les pédales plates en nylon offrent, elles, une surface d’appui assez petite, mais cela reste correct. Le grip est modeste avec leurs pads caoutchoutés. Ca marche très bien en baskets à semelles souples, moins en chaussures de ville à semelles dures, surtout par temps humide. La pédale droite se retire aisément à l’aide d’un petit clip pour venir trouver sa place sous la selle lorsque le vélo est plié, afin de minimiser l’emprunte au sol du Lemmo Zero.

Mais d’ailleurs, quelles sont ses dimensions ? C’est l’un des gros points forts de ce vélo pliant, qui ne mesure que 59 x 51,5 x 25 cm lorsqu’il est replié sur lui-même. C’est simple, il s’agit du vélo pliant le plus compact jamais testé sur Transition Vélo. Il occupe même 20 % de volume de moins qu’un Brompton C-Line qui fait office de référence en la matière.

C’est une prouesse rendue possible par la minutie apportée à la cinématique de pliage et aux choix réalisés qui sont tous pensés dans une optique de compacité et de légèreté. Prenez les pneus par exemple, leur section modérée, permet de gagner quelques millimètres en largeur (et des grammes au passage). Le cintre et la colonne de direction parfaitement alignés sont aussi pensés dans cette optique.

Mais Lemmo est allé plus loin. La marque a imaginé un cadre dans lequel la roue arrière peut se replier par le dessous. Déjà vu, certes, mais pas la petite trappe qui s’ouvre automatiquement pour, là encore, gagner un peu de place.

On apprécie, au passage, le système de maintien des différentes parties du vélo lorsqu’il est plié. La direction par un petit aimant suffisamment puissant et la fourche de la roue avant en prise par un ergot sur la base arrière. Si bien qu’une fois verrouillé avec la tige de selle un minimum rentrée, le vélo n’a pas la fâcheuse tendance qu’ont certains concurrents à s’ouvrir tous seuls lors du transport.

Si Lemmo a fait le choix d’une charnière à verrouillage rapide par levier au niveau du pliage de la direction, le cadre bénéficie lui d’une charnière encore plus simple et efficace. Elle s’engage facilement et permet de déplier le vélo d’un geste en le soulevant lorsqu’on a le coup de main. Il n’y a alors plus qu’à appuyer sur la charnière centrale pour la bloquer et grimper sur la selle pour se mettre en route.

Léger et donc facile à porter pour monter quelques marches (qu’il soit ouvert ou plié), le vélo est très simple à hisser dans le coffre d’une voiture ou à ranger dans un coin du train. Dans les transports en commun, sa petite taille permet de ne pas trop déranger ses voisins même dans une rame bondée, quitte à le placer très simplement entre ses jambes.

Le Lemmo Zero est également un vélo qui – une fois plié – va pouvoir être facilement poussé sur deux petites roulettes qui lui servent aussi de béquille. C’est classique, mais ça marche bien même si ces roulettes sont assez petites.

La petite trouvaille à ce niveau consiste dans ce que la marque allemande appelle la « tige télescopique », qui correspond en réalité à la possibilité de faire coulisser vers l’extérieur l’une de ces petites roues afin de gagner en stabilité, sans que cela ne soit moche (ou gênant) lorsque le vélo est déplié, prêt à rouler.

Autant de qualités qui en font un vélo pliant vraiment agréable à vivre, proposant une utilisation quotidienne et des manipulations faciles. Impossible non plus de ne pas terminer cette partie sur le cadre, le pliage et le confort sans évoquer la bonne gestion de la câblerie.

C’est souvent un point décevant sur les vélos pliants et pliants électriques, avec de câbles et des gaines qui doivent conserver de l’amplitude pour ne pas gêner au pliage, même si certains acteurs s’en sortent mieux que d’autres en travaillant sur un acheminement interne, au moins partiel, de ces éléments. C’est le cas ici, avec des câbles qui restent très discrets à l’avant du vélo et ne dénaturent en rien les lignes et l’allure globale réussie du Lemmo Zero.

Performances

Sur le volet performances, le Lemmo Zero impose un « double test » de par son approche hybride de vélo pouvant parfaitement rouler en musculaire, et transformable en électrique une fois le Smartpac Air branché à l’avant.

Sur les autres vélos Lemmo (tels que le One que nous avions testé), le moteur moyeu est débrayable à l’aide d’un petit mécanisme qui « libère » le vélo de toute résistance mécanique et lui permet de rouler sans assistance aussi bien qu’un vélo traditionnel. Ici, pas de mécanisme, mais un moteur moyeu avant conçu par la marque avec embrayage intégré, reprenant ce concept de Dual Mode.

Force est de reconnaître que cela fonctionne bien, et que le Lemmo Zero est un petit vélo qui s’emmène très bien à la seule force des jambes grâce à la rigidité du carbone, des pneumatiques au rendement correct et au poids de l’ensemble qui reste contenu.

Sa conduite est un peu moins confortable et détendue que celle d’un Brompton C Line par exemple, mais elle est plus nerveuse et dynamique. Avec ses petites roues, le vélo accélère vite et il n’est pas si difficile de maintenir une bonne allure sur le plat à son guidon, autour des 25 km/h sans s’époumoner outre mesure.

La limite, c’est forcément du côté de la transmission que l’on va la trouver. C’est bien elle qui entache la polyvalence de ce tout petit vélo, avec seulement 5 vitesses : un pédalier 49 dents accompagné d’une cassette 11-19. Le plus petit développement permet néanmoins de lancer le vélo et affronter les côtes modérée sans trop de souci, et le plus grand permet d’emmener le vélo autour des 30 km/h sans mouliner outre mesure.

Ceci dit, entre ces deux exercices, il y a forcément de gros trous et un effort que l’on peine à garder linéaire en jouant du dérailleur, d’autant que le dérailleur Sensah RX sur lequel a jeté son dévolu Lemmo n’est pas le plus réactif ou précis qui soit. C’est souvent le cas sur les vélos pliants, surtout aussi compacts, qui imposent des montages originaux avec des chappes de dérailleurs très courtes. Malgré tout, le principal est préservé, ça fonctionne et l’on peut quand même prendre du plaisir en roulant en musculaire avec ce vélo.

On ne s’émerveille peut-être pas de la mécanique, mais on s’amuse avec un vélo qui reste équilibré et profite d’une excellente maniabilité avec beaucoup de dynamisme dans les changements de direction et la capacité à se faufiler vraiment partout. Dans une ville aussi foisonnante que Paris aux heures de pointe, c’est un régal.

En venant connecter le Smartpac Air, on transforme en quelque secondes ce vélo pliant en modèle à assistance électrique. Dans le moyeu de la roue avant, le petit moteur s’active. Pesant seulement 900 grammes, il délivre un couple maximal limité à 30 Nm, avec une puissance nominale de 200 W (et 400 W en pic).

On accède alors à trois niveaux d’assistance pour être aidé dans son pédalage jusqu’à 25 km/h par un système à la réactivité correcte (une petite latence persiste entre le coup de pédale et la réponse du moteur). Bon point, le Lemmo Zero embarque un capteur de couple au niveau du pédalier, ce qui évite le comportement on/off du moteur et les accélérations trop brutales. La conduite reste souple en électrique.

Le premier mode d’assistance est vraiment très doux et permet surtout de réduire l’effort à investir au pédalage sur le plat. On se sent déjà bien plus aidé sur le deuxième mode, qui propose un compromis intéressant entre effort à produire et assistance. Dans ce mode, on limite grandement la fatigue mais on conserve le besoin d’appuyer sur les pédales de manière à se sentir faire du vélo.

Le troisième mode, le plus puissant, est lui forcément le plus grisant et c’est vers lui qu’iront les cyclistes ayant envie d’être pleinement assisté, afin d’arriver en avance en rendez-vous sans la moindre goute de sueur. Dans ce mode, l’apport du moteur est plus fortement perceptible et cela ne fait qu’amplifier le dynamisme de la conduite de ce petit vélo.

Face aux vraies côtes, c’est clairement le seul mode valable pour ne pas galérer. Sur le Lemmo Zero en mode 3, on avale les dénivelés à 10 % autour des 15 km/h sans trop de problème. Ce n’est pas ce qui se fait de plus puissant sur le marché, certes, mais sur le marché des vélos électriques pliants, les performances sont très correctes.

Il faut par contre admettre que la batterie alourdit sensiblement la direction du vélo. Il reste aisé et plaisant à piloter, mais ce surpoids sur la potence se ressent par rapport à son usage en mode purement musculaire. Le vélo reste malgré tout assez stable et rassurant pour un petit compact à roues de 16″, même si ce ne sera pas le vélo de ceux qui aiment rouler sans les mains.

Au global, le Lemmo Zero n’est peut-être pas un vélo « longue distance » mais il est un commuter idéal pour le multimodal, apportant en plus cet aspect hybride vraiment intéressant. Pour avaler les quelques kilomètres qui vous sépare de la gare, virevolter (c’est le terme !) d’un rendez-vous à un autre en ville, et garder son vélo avec soi lorsque l’on part en train ou en voiture, c’est quand même un produit très intéressant.

Un mot sur le freinage enfin, confié à des freins à disque (140 mm à l’avant, 120 mm à l’arrière) aux commandes mécaniques (des câbles donc, à défaut de gaines hydrauliques). Ce freinage est efficace en mordant, mais il manque par contre de sensibilité et de progressivité à notre goût. Mais surtout, les leviers de freins pourraient être meilleurs.

En termes de design, ils s’intègrent bien à l’esthétique du Lemmo Zero, mais leur design très carré s’avère « cassant » au niveau des doigts et ils auraient pu être plus courts. De petits leviers arrondis et creusés pour être plus légers, avec une forme plus ergonomique, améliorerait significativement les choses.

Equipement

En ce qui concerne les équipements du Lemmo Zero, l’inventaire va aller assez vite. On l’a dit en présentation, il est possible d’équiper le vélo d’un kit de garde-boues qui permet de rouler sans craintes sous la pluie pour 149 €.

En revanche, rien n’est prévu du côté du transport de bagages. C’est une fonctionnalité que certains fabricants de vélos pliants arrivent à proposer malgré les fortes contraintes d’intégration et de développement, mais que Lemmo a laissé de côté pour le moment.

Vous aurez remarqué qu’aucun carter d’aucune sorte ne vient protéger la transmission. Vu qu’il faut gérer la contrainte du pliage, ce n’est quasiment jamais le cas sur les vélos pliants, encore moins lorsqu’ils sont aussi compacts. Pas de béquille non plus. Mais il suffit de replier la roue arrière pour maintenir le vélo en place sur ses petites roulettes, comme chez Brompton ou d’autres.

Nous n’avons pas trouvé de sonnette livrée dans le carton du vélo. Il faudra donc s’en procurer une par ailleurs et la monter sur le cintre à portée de pouce. Attention au faible diamètre du guidon pour choisir un modèle de sonnette dont la fixation est compatible.

Petit regret : le Lemmo Zero a beau proposer un mode électrique, il n’est pas muni d’éclairages. On l’aurait pourtant très bien imaginé avec de petites lumières intégrées sur son cadre carbone. Même si cet éclairage se retrouverait assez bas compte tenu de la taille du vélo, et sans aller chercher des feux très puissants, de simples leds maximisant la visibilité du cycliste sur la route pour sa sécurité aurait été un plus. Cela aurait aussi ajouté une signature lumineuse au vélo, terminant son design de fort belle manière.

Autre possibilité, puisque la batterie est assez volumineuse, elle aurait pu intégrer un projecteur led à l’avant, ce qui aurait été utile de nuit et n’aurait pas complexifié davantage l’intégration au vélo. Un point sur laquelle la marque travaillera peut-être pour une seconde version.

Enfin, c’est ici qu’il nous faut évoquer l’application Lemmo. Une application mobile intéressante, dont l’utilisation est encouragée dès le déballage du vélo qu’elle permet d’enregistrer après avoir créé un compte, tout comme le Smartpac Air.

Bien organisée, cette application permet de garder un œil sur les principales statistiques de son vélo, son dernier point de géolocalisation, le niveau de charge de la batterie, etc. Elle permet également d’enregistrer ses activités et déplacements via l’onglet « tour ». Mais attention, si ces derniers sont matérialisés en temps réel sur une carte, l’application Lemmo ne propose pas d’option de navigation. Pour ça, il faudra sortir son app GPS vélo préférée.

Cette application permet également de verrouiller et déverrouiller l’assistance électrique du vélo. Attention cependant, ce n’est pas une véritable fonction antivol. Le vélo, même verrouillé, continue à rouler sans aucun problème sans assistance. Dommage de ne pas retrouver le système d’antivol intégré à la roue présent sur les autres vélos Lemmo. Ceci dit, c’est moins important dans le cas d’un vélo pliant justement pensé pour être toujours au plus près de son propriétaire afin de limiter au maximum le risque de vol.

En tout cas, l’utilisation de son smartphone en pilotant le Lemmo Zero est largement facilitée par la présence d’une pince dédiée sur le guidon. Un support parfaitement intégré qui a le mérite d’éviter d’avoir à gérer un accessoire en plus. La proximité du port USB sur la batterie permet même de le recharger en roulant.

Et c’est bénéfique car l’utilisation du téléphone comme « ordinateur de bord » a un intérêt direct. Outre l’affichage des données en temps réel, on peut ainsi facilement changer le mode d’assistance dans lequel on se trouve, ce qu’il faut sinon faire en utilisant le bouton de démarrage du vélo au niveau du tube de direction. Ca se fait et ça fonctionne bien lorsque l’on n’a pas envie de rouler avec son téléphone au guidon, mais ce n’est tout de même pas ce qu’il y a de plus ergonomique.

Autonomie et charge

On l’a vu, le Lemmo Zero est un vélo pliant qui peut être utilisé sans avoir recours à son moteur électrique. Mais pour bénéficier de l’assistance au pédalage et alimenter le moteur moyeu présent dans la roue avant, il faut bien l’alimenter en énergie.

C’est le rôle du Smartpac Air, cette batterie amovible d’une capacité de 159 Wh, résistante à l’eau avec sa certification IP66. C’est en réalité plus qu’une batterie car en plus de pouvoir assurer le rôle de powerbank en supportant la norme de charge Power Delivery à 65 W en USB-C (pour alimenter son ordinateur par exemple), elle intègre le contrôleur et des composants déterminants de l’expérience connectée offerte par Lemmo : GPS pour la localisation, Bluetooth pour la connexion, synchronisation IoT et 4G pour les mises à jour à distance, etc.

Le tout communique avec la partie électronique intégrée au tube de direction du vélo, connectant le deux roues et sa batterie par bus CAN et autorisant l’échange de données à la milliseconde pour permettre une bonne réactivité du système électrique.

On l’a dit, en mode électrique, la batterie vient alourdir sensiblement l’avant du vélo, ce qui a quelques répercussions sur le pilotage. Rapportée à sa faible capacité, son poids de 2,3 kg n’en fait pas une championne de la densité énergétique, même si elle embarque d’autres éléments électroniques. En effet, nous avons déjà vu des modèles de VAE légers avec des batteries d’une capacité similaire pesant autour des 1 à 1,2 kg. C’est un point que pourra potentiellement faire évoluer Lemmo à l’avenir pour bonifier sa recette.

Autre point à signaler : si cette batterie dispose d’un port USB-C, ce dernier n’est absolument pas réversible et ne permet pas de charger la batterie avec n’importe quel chargeur muni de ce connecteur. Quand bien même un tel mode de charge aurait été plus lent, cela aura permis au Lemmo Zero d’aller au bout de son idée et d’autoriser la charge pendant un déjeuner ou un rendez-vous, simplement avec le chargeur de son PC ou de son Smartphone.

En l’état, il faut donc garder avec soi le chargeur au connecteur propriétaire de Lemmo pour charger le Smartpac Air, ce qui est somme toute assez rapide puisqu’une charge complète de 0 à 100 % se fait en 2 heures environ. Un chargeur qui reste assez compact malgré tout, puisqu’il adopte la taille d’un chargeur de PC.

Mais alors, une fois rempli, combien de kilomètres ce Smartpac Air permet-il de parcourir avec le vélo ? Comme toujours, cela va dépendre de nombreux paramètres (poids et forme du pilote, conditions météo, dénivelé, modes d’assistance privilégiés).

Lors de notre essai, en restant uniquement sur le troisième niveau d’assistance (le plus élevé), nous avons été en mesure de parcourir 25 km en région parisienne (dénivelé modéré) avec un pilote de 85 kg. Lemmo annonce entre 30 et 40 km d’autonomie maximale de son côté. On est donc plutôt en phase avec ces promesses et ce à quoi nous nous attendions compte tenu de la capacité modeste de la batterie.

Sur d’autres cycles de charge, en utilisant plutôt les modes 1 et 2 de l’assistance, nous avons en effet pu réaliser dans les 30 à 35 km. En gardant entre les jambes un petit vélo qui répond suffisamment bien en musculaire pour ne pas galérer outre mesure une fois la batterie vidée. C’est très loin d’être le cas avec tous les VAE, y compris pliants.

Notons pour finir que cette batterie est plutôt bien pensée de la part de Lemmo en termes d’ergonomie. Elle dispose d’une petite sangle qui facilite son transport à la main mais également son extraction du tube de direction où elle vient se glisser sans mal lorsqu’on l’installe. A l’arrière, une petite goulotte permet de ranger son câble de connexion sans le moindre souci. Tandis que le petit écran qu’elle intègre permet de voir en un coup d’œil les informations importantes, à savoir le mode d’assistance sélectionné et le pourcentage de batterie restante.

Conclusion

Pour

  • Très compact et léger.
  • Design global réussi qui sert l'usage du produit.
  • Très bonne maniabilité et conduite dynamique.
  • Approche hybride pertinente.
  • Système de pliage rapide et bien conçu.
  • Batterie facile à vivre et qui fait powerbank.
  • Facile à déplacer sur roulettes.
  • Gestion soignée de la câblerie.

Contre

  • Confort assez ferme.
  • Pas d'éclairage.
  • Freins efficaces mais leviers peu ergonomiques.
  • Batterie un peu lourde pour la capacité et chargeur propriétaire.
  • Autonomie contenue.

Note

8.5

Avec le Zero, Lemmo propose un vélo pliant qui sort véritablement des sentiers battus. Son format ultra compact, sa conception en carbone et son ingénieux système hybride séduiront immédiatement les adeptes de mobilité multimodale. Malgré un confort perfectible, un équipement minimaliste et une autonomie limitée, il compense par une excellente dynamique de conduite et une vraie facilité d'usage au quotidien. Un produit innovant, cohérent et particulièrement convaincant pour les trajets urbains, qui plus est vendu à un tarif compétitif au regard des prix pratiqués par la plupart de ses concurrents. Pas un produit parfait, mais un coup de cœur.

Confort & Ergonomie
8
Performances
7.5
Equipement
7
Autonomie
6

Caractéristiques

  • Prix
    2390 €
  • Matériau cadre
    Carbone
  • Position moteur
    Moyeu avant
  • Couple moteur
    30 Nm
  • Capacité batterie
    159 Wh
  • Diamètre de roue
    16"
  • Pneus

    Innova 37c

  • Type de freins
    Disque mécaniques
  • Vitesses
    5
  • Dérailleur arrière

    Sensah RX

  • Poids
    10.8 kg
  • Transmission
    Chaîne

En banlieue parisienne, ce quadra père de 2 enfants pratique le vélo au quotidien de manière (assez) sportive, sur route et en dehors. A des envies de longues randonnées à la découverte de nouveaux paysages.


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