Mag Drive : cette technologie japonaise promet une autonomie (presque) infinie aux vélos électriques
Présentée au CES de Las Vegas, la technologie Mag Drive de la startup japonaise Hello Space ambitionne de révolutionner le vélo électrique. Elle permet de recharger la batterie en roulant et pourrait arriver sur le marché dès cette année.

En bref :
- Hello Space dévoile Mag Drive au CES, un système capable de produire entre 100 et 250 W en pédalant, sans générer de résistance magnétique au pédalier.
- La technologie repose sur deux batteries intelligentes, alternant automatiquement charge et décharge, avec une recharge complète en 2 à 3 heures de roulage.
- Un partenariat avec Xero ouvre la voie à des flottes de vélos électriques partagés équipés, et Hello Space évoque une autonomie théorique pouvant atteindre 2 150 km.
C’est au CES de Las Vegas, l’immense salon de la tech aux Etats-Unis, que la startup japonaise Hello Space expose sa technologie Mag Drive pour les vélos électriques. Elle consiste à charger la batterie du vélo pendant que l’on pédale, et ce sans ajouter de résistance magnétique au niveau du pédalier. Ce dernier point reste d’ailleurs assez énigmatique.
Cette technologie n’est quoi qu’il en soit pas tout à fait nouvelle car elle est en développement depuis quelques années déjà, Hello Space ayant pu bénéficier d’un partenaire de poids dans ses travaux avec la participation du groupe Toyota. La startup avait même déjà fait parler d’elle lors du CES de 2022.

Si l’on en croit les informations lâchées par l’entreprise, il se pourrait qu’un premier modèle commercial de vélo électrique utilisant la technologie Mag Drive sorte cette année. Hello Space a signé en ce sens un protocole d’entente avec la société Xero, un important fabricant de voitures électriques indien.
Ce partenariat prévoit que Xero puisse utiliser la technologie Mag Drive pour fabriquer des vélos électriques de flottes exploitées en location libre service partout dans le monde.
Comme une dynamo
Mais alors, comment est-ce que ça fonctionne ? Le système Mag Drive repose sur un ensemble de composants comprenant un générateur, une carte de gestion de la recharge, une boîte de vitesses, des pédales, un pédalier, des capteurs et des batteries.

À une cadence de pédalage normale, la puissance produite se situe entre 100 et 250 watts. Facile à installer au niveau du boîtier de pédalier, le dispositif serait compatible avec n’importe quel moteur. Il intègre deux batteries dotées de circuits indépendants, rechargées par le générateur et destinées à alimenter le moteur de traction.

Le système intègre un cycle de recharge entièrement automatisé. Lorsque le niveau de charge de l’une des batteries descend sous un seuil prédéfini, les circuits de charge et de décharge basculent automatiquement vers la seconde batterie. Une fois la batterie rechargée à pleine capacité, le système revient à la configuration initiale. En pratique, chaque batterie peut être entièrement rechargée en deux à trois heures de roulage.
Quand les jambes remplacent la prise
Hello Space évoque une « alimentation de type semi-supercondensateur », qui nous fait forcément penser aux supercondensateurs hybrides d’un vélo comme l’Anod Hybrid de deuxième génération. En effet, les supercondensateurs, même couplés à des cellules au lithium, permettent d’accélérer significativement la capacité de charge des batteries, là où la régénération est beaucoup plus faible avec des batteries traditionnelles. Avec ces dernières, la régénération d’énergie – même bien pensée avec un système comme celui d’eBikeLabs, récemment testée sur le Vefaa Parcours – reste assez marginale.
Si bien qu’avec un niveau d’assistance correct (sans que l’on ne sache ce que cela veut dire…), les vélos électriques équipés du Mag Drive pourraient offrir jusqu’à 2150 km d’autonomie selon les assertions de Hello Space. Mais est-il vraiment plus efficace de pédaler pour charger une batterie qui alimente le moteur entraînant le vélo, ou pédaler pour avancer ?

Plus insolite encore, Hello Space a travaillé sur un vélo d’appartement intégrant sa technologie et permettant de générer de l’électricité en faisant sa séance de cardio. De quoi, pourquoi pas, recharger une petite batterie domestique en dépensant des calories. Cela n’est pas sans nous rappeler un épisode de l’excellente série Black Mirror. Mais dans ce dernier, la génération d’énergie par les jambes des humains était tout sauf amusante. On vous conseille cet épisode intitulé « Quinze Millions de Mérites » au passage.
- Publié le 8 janvier 2026