Fatbikes : vers une régulation radicale aux Pays-Bas
Les Pays-Bas s’attaquent frontalement au phénomène des fatbikes. Face à la hausse des accidents et des usages détournés, le gouvernement prépare des mesures fortes : casque obligatoire, âge minimum, zones interdites.

En bref :
- Les Pays-Bas préparent des mesures fortes pour encadrer les fatbikes, dont un âge minimum et le port du casque.
- Les villes pourraient créer des zones interdites pour limiter les risques dans les espaces urbains denses.
- Cette régulation répond à une hausse des accidents et à la prolifération de modèles non conformes.
C’est un signal fort venu du pays du vélo. Aux Pays-Bas, les autorités veulent reprendre le contrôle face à la montée rapide des fatbikes électriques, devenus omniprésents dans certaines villes. Derrière leur apparence de vélo, ces engins posent des problèmes croissants de sécurité, notamment chez les plus jeunes.
Le gouvernement néerlandais travaille actuellement sur une série de mesures destinées à encadrer leur usage. Parmi les pistes envisagées, l’introduction d’un âge minimum et l’obligation du port du casque pour certains utilisateurs, en particulier les jeunes. L’objectif est clair : réduire les accidents et responsabiliser les pratiques.
Des jeunes tentés par ces « scooters » moins encadrés
Cette réflexion s’appuie sur une réalité préoccupante. Le nombre d’accidents impliquant des fatbikes a fortement augmenté ces dernières années, touchant en grande partie des adolescents. En 2024, plusieurs centaines de blessés ont été recensés, dont une part importante de jeunes âgés de 12 à 17 ans.
Mais la réponse ne se limite pas à l’équipement ou à l’âge. Le gouvernement souhaite également donner plus de pouvoir aux collectivités locales pour restreindre l’accès des fatbikes à certaines zones. Concrètement, cela pourrait permettre de créer des espaces sans fatbikes, notamment dans les centres-villes ou les zones piétonnes très fréquentées.
Certaines villes n’ont d’ailleurs pas attendu la loi nationale pour agir. Des municipalités comme Enschede ou Amsterdam ont déjà expérimenté des interdictions locales dans des zones spécifiques, en s’appuyant sur des règlements de police. Une manière de contourner un vide juridique : aujourd’hui, les fatbikes ne constituent pas une catégorie distincte dans la législation européenne et sont assimilés à des vélos électriques classiques.
La différence entre le bon fatbike et le mauvais fatbike
C’est justement ce flou qui complique la situation. Sur le papier, un fatbike respectant les règles européennes est un vélo comme un autre. Mais dans la réalité, une grande partie des modèles en circulation sont modifiés ou vendus avec des caractéristiques non conformes : accélérateur, puissance excessive, vitesse débridée.
Pour répondre à ce problème à la source, les autorités veulent aussi renforcer les contrôles sur les importations et la commercialisation. L’objectif est de limiter l’arrivée sur le marché de modèles illégaux ou facilement modifiables, qui alimentent largement les dérives observées sur les pistes cyclables.
Néanmoins, compte tenu de la part colossale de ces vélos illégaux qui sont vendus en ligne, ce contrôle s’avère très compliqué. Les importateurs exploitent les failles du libre-échange de l’Union européenne pour contourner ces règles. Sans doute un jour conviendra-t-il de s’en prendre aux plateformes en ligne qui commercialisent les modèles illégaux.
Un engin qui fait du tort au vélo électrique
Cette stratégie globale traduit un changement de posture. Les Pays-Bas, longtemps très permissifs sur les vélos électriques, passent à une logique de régulation plus stricte. Une évolution qui s’explique aussi par le succès massif des fatbikes, notamment auprès des jeunes, en partie parce qu’ils permettent d’éviter certaines contraintes appliquées aux scooters, comme le port du casque.
Reste une question centrale : l’efficacité réelle de ces mesures. Interdire ou restreindre l’usage des fatbikes dans certaines zones pose des défis d’application. Comment distinguer un fatbike légal d’un modèle modifié ? Comment faire respecter des règles dans un espace public déjà très fréquenté ? Et surtout, comment éviter de pénaliser des usages légitimes du vélo électrique ? Des questions dont les réponses sont loin d’être évidentes.
- Publié le 1 mai 2026