Vélo et société

En Angleterre, les livreurs Deliveroo perdent leur passe-droit sur les limitations de vitesse avec Lime

Après avoir testé une dérogation permettant à certains livreurs Deliveroo d’échapper aux zones de ralentissement automatique de ses vélos électriques, Lime a finalement fait machine arrière au Royaume-Uni. Une décision qui relance le débat sur la sécurité et la régulation.

En bref :

  • Lime a abandonné un test qui exemptait certains coursiers Deliveroo des limitations automatiques de vitesse dans plusieurs zones sensibles de Londres.
  • Le dispositif concernait le programme « Delivery Pass », conçu pour séduire les professionnels de la livraison face à la concurrence des vélos électriques privés et parfois illégaux.
  • L’entreprise affirme rétablir les restrictions géolocalisées et renoncer définitivement à cette expérimentation.

Face aux critiques, Lime a finalement décidé d’abandonner une expérimentation menée à Londres qui permettait à des livreurs Deliveroo d’échapper aux limitations de vitesse imposées à la majorité des utilisateurs de ses vélos électriques en libre-service. Le dispositif, intégré à son offre « Delivery Pass », désactivait notamment les zones de ralentissement automatique (« turtle mode ») dans plusieurs parcs, rues piétonnes et secteurs à forte fréquentation.

Une expérimentation controversée

Selon des échanges internes révélés par la presse britannique, les coursiers pouvaient ainsi conserver l’assistance électrique jusqu’à la vitesse réglementaire maximale de 25 km/h là où les autres usagers étaient automatiquement limités à environ 13 km/h. Dans certaines zones rouges, où l’assistance est habituellement réduite ou neutralisée en raison d’accords conclus avec les collectivités locales, ces restrictions étaient également levées.

L’objectif affiché par Lime était de proposer une alternative légale aux nombreux vélos électriques modifiés utilisés par certains livreurs, capables de dépasser largement les limites autorisées et souvent pointés du doigt pour leur dangerosité. Des vélos débridés qui circulent illégalement et sont dans le viseur des autorités un peu partout en Europe.

Techniquement, cette expérimentation reposait sur le système de « géorepérage » (« geofencing » en anglais) déjà utilisé par Lime. Grâce au GPS embarqué, la plateforme adapte automatiquement la vitesse d’assistance électrique en fonction de la localisation du vélo, afin de sécuriser les espaces les plus fréquentés ou de respecter les exigences des autorités locales.

Performance économique ou sécurité publique

En supprimant ces contraintes pour une catégorie spécifique d’utilisateurs, Lime créait de fait un fonctionnement à deux vitesses : un cycliste lambda voyait son assistance bridée dans un parc ou une rue piétonne, tandis qu’un livreur Deliveroo pouvait continuer à bénéficier de toute la puissance autorisée.

Interrogée après les révélations de cette politique, l’entreprise a finalement annoncé le rétablissement des limitations géolocalisées pour les professionnels de la livraison et précisé que cette fonctionnalité ne serait pas conservée dans la version définitive du service.

Lime justifie néanmoins son initiative par sa volonté de détourner les coursiers des vélos électriques illégaux pouvant dépasser 45 km/h, tout en reconnaissant que l’équilibre entre efficacité opérationnelle et sécurité des piétons reste particulièrement sensible dans les grandes métropoles.

En France, il n’y à notre connaissance encore aucune ville qui impose de telles restrictions de circulation par zones avec la mise en place de « geofencing », mais il n’est pas impossible que la technologie finisse par être déployée dans certaines de nos métropoles.

Source : Road.cc

  • Publié le 11 juin 2026

En banlieue parisienne, ce quadra père de 2 enfants pratique le vélo au quotidien de manière (assez) sportive, sur route et en dehors. A des envies de longues randonnées à la découverte de nouveaux paysages.

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