La Chine taxe les batteries lithium-ion et accélère son virage vers le sodium
La Chine va mettre fin à l’exonération fiscale dont bénéficiaient les batteries lithium-ion. Une nouvelle taxe de 2 % entrera en vigueur en septembre 2026 avant de passer à 4 % un an plus tard. Une mesure qui pourrait se répercuter sur le prix des vélos électriques.

En bref :
- La Chine va appliquer une taxe sur les batteries lithium-ion à partir de septembre 2026 pour favoriser le développer des batteries sodium-ion et semi-solide.
- Le taux sera fixé à 2 % dans un premier temps avant de passer à 4 % en septembre 2027.
- Cette nouvelle fiscalité pourrait contribuer à faire augmenter progressivement le prix des vélos électriques.
Après onze années d’exonération, la Chine va finalement appliquer une taxe à la consommation sur les batteries lithium-ion, notamment celles utilisées dans les vélos électriques. Le ministère chinois des Finances, l’Administration générale des douanes et l’Administration nationale des impôts ont annoncé l’entrée en vigueur d’un prélèvement de 2 % à partir de septembre 2026, qui atteindra 4 % à la même période en 2027.
Cette exonération avait initialement été mise en place pour favoriser les économies d’énergie et les technologies considérées comme plus respectueuses de l’environnement. La Chine souhaite désormais accompagner le développement de nouvelles générations de batteries, notamment les technologies sodium-ion et à électrolyte solide.
Les vélos électriques encore très dépendants du lithium-ion
Cette évolution pourrait avoir des conséquences sur le marché du vélo électrique. La batterie constitue en effet l’un des composants les plus coûteux d’un VAE et la majorité des modèles commercialisés aujourd’hui utilisent encore des cellules lithium-ion.

Le secteur du vélo est par ailleurs beaucoup moins avancé que celui de l’automobile dans l’adoption des batteries sodium-ion ou à électrolyte solide. Les premières nécessitent notamment davantage d’espace à capacité équivalente, une contrainte importante sur un vélo où le poids et le volume de la batterie sont déterminants.
Quelques vélos, notamment certains modèles cargo disposant de volumes de batterie importants, commencent toutefois à utiliser des technologies alternatives. Le premier vélo électrique équipé d’une batterie semi-solide a été annoncé en mai dernier chez le fabricant américain Ride1Up, inconnu jusqu’ici. Le géant taïwanais Giant serait également sur le point de commercialiser un vélo équipé d’une batterie semi-solide. Enfin, parmi les sources d’énergie alternatives, Anod a présenté en septembre 2025 son Hybrid 2, un vélo électrique équipé d’un supercondensateur hybride.
La Chine prépare l’après lithium-ion
Cette nouvelle fiscalité s’inscrit dans une stratégie plus large de la Chine visant à réduire sa dépendance à certaines matières premières et à préparer la prochaine génération de batteries. Le pays investit notamment dans le sodium-ion, une technologie qui bénéficie d’une matière première particulièrement abondante et peu coûteuse.

Le sodium est présent en quantité beaucoup plus importante que le lithium, notamment dans les océans. Les batteries sodium-ion présentent également l’avantage de ne pas dépendre de certains matériaux critiques utilisés par les batteries lithium-ion.
Les industriels chinois avancent également sur les batteries à électrolyte solide. Des fabricants comme CATL et BYD travaillent déjà sur cette technologie, avec des premières applications automobiles attendues dans les prochaines années.
Une hausse limitée, mais difficile à éviter
Pour les fabricants de vélos électriques, la nouvelle taxe chinoise ne devrait pas provoquer une explosion immédiate des prix. Une taxe de 2 %, puis de 4 %, sur les batteries ne se répercute pas directement sur le prix final d’un VAE dans les mêmes proportions.
Elle intervient toutefois dans un contexte où la batterie représente déjà une part importante du coût de fabrication d’un vélo électrique, souvent un tiers du prix du vélo, voire plus sur les vélos les plus abordables. Cette nouvelle charge pourrait donc progressivement se retrouver dans les tarifs pratiqués par les fabricants, notamment si elle s’ajoute à d’autres hausses liées aux matières premières, au transport ou à la production.
À court terme, le marché du vélo électrique restera dépendant du lithium-ion. La transition vers les batteries sodium-ion et à électrolyte solide pourrait permettre de réduire cette dépendance à plus long terme, mais elle ne semble pas encore suffisamment mature pour transformer rapidement le marché du vélo.
Pour les consommateurs, la conséquence la plus probable est donc une hausse limitée du prix des batteries et, potentiellement, des vélos électriques d’ici à 2028. Une batterie de vélo de 500 Wh coûte en moyenne 500 €. L’augmentation pourrait être de 10 € cette année et 20 € l’an prochain. Comptez le double pour une batterie de 1000 Wh. Reste à voir si les fabricants absorberont cette augmentation ou si elles le répercuteront directement sur le prix final.
Source : Cycling Electric
- Publié le 13 août 2026

