Vélos ville électriques Publié le 4 janvier 2026

Test – O2feel Duma : moteur central, courroie et grosse batterie à prix canon, une formule gagnante ?

Avec le Duma, O2feel renouvelle son entrée de gamme urbaine avec de solides arguments : moteur central, transmission à courroie, moyeu Nexus 5 et batterie XXL à prix contenu. Un vélo pensé pour le confort, la simplicité et les trajets quotidiens sans contraintes.

Pour

  • Très bon rapport équipement / prix.
  • Batterie généreuse de 730 Wh.
  • Moteur central doux, progressif et silencieux.
  • Vélo fiable, propre, à l’entretien limité.
  • Confort global convaincant.
  • Garantie batterie 4 ans / 40 000 km.

Contre

  • Poids élevé.
  • Commande moteur basique.
  • Absence de réelle connectivité.
  • Selle perfectible en confort.
  • Pédales un peu glissantes sous la pluie.
  • Recharge lente.
7.5

L’O2feel Duma 7 s’impose comme un vélo urbain cohérent et rassurant, misant sur le confort, la fiabilité et l’autonomie. Sa transmission à courroie et son moyeu à vitesses intégrées réduisent considérablement l’entretien, tandis que sa grosse batterie lui assure un grand rayon d’action. C’est plaisant, ça marche bien, tout en rondeur dans un style assez posé. Quelques concessions sont forcément faites ici ou là mais, à ce tarif là, c’est un mousquetaire sur lequel on peut compter.

Présentation

Le Duma est un vélo important pour la marque française O2feel puisqu’il s’agit d’un vélo électrique urbain, plutôt positionné sur l’entrée de gamme de son catalogue, mais affichant des spécifications techniques très intéressantes rapportées à son prix de vente.

Le Duma est voué à remplacer des vélos tels que l’iVog ou l’iSwan qui ont fait leur temps, avec une architecture à cadre ouvert facilitant l’enjambement et une batterie très généreuse de 730 Wh de capacité. Cette dernière alimente un moteur pédalier Ananda M60 (70 Nm) car, oui, O2feel fait des infidélités à Shimano dont les moteurs équipent historiquement ses vélos.

Enfin, comment ne pas évoquer les choix faits au niveau de la transmission avec une courroie et une moyeu arrière Nexus 5. Un combo efficace, silencieux, souple, durable et quasiment sans entretien, idéal pour un vélo de ville amené à être utilisé chaque jour.

Cela correspond à l’ADN de ce vélo qui souhaite proposer du confort, de la simplicité et de la fiabilité, avec de la puissance et une autonomie supérieure à la moyenne du segment. Le tout, on l’a dit, à un prix compétitif.

En effet, cette version Duma 7 est vendue 2399 €. Pas évident de trouver des concurrents sérieux chez de grandes marques à ce prix, avec moteur central, courroie, Nexus 5 et grosse batterie. Sachant qu’une version encore plus abordable est proposée par O2feel avec le Duma 4 : ce dernier, équipé d’une transmission à courroie et d’un dérailleur Acera 8 vitesses, démarre à 2099 €. Le reste de la fiche technique est identique (même moteur, même batterie, même freins à disque, etc.).

Confort

Du côté du confort, l’O2feel Duma mise sur une recette éprouvée : un cadre ouvert, une fourche suspendue à l’avant, des pneus à gros volume d’air. Ne tournons pas autour du pot, cela permet à ce vélo urbain d’offrir un confort de roulage tout à fait correct.

Si on regrette des cordons de soudure un peu trop voyants sous la peinture bleue vernie, notamment à la jonction du tube diagonal et du tube de selle, le montage du vélo est relativement propre et les bienfaits du cadre ouvert sont indéniables au quotidien.

Avec un enjambement à seulement 46 cm, on grimpe en selle sans la moindre difficulté et l’on pourra poser les deux pieds au sol à l’arrêt sans problème si on le souhaite. Avec des sacoches ou, plus encore, un siège enfant à l’arrière, cela évite également d’avoir à lever la jambe par dessus la selle.

Deux tailles de cadre sont proposées pour convenir aux cyclistes de différentes tailles, avec la possibilité de moduler la hauteur et l’inclinaison du guidon grâce à une potence réglable. Cela permet d’adopter une position relâchée sur ce vélo à la géométrie pensée pour garder le dos assez droit.

Le réglage de la hauteur de selle se fait à l’aide d’un levier de serrage rapide. Pratique, mais avec un tube de selle sans butée antivol, il faudra rester méfiant en ville et peut être repasser sur un collier à serrage classique. Rappelons que pour sécuriser sa selle, l’utilisation d’un boulon de type Hexlox peut également être précieux.

La fourche Zoom offre un débattement modeste de 63 mm, suffisant pour un vélo de ville. Elle est déjà bien efficace pour gommer les imperfections de la route, amortir les descentes de trottoir, dos d’âne et autres nids de poule. Cette fourche n’est certes pas la plus dynamique ou réactive qui soit, mais pour les déplacements du quotidien, c’est honnête.

Les pneus Kenda Kwick de 62 mm de section renforcent ces capacités de filtration en permettant de rouler avec une pression assez basse. Typés ville, ces pneus s’avèrent très efficaces sur le sec et plutôt bons sur chaussée humide, offrant un grip rassurant même sur les freinages d’urgence.

Le seul bémol vient finalement de la selle, davantage typée randonnée que ville et manquant un peu de moelleux à notre goût. Elle offre pourtant une belle échancrure, un renfoncement pour soulager la pression sur le périnée, et est assez large sur l’arrière. Les cyclistes cherchant à grimper encore d’un rang en confort regarderont de ce côté là, et pourront opter au passage pour une tige de selle suspendue s’ils le souhaitent.

Performances

Point de moteur Shimano sur cet O2feel. La marque lilloise a jeté son dévolu sur un bloc moteur pédalier de chez Ananda, le M60. Il affiche un couple maximal pouvant grimper à 70 Nm, assez puissant donc pour emmener un vélo tout de même pesé à 29 kg par nos soins en taille (M/L). C’est la première fois que nous roulons avec un vélo équipé de ce moteur et nous avons plutôt apprécié sa rondeur et sa progressivité, aidant un pédalage assez naturel et agréable.

Nous nous attendions, vues ses spécificités, à un peu plus de peps au démarrage ou de capacité à avaler les gros dénivelés, mais sa puissance est in fine bien suffisante pour un vélo urbain de ce genre. On est sur un comportement moteur toujours agréable, sur lequel on peut compter, sans excès.

Ce qui surprend, c’est l’étagement des modes d’assistance proposés par le vélo. Il y en a trois. Le mode 1 est un peu ronflant mais bien utile pour prolonger au maximum l’autonomie. On l’active essentiellement sur le plat lorsque l’on peut allonger, ou lorsque l’on décide de faire monter le cardio pour faire un peu d’exercice en se déplaçant.

Vient ensuite le mode 2 (auto) qui a l’avantage d’offrir un pédalage très agréable puisqu’il régule la réponse moteur en en fonction de la puissance et de la cadence. C’est le mode a privilégier pour obtenir le meilleur compromis entre agrément de conduite, plaisir de déplacement et dépense énergétique.

Pour finir, le mode 3 est celui dans lequel le moteur donne toujours le meilleur de lui-même. On l’activera pour affronter les difficultés mais également lorsque l’on souhaite pouvoir bénéficier des meilleures accélérations et relances que peut assurer le Duma. Dans ce dernier, l’assistance reste bien active même lorsque l’on met très peu d’énergie dans le pédalage, ce qui ne conviendra peut-être pas aux cyclistes chevronnés, mais est bien efficace pour arriver au travail ou en rendez-vous sans transpirer.

Cette motorisation est, sur cette version Duma 7, associée à une transmission à courroie en carbone avec un moyeu à vitesses intégrées Shimano Nexus 5. C’est un duo que l’on connaît bien et qui est très pertinent pour un vélo urbain. La courroie, c’est du silence, de la souplesse, de la longévité et l’absence d’entretien et de cambouis. Le Nexus 5, c’est la capacité à changer ses vitesses à l’arrêt et une maintenance également très réduite.

Ces choix sont donc idéaux pour un vélo de ce type et O2feel ne s’y trompe pas. Ils finissent de conférer au vélo un comportement doux et fiable.

L’empattement assez prononcé du vélo affirme d’ailleurs son côté posé, avec beaucoup de stabilité. Ce n’est pas le plus joueur des vélos urbains, mais il ne pénalisera pas tant que ça le cycliste ayant besoin de se faufiler dans le trafic.

Les acquéreurs d’un Duma 4 bénéficieront, eux, d’une meilleure polyvalence et de davantage de dynamisme grâce aux 8 vitesses du dérailleur Acera, mais il leur faudra bien entretenir leur transmission en contrepartie. D’autant plus que les moteurs centraux appliquent de fortes contraintes sur les composants et ont tendance à user plus rapidement chaînes et cassettes.

Côté freinage, O2feel ne prend aucun risque en optant pour des Shimano MT200, un classique en matière de freins à disque hydrauliques. Progressivité, mordant, plaquettes bon marché et entretien maîtrisé par tous les ateliers de France et de Navarre… tels sont leurs atouts.

Equipement

Il faut être honnête, la commande moteur montée sur la gauche du cintre n’est pas des plus sexy. Pour autant, elle délivre toutes les informations essentielles sans s’encombrer du superflu.

Vitesse instantanée, pourcentage de batterie restante, mode d’assistance sélectionné… On fait dans l’efficacité, pas dans le tape à l’œil. Ce n’est pas ce qui se fait de plus intuitif, mais ça fonctionne et on s’y fait assez vite. Cette commande permet également d’activer l’éclairage d’un appui prolongé sur le « + » et le mode marche d’un appui prolongé sur le « -« .

L’utilisation d’une application n’est absolument pas obligatoire pour tirer profit du Duma. Il est toutefois possible d’installer l’app O2feel qui sert essentiellement à suivre l’entretien et la garantie du vélo, et la compléter avec l’app Ananda qui permet, elle, d’accéder à des informations avancées sur l’état du vélo et le fonctionnement du moteur. Sur le plan applicatif, il reste donc une marge de progression pour offrir une connectivité plus avancée, en enregistrant par exemple les données liées à ses différents trajets.

Sur la partie cycle, le Duma 7 a l’avantage d’être livré avec un équipement très complet mais perfectible : garde-boues enveloppants en plastique SKS (sans bavettes) ; béquille (un poil trop courte) ; porte-bagage (limité à 18 kg sur la version de base, MIK HD et 27 kg en option).

Sur le Duma 7, version la mieux dotée, l’antivol de cadre est monté de série. Une excellente nouvelle car ce petit accessoire est indispensable en ville pour sécuriser son vélo lors des arrêts minutes.

Rien à signaler concernant les éclairages qui remplissent bien leur rôle, que ce soit le feu Trelock à l’avant d’une puissance de 50 lux au large cône lumineux, ou la petite led Büchel de couleur rouge montée à l’arrière du porte bagage pour rester bien visible dans la pénombre. Dommage, cet éclairage arrière n’intègre pas de fonction « feu stop ».

Enfin, concernant les points de contact avec le vélo, on est plutôt satisfaits du grip et du confort apporté par les poignées ergonomiques en caoutchouc, aussi agréables et efficaces avec que sans gants.

Nous sommes un peu plus sévères avec les pédales plates à zones caoutchoutées qui, de bonne taille et offrant une bonne accroche par temps sec quelles que soient les chaussures, glissent un peu trop dès que la pluie s’invite au programme. Précisons que rien n’est plus facile à changer sur un vélo que la paire de pédales, donc rien de rédhibitoire ici.

Autonomie

L’Autonomie est l’un des points forts du vélo d’O2feel. Il intègre une batterie de 730 Wh, ce qui correspond à l’une des capacités les plus importantes de la catégorie, surtout dans cette gamme de prix. Cela permet au Duma de revendiquer une autonomie maximale pouvant grimper jusqu’à 240 km en mode Eco, dans les conditions les plus favorables.

Nous avons évidemment testé l’autonomie réelle du vélo, d’abord en restant dans le mode d’assistance le plus élevé. Le but étant de se faire une idée du rayon d’action minimal de ce vélo électrique. Rappelons, comme toujours, que l’autonomie des VAE dépend d’un grand nombre de paramètres : poids et forme du pilote, mode d’assistance sélectionné, topographie de la zone de test, météo, etc.

Ici, avec un pilote de 85 kg, à l’automne, en région parisienne avec des trajets au dénivelé limité, nous avons été en mesure de parcourir 76 km avant que l’assistance ne se coupe. Il reste alors environ 5 % de capacité de batterie, mais l’assistance est désactivée sous ce seuil pour éviter la décharge profonde.

Ce n’est pas ce qui se fait de mieux sur le papier en matière de rendement énergétique, mais la grosse batterie permet tout de même d’abattre de sacrées distances avant de devoir recharger le vélo. Sachant que, selon nos constatations, on va pouvoir gratter 10 à 15 % d’autonomie supplémentaire en lâchant le mode 3 le plus énergivore pour le mode automatique intermédiaire. De quoi dépasser les 85 km. En mode 1, l’autonomie réelle devrait dépasser les 150 km.

Nous ne pouvons malheureusement pas vous présenter la batterie en question pour vous laisser vous faire une idée de son poids ou de son format. En effet, la clé de la serrure de protection de cette batterie a été oubliée par O2feel. Ca arrive. Nous n’avons donc pas pu, non plus, nous faire une idée de la facilité avec laquelle cette dernière s’extrait du cadre et s’y insère. Elle est toutefois bien amovible et peut être chargée sur ou en dehors du vélo, grâce à un port de charge facilement accessible.

Et c’est là la contre partie à assumer : une charge assez lente avec un chargeur 2A de base qui demande quasiment 10 heures pour une charge complète, de 0 à 100 %. Il ne faut donc pas être pressé et ne pas oublier de brancher son vélo le soir lorsque l’on a besoin de récupérer un max d’énergie.

Comme toujours chez O2feel, cette batterie a le grand avantage d’être garantie 4 ans (ou 40 000 kilomètres), ce qui est toujours rassurant pour le consommateur.

Conclusion

Pour

  • Très bon rapport équipement / prix.
  • Batterie généreuse de 730 Wh.
  • Moteur central doux, progressif et silencieux.
  • Vélo fiable, propre, à l'entretien limité.
  • Confort global convaincant.
  • Garantie batterie 4 ans / 40 000 km.

Contre

  • Poids élevé.
  • Commande moteur basique.
  • Absence de réelle connectivité.
  • Selle perfectible en confort.
  • Pédales un peu glissantes sous la pluie.
  • Recharge lente.

Note

7.5

L’O2feel Duma 7 s’impose comme un vélo urbain cohérent et rassurant, misant sur le confort, la fiabilité et l’autonomie. Sa transmission à courroie et son moyeu à vitesses intégrées réduisent considérablement l'entretien, tandis que sa grosse batterie lui assure un grand rayon d'action. C'est plaisant, ça marche bien, tout en rondeur dans un style assez posé. Quelques concessions sont forcément faites ici ou là mais, à ce tarif là, c'est un mousquetaire sur lequel on peut compter.

Confort
8
Performances
7
Equipement
7.5
Autonomie
9

Caractéristiques

  • Prix
    2399 €
  • Matériau cadre
    Aluminium
  • Fourche

    Zoom

  • Position moteur
    Central (pédalier)
  • Moteur
    Ananda M60
  • Couple moteur
    70 Nm
  • Capacité batterie
    730 Wh
  • Diamètre de roue
    27.5"
  • Diamètre roue arrière
    27.5"
  • Pneus

    Kenda Kwick Nine K1052E

  • Type de freins
    Disque hydrauliques
  • Vitesses
    5
  • Dérailleur arrière

    Moyeu Shimano Nexus Inter-5E

  • Tige de selle suspendue
    Non
  • Garde-boue
    Oui
  • Antivol de cadre
    Oui
  • Porte-bagage
    Oui
  • Transmission
    Courroie

En banlieue parisienne, ce quadra père de 2 enfants pratique le vélo au quotidien de manière (assez) sportive, sur route et en dehors. A des envies de longues randonnées à la découverte de nouveaux paysages.


Abonnez-vous à notre newsletter