Test – Velo De Ville Foldy : le vélo pliant confortable, maniable et personnalisable
Avec son format compact et son comportement joueur, le Velo De Ville Foldy ne cherche pas à battre des records de compacité. Il mise plutôt sur le plaisir de conduite, la polyvalence et la simplicité.
Pour
- Comportement joueur et maniable.
- Stable et rassurant à toutes les allures.
- Confort appréciable pour un pliant 16″.
- Nexus 8 simple et polyvalent.
- Freins à disque hydrauliques efficaces.
- Pliage rapide et ultra simple.
- Configurable (en courroie).
- Finition et assemblage premium.
Contre
- Encombrement important une fois plié.
- Pas le plus léger des pliants.
- Pas d’effort du côté de l’éclairage.
- Des tiges de selle au déploiement guidé auraient été un plus.
Le Velo De Ville Foldy est un pliant qui assume une philosophie différente. Moins compact qu’un Brompton, mais très agréable à vivre une fois en selle, il séduit par son confort, sa maniabilité et son comportement rassurant. Sur notre version, le Nexus 8 ajoute de la polyvalence et de la simplicité, au prix d’un poids un peu supérieur. Un choix pertinent pour qui privilégie le plaisir de rouler à la compacité absolue.
Présentation
Le spécialiste allemand du vélo premium configurable Velo De Ville a dégainé l’an passé son Foldy, qui représente sa propre vision de ce que doit être un vélo pliant. Un vélo étonnant dans la mesure où il met de côté la course à la compacité pour se concentrer sur l’expérience utilisateur.

Avec des dimensions de 39,9 x 61,5 x 110 cm une fois plié et un poids de 13,9 kg dans sa configuration la plus légère (monovitesse), ce petit vélo à roues de 16” est loin de la compacité d’un Brompton (64 x 56 x 27 cm pour 11,6 kg sur un C Line). Pour autant, il impose d’autres arguments qui en font un vélo pliant tout à fait unique sur le marché.
C’est, par exemple, l’un des seuls vélos de sa trempe à être autant configurable, fidèle à la philosophie “custom made” de Velo De Ville. On pense évidemment au large choix de la couleur de la peinture (brillante ou mate), mais aussi au choix de la transmission (monovitesse, dérailleur 7 vitesses, moyeu à 8 vitesses intégrées, à chaîne ou courroie) et autres.

Notre configuration de test reflète d’ailleurs ces possibilités avec son moyeu Shimano Nexus 8 couplé à une transmission à chaîne. Des composants qui font monter son poids de référence à 15,4 kg, pour un vélo vendu 1859 € (+ 150 € pour le moyeu). Il faut compter 300 € de plus pour passer en courroie carbone Gates.
Si les garde-boues sont installés de série, on peut y ajouter un set d’éclairages à piles pour + 19 € (pas d’option dynamo, dommage) et choisir le type de porte-bagages souhaité (à la norme MIK ou Snap-It 2.0). Là encore, le porte-bagages est quoi qu’il en soit fourni de base, avec des roulettes permettant au vélo de tenir debout lorsqu’il est plié et faciliter ses déplacements en le poussant dans cette configuration.

En taille unique, le Foldy est également un vélo pliant qui a l’avantage d’accepter de grands gabarits, jusqu’à 200 cm et 130 kg. Son cadre en aluminium se veut donc robuste et pensé pour résister dans le temps aux aléas mouvementés d’un vélo devant nous accompagner partout et être manipulé dans tous les sens.
Enfin, il promet de compenser son manque de compacité par un comportement irréprochable sur la route. Un vélo pliant à petites roues qui doit savoir se montrer à la fois maniable et dynamique pour procurer du plaisir, mais également stable et sécurisant pour mettre en confiance le pilote.
Un configurateur plus limité, mais toujours différenciant
Si les options disponibles restent moins fournies que pour d’autres modèles de Velo De Ville, le Foldy bénéficie lui aussi d’un configurateur en ligne permettant à chacun de créer le vélo pliant qui lui ressemble et qui réponde à ses impératifs. Les cyclistes recherchant simplicité et poids contenu évoluant dans des villes peu vallonnées regarderont du côté du monovitesse (la version la plus économique du vélo, à partir de 1709 €). Ceux qui mettent l’accent sur la polyvalence et/ou un faible entretien choisiront les composants adéquats. Les possibilités offertes sont, clairement, une manière très intéressante de se différencier des autres fabricants de vélos pliants.

Enfin, il nous faut aborder la version à assistance électrique de ce Foldy, baptisée E-Foldy et démarrant à 2919 € pour 16,8 kg. Le vélo est identique, mais les possibilités de configuration sont un peu plus restreintes de par l’intégration, dans le moyeu de la roue arrière, d’un moteur Mahle X30 (45 Nm).
Ce dernier est alimenté par une petite batterie Mahle eX1 au format bidon, qui n’est autre que le prolongateur d’autonomie proposé par le motoriste allemand sur son système XS. D’une capacité de 171 Wh, elle promet une autonomie typique comprise entre 25 et 35 km.

Ce choix reste pertinent sur un vélo pliant électrique et cet ensemble permet d’électrifier le vélo sans dénaturer ses lignes en limitant le surpoids. Le moteur Mahle X30 est réputé pour sa faible résistance au roulement et on peut donc, aussi, l’utiliser sans avoir recours à l’assistance sans être trop pénalisé, comme nous avons déjà pu nous en rendre compte lors de brefs essais de cette version. Pour gagner en polyvalence sur cette version électrique, mieux vaudra opter pour le groupe 7 vitesses Shimano Tourney (+ 50 €).
Confort
Lorsque nous testons des vélos pliants, nous intégrons naturellement dans ce chapitre tout ce qui touche au confort direct du pilote en selle (filtration, assise, prise en main…) mais également tout ce qui définit s’il s’agit d’un pliant facile à vivre au quotidien (rapidité et simplicité de pliage, déplacements multimodaux, etc.).

Dans la première catégorie, le Velo De Ville Foldy brille par ses choix de composants mais aussi le design de son cadre et sa géométrie. Bien qu’en aluminium (un matériau qui travaille moins sous la contrainte et est naturellement moins filtrant que l’acier), il confère au vélo des compromis intéressants en termes de comportement. Et pour résumer en quelques mots : le Foldy est un vélo agréable à rouler.
Ses pneus Schwalbe Big Apple adoptent une section généreuse de 55 mm et ça se sent du côté de l’amorti. Il est aisé de trouver une pression de gonflage préservant autant que possible le rendement tout en bénéficiant d’une filtration efficace des aspérités de la chaussée. Un très bon point.

En y ajoutant une selle confortable (en largeur et en moelleux), l’Explora Moderate de Selle Royal, au profil suffisamment échancré pour limiter les frottements au pédalage, ainsi que des poignées ergonomiques en caoutchouc avec repose paume, on obtient une machine sur laquelle on évolue sereinement, même quand il est question d’aller au-delà des petits trajets quotidiens. En effet, pour les besoins de ce test, nous n’avons pas hésité à partir rouler de longues balades en Foldy et ne l’avons jamais regretté.


On trouve facilement une position agréable sur le vélo. Cela tient essentiellement en deux points : le réglage de la sortie de selle (facilité par les deux tiges graduées, ce qui permet de retrouver facilement son réglage de prédilection) et celui de la hauteur du guidon. En effet, la potence offre un réglage en hauteur au guidon Ergotec très légèrement réhaussé, ce qui permet de moduler efficacement sa position.


Un point d’amélioration ? Velo De Ville pourrait éventuellement proposer un système pour conserver l’axe des tiges de selle à la manipulation. Ca se voit chez certains concurrents et c’est très pratique pour régler la selle plus rapidement lors du dépliage.
Bon point, Velo De Ville a logiquement opté pour des pédales pliantes afin de réduire l’encombrement de son vélo en largeur lorsqu’il est plié. Et s’il n’est pas rare de croiser des pédales pliantes à la plateforme trop étroite pour garantir un pédalage efficace et confortable sur le long terme, il n’en est rien ici. Les pédales Union choisies sont en effet suffisamment rigides et la taille de leur plateforme est convenable.

Seul bémol, en chaussures à semelle dure par temps humide, ça peut glisser un peu. Si vous portez ce type de chaussures régulièrement, il faudra alors peut être opter pour des pédales pliantes avec un revêtement de type « papier de verre ».
Mais le Foldy est-il un pliant facile à vivre ? Si l’on s’en tient à sa cinématique de pliage ultra-simplifiée, et au fait que tout est correctement pensé pour que le vélo soit plaisant et fiable à manipuler, oui. En revanche, il est évident qu’avec une longueur de 110 cm replié sur lui même, et une hauteur de 61,5 cm, il n’est pas le meilleur candidat pour ceux qui mettent la compacité tout en haut de leurs critères principaux.

Dans le RER bondé aux heures de pointes, dans le coffre d’une petite voiture, dans un espace très exigû au bureau, il ne sera pas le pliant le plus adapté. Mais si l’on se contente de quelques trajets multimodaux ici et là, et que l’on cherche surtout à pouvoir stocker facilement le vélo chez soi en réduisant son empreinte au sol, alors on peut facilement s’en accommoder. Cela va vraiment dépendre des attentes de chacun.


Surtout que comme on l’a dit, en dehors du gabarit imposant pour un vélo pliant de 16”, tout est bien pensé. Il se plie et se déplie en quelques secondes extrêmement facilement. Il suffit de replier l’arrière du vélo en déverrouillant le système à l’aide d’une petite goupille et en le soulevant. Le cadre est forcément guidé dans ce mouvement et la roue avant trouve automatiquement sa place sans que l’on ait besoin de penser à bien placer un aimant ou un crochet, comme c’est généralement le cas. Une fois que c’est fait, il n’y a plus qu’à replier la direction et à « strapper » l’ensemble pour que plus rien ne bouge.




Il y a d’abord une petite attache élastique pour le guidon, et une sangle magnétique pour que les deux parties du vélo restent bien en place. Le recours à une boucle Fidlock est une excellente idée : ça tient bien et c’est hyper pratique à utiliser. Ne reste plus ensuite qu’à replier la double tige de selle.

Le rack arrière à roulettes offre au vélo une plateforme très stable, qu’il s’agisse de le stocker ou de le déplacer. Les roulettes de 60 mm de diamètre font bien le job. Rien ne bouge lorsqu’on doit le porter ou le manipuler. “Flawless”, comme disent les ricains.

Et quand vient l’heure de se mettre en selle, quelques secondes suffisent là encore pour retrouver un vélo prêt à rouler : on déplie la tige de selle. On retire les deux sangles, on déplie le guidon et on le verrouille à l’aide de la charnière. Et hop, on soulève le vélo avec un peu de vigueur et c’est parti.

En jetant un œil averti à ce système de pliage, c’est l’intégration des deux triangles avant et arrière qui nous intéresse, avec une petite pièce qui permet d’avoir une rotation des deux parties autour du boîtier de pédalier. C’est un peu la pièce magique de ce Foldy. Très malin, car cela permet aussi d’avoir une longueur et une tension de chaîne constante, et ce que le vélo soit plié ou déplié. C’est d’ailleurs ce qui permet à Velo De Ville d’offrir l’option de transmission à courroie sur ce vélo.
Et il faut rappeler que des vélos pliants à courroie, il n’y en a pas tant que ça. Nous viennent en tête les vélos électriques UTO Pro 20 (mais il doit se contenter des deux vitesses intégrées à son moteur Bafang) et Nakamura Flexy Boost (monovitesse). Ici, on peut configurer à sa guise un Foldy à courroie en Nexus 8, ou avec un dérailleur sept vitesses y compris avec un système électrique réputé de chez Mahle. C’est clairement l’une des forces de ce vélo.
Performances
Sur la route, le Foldy révèle très vite son tempérament. Comme tous les vélos compacts, il est joueur. 145 cm de long, des roues de 16″, ça lui fait un petit empattement propice aux virages serrés, aux changements de direction nerveux, bref, un comportement idéal pour se faufiler partout en ville. Ceux qui ont l’habitude des vélos pliants et/ou compacts vous le diront, c’est un véritable kiff d’évoluer sur un tel vélo en milieu urbain.

On est donc sur un vélo tout sauf mollasson. Il se prend instinctivement en main et répond bien aux sollicitations du pilote, que ce soit en prise de virage ou lorsque l’on met un bon coup de pédale. Le tout sans donner l’impression de rouler sur un engin instable. Au contraire, le Foldy reste bien posé et rassurant, y compris lorsque l’allure augmente.

Dans cette configuration musculaire, le moyeu Shimano Nexus 8 apporte une vraie simplicité d’utilisation. Les changements de rapports sont faciles à gérer, on peut changer de vitesse à l’arrêt (un point fort pour les débutants notamment) et la transmission demande peu d’attention au quotidien.
N’étant pas toujours fans des poignées tournantes, c’est avec plaisir que l’on retrouve un shifter à gâchettes Microshift sur la droite du cintre. De quoi passer très efficacement les vitesses dans un sens comme dans l’autre, mais une à une, moyeu oblige.

Le revers de la médaille est un poids légèrement supérieur à celui d’une transmission plus classique (800 g de plus que le dérailleur Shimano Tourney 7v). Et si cette configuration n’est évidemment pas pensée pour chercher la performance pure, on profite d’une polyvalence correcte grâce à la plage de développement de 307 % de ce moyeu, avec un étagement des vitesses agréable.

Le Foldy prend rapidement de la vitesse grâce à ses petites roues, mais maintenir une allure élevée demande tout de même davantage d’engagement musculaire que sur un bon vélo de taille classique. Aussi, il faut savoir qu’en approchant les 30 km/h lancé sur le plat, on commence à mouliner assez sérieusement. Rien de grave, ce n’est pas la philosophie de ce vélo que de se la donner en ligne droite, vous l’aurez compris.

Ce qui est assez frappant, c’est que malgré son petit format, on n’a pas trop la sensation d’être sur un mini vélo (même si je mesure tout de même 1m85). Son comportement reste prévisible et rassurant, et le Foldy reste agréable quand les distances s’allongent et que l’on sort du centre-ville. Sa vivacité nous permet de reprendre facilement de la vitesse en sortie de virage. Bien sûr, lorsque de grosse côtes s’amorcent, les choses se compliquent mais il y a déjà de quoi bien grimper en cadence. Ceux qui ont beaucoup de dénivelé à affronter regarderont sans doute du côté de la version électrique (E-Foldy).

Enfin, côté freinage, le choix de freins à disque hydrauliques est forcément une bonne chose, même si de nombreux vélos pliants restent encore sur des freins à patins pour une question de poids et de complexité. Velo De Ville monte sur le Foldy des MT200 de chez Shimano, sur des disques de 160 mm, et sans surprise ça freine très bien. On arrête le vélo en quelques mètres même lancé à bonne vitesse et on peut doser progressivement ses ralentissements et arrêts. Le gros volume des pneus ne fait qu’accroître l’adhérence et optimise le freinage également.
Équipement
Vélo pliant oblige, le Foldy reste assez minimaliste dans son approche de l’équipement, même si tout est là pour rendre les trajets plaisants. On pense d’abord aux garde-boues, essentiels pour rouler toute l’année quelle que soit la météo. Ceux du Foldy sont parfaitement adaptés, enveloppant de manière très efficace ses petites roues. La petite bavette à l’arrière est bienvenue.

On peut aussi louer les qualités du porte-bagages arrière, offrant une plateforme de chargement intelligente et équipé de roulettes de bonne taille. Cela sert aussi de béquille au vélo (il suffit de replier la roue arrière pour le poser dessus), et permet de le pousser facilement lorsqu’il est plié.


Trois œillets de fixation sur le tube supérieur permettront de venir fixer un accessoire (support d’antivol, bidon, bagagerie…). Sur la version électrique du vélo, notons que la batterie trouve place sur une petit support entre les bases arrières et les haubans, sous la selle, de quoi centrer le poids de celle-ci et éviter de perturber le bon équilibre de ce vélo.

On remarque aussi que si de nombreux vélos pliants n’arrivent pas à proposer une gestion très esthétique et pratique des câbles et des gaines (ceux qui proposent un routage interne de ces éléments restent encore assez rares), le Foldy parvient à proposer quelque chose d’efficace, conservant un rendu assez épuré tout en les laissant à portée de main (et d’entretien).

Il n’y a finalement que sur l’éclairage que Velo De Ville aurait pu faire des efforts supplémentaires, en apportant une signature lumineuse au vélo tout en intégrant de manière plus poussée des feux avant et arrière. Il faudra opter pour le kit basique à piles proposé en option, y compris sur l’E-Foldy électrique. Ou bien sûr opter pour la solution tierce de son choix.

Un mot enfin sur la finition du vélo et la qualité de son assemblage. Rien à signaler, comme toujours chez Velo De Ville, on bénéficie d’un vélo qui tourne parfaitement, bien réglé, avec des finitions premium.
Conclusion
Pour
- Comportement joueur et maniable.
- Stable et rassurant à toutes les allures.
- Confort appréciable pour un pliant 16".
- Nexus 8 simple et polyvalent.
- Freins à disque hydrauliques efficaces.
- Pliage rapide et ultra simple.
- Configurable (en courroie).
- Finition et assemblage premium.
Contre
- Encombrement important une fois plié.
- Pas le plus léger des pliants.
- Pas d'effort du côté de l'éclairage.
- Des tiges de selle au déploiement guidé auraient été un plus.
Note
Le Velo De Ville Foldy est un pliant qui assume une philosophie différente. Moins compact qu’un Brompton, mais très agréable à vivre une fois en selle, il séduit par son confort, sa maniabilité et son comportement rassurant. Sur notre version, le Nexus 8 ajoute de la polyvalence et de la simplicité, au prix d'un poids un peu supérieur. Un choix pertinent pour qui privilégie le plaisir de rouler à la compacité absolue.
Confort
Performances
Equipement
Caractéristiques
-
Prix1709 €
-
Matériau cadreAluminium
-
Diamètre de roue16"
-
Pneus
Schwalbe Motion Big Apple 55 mm
-
Type de freinsDisque hydrauliques
-
Freins
Shimano MT200
-
Garde-boueOui
-
Porte-bagageOui
-
Poids14.9 kg
En banlieue parisienne, ce quadra père de 2 enfants pratique le vélo au quotidien de manière (assez) sportive, sur route et en dehors. A des envies de longues randonnées à la découverte de nouveaux paysages.
