Cyclescore et Indice France Vélo : la transparence progresse, mais reste marginale
Lancée mi-2024 par France Vélo, la double labellisation Cyclescore et Indice France Vélo commence à s’installer dans le paysage. Une avancée pour la transparence, encore trop discrète face à l’ampleur du marché.

En bref :
- Une quinzaine de marques et une centaine de modèles sont aujourd’hui labellisés.
- Cyclescore évalue l’impact environnemental, l’Indice France Vélo mesure la valeur créée en France.
- La démarche progresse, mais reste optionnelle et encore peu visible en magasins.
Dans la dernière newsletter de la filière France Vélo, son président Patrick Guinard fait un rapide point sur la montée en puissance des deux indicateurs lancés mi-2024 devant permettre aux consommateurs de mieux connaître l’origine et les méthodes de fabrication des vélos commercialisés.
C’est le rôle du Cyclescore, un label notant les impacts environnementaux et sociétaux de la production des vélos, complété par l’Indice France Vélo qui comptabilise la part de la valeur ajoutée des produits réalisée en France.
Une dynamique encourageante portée par des marques engagées
Il indique qu’à ce jour, « une quinzaine de marques de vélos sont labellisés Cyclescore et/ou Indice France Vélo, ce qui représente une centaine de modèles de vélos ». C’est mieux que rien, mais cela ne représente qu’une infime partie de la filière vélo française et européenne. La filière vélo se félicite néanmoins de ces avancées et indique que « d’autres fabricants de vélos y compris européens font connaître leur intérêt ».
Bien sûr, en tant que média vélo français impliqué dans la transition écologique, il nous semble important de mettre en avant ces marques qui ont fait le choix de faire labelliser leurs modèles. Une démarche qui a un coût, mais qui permet de valoriser un savoir-faire local et des valeurs fortes auprès d’une clientèle soucieuse de savoir ce qu’elle achète (et de rouler français, ou – à défaut – européen).
Parmi ces marques, il y a bien sûr celles qui assemblent leurs vélos au sein de la MFC : Intersport et Sunn. Il y a également Arcade, l’un des plus importants fabricants de vélos français, méconnu du grand public, dont nous avions pu visiter la nouvelle usine.

Il faut aussi compter avec Jean Fourche, dont le cargo compact Jean II est l’un de nos coups de cœur. MyLuluBike, l’ingénieux vélo pliant à roue coulissante, récemment passé entre nos mains pour un test très intéressant. Ellipse, dont les vélos électriques E2 et E2 ST (tous deux testés eux aussi) aux équipements et fonctions nombreux, sont pensés pour affronter tous les défis du quotidien. Vefaa encore, dont le VAE bien équipé bénéficie de l’intelligence d’eBikeOS, ce qui n’avait pas manqué de nous convaincre lors du test.
Il faut y ajouter les Cycles du Midi, Maillon Mobility, Ultima, Ello, l’incontournable Moustache ou encore Radior. Mais cette liste, qui ne demande qu’à s’étoffer, nous prouve qu’il est bel et bien possible de s’engager dans une démarche locale, qualitative, responsable et durable non sans un certain succès. En effet, parmi tous ces vélos, la plupart sont déjà passés entre nos mains pour des essais complets et il s’agit de bons vélos, aux positionnements toujours intéressants.
Une visibilité encore trop faible face à une offre pléthorique
Pour autant, il suffit de faire le tour de quelques vélocistes pour se rendre compte que ces deux indicateurs manquent clairement de visibilité et d’affichage.
D’une part parce que face à une offre pléthorique de marques et modèles de vélos, celles qui jouent le jeu restent largement minoritaires. D’autre part parce que la labellisation des vélos reste à l’heure actuelle optionnelle et au bon vouloir des fabricants.

Dès lors, si quelques uns font du Cyclescore et de l’Indice France Vélo de véritables arguments de vente, tous les autres ont intérêt à invisibiliser au maximum la démarche, pour ne pas avoir à assumer des processus de production moins vertueux (pour la planète et l’économie locale).
A notre niveau, nous ne pouvons que vous encourager à jeter un œil aux modèles de vélos labellisés, tout en encourageant un maximum de marques à sauter le pas, y compris pour des vélos qui ne bénéficieraient pas d’une notation parfaite. Il en va de la transparence vis à vis des clients, et donc du respect des consommateurs.
Source : Filière France Vélo
- Publié le 17 février 2026