Marché du vélo électrique : la croissance s’essouffle en Europe, les ventes et les prix reculent
Après plusieurs années de forte expansion, le marché européen du vélo électrique montre des signes de saturation. Les volumes de vente, la valeur globale du marché et les prix moyens sont en baisse, tandis que l’essor de l’occasion et la crise des carburants rebattent les cartes.

En bref :
- Le marché européen du vélo électrique plafonne sous les 40 % de parts de marché et les ventes reculent depuis plusieurs années.
- Aux Pays-Bas, la part des e-bikes est passée de 53,5 % en 2022 à 49,3 % en 2025, signe d’une saturation progressive du marché.
- Malgré ce ralentissement, la hausse des prix des carburants pourrait relancer les ventes de vélos urbains et de vélos électriques.
Le marché du vélo électrique entre dans une nouvelle phase en Europe. Longtemps porté par une croissance spectaculaire et des prévisions particulièrement optimistes, il semble désormais atteindre un plafond.
Les dernières données publiées par les organisations professionnelles européennes montrent que la progression est quasiment à l’arrêt dans la plupart des pays, avec une part de marché qui demeure légèrement inférieure à 40 %, très loin des projections qui envisageaient jusqu’à 80 % de vélos électriques dans les ventes.

Les chiffres compilés entre 2022 et 2025 révèlent également une baisse simultanée des volumes écoulés, de la valeur totale du marché et du prix moyen de vente des « e-bikes ». Dans le même temps, le segment des vélos traditionnels continue de se contracter encore plus rapidement, avec une diminution estimée à 25 %.
Après l’explosion de la demande durant la pandémie puis la crise des surstocks, l’industrie cherche désormais un nouvel équilibre.
Les limites de la croissance
Considéré comme l’un des marchés les plus matures d’Europe, le marché néerlandais illustre parfaitement cette évolution. Après avoir atteint un record de 53,5 % de vélos électriques dans les ventes en 2022, cette proportion est progressivement redescendue à 49,3 % en 2025.

Avec l’Allemagne, où les VAE représentent 52,6 % des ventes, et l’Autriche, les Pays-Bas restent toutefois parmi les pays les plus avancés. À l’inverse, la France, l’Espagne et l’Italie affichent encore des parts de marché inférieures à 30 %, tandis que le Royaume-Uni ne dépasse pas 9 %.
Autre constat marquant : contrairement à une idée largement répandue, le prix moyen des vélos électriques diminue. Sur les six principaux marchés européens, il est passé de 2 855 euros en 2022 à 2 451 euros en 2025, traduisant une pression accrue sur les prix.
Occasion et prix de l’essence pourraient redistribuer les cartes
Selon les auteurs de l’étude, cette stagnation s’explique avant tout par la saturation progressive du marché. Les politiques d’incitation et les dispositifs de location longue durée ne suffisent plus à soutenir durablement la croissance.
Les programmes de vélos de fonction génèrent désormais un important flux de vélos électriques haut de gamme d’occasion. Cette offre supplémentaire constitue un phénomène nouveau auquel l’ensemble de la filière doit s’adapter et pourrait freiner les ventes de modèles neufs.
Un facteur pourrait toutefois soutenir le marché urbain dans les prochains mois. La forte hausse des prix des carburants, provoquée par les tensions entre les États-Unis et l’Iran depuis février dernier, pourrait encourager davantage d’usagers à se tourner vers le vélo ou le vélo électrique. Historiquement, les épisodes de flambée des coûts du carburant ont souvent favorisé les achats de cycles dans les pays où la culture vélo est déjà fortement implantée.
Les prochains résultats semestriels des grands fabricants permettront de mesurer si cette crise énergétique a effectivement stimulé les ventes du segment urbain. À défaut, le secteur devra s’interroger sur l’adéquation de son offre avec les attentes actuelles des consommateurs.
Sources : Tweewieler ; FrAndroid ; Bike Europe
- Publié le 12 juin 2026