Vélo et société

TER : la fin du minimum vélo, un tournant qui inquiète les associations

Un décret publié en février 2026 supprime l’obligation de places vélos dans les TER. L’État renvoie la décision aux régions, au risque d’un système plus inégal et moins lisible, alertent la FUB et l’AF3V.

En bref :

  • Le gouvernement supprime le minimum légal de places vélos dans les TER, instauré par la loi mobilités de 2019.
  • Les régions deviennent seules responsables, avec un risque de disparités et de recul de l’offre.
  • Les associations dénoncent un désengagement de l’État et un frein à l’intermodalité train + vélo.

Le gouvernement n’aide pas le vélo, saison 3, épisode 13. Avec un décret publié le 21 février 2026, le gouvernement vient en effet de supprimer l’obligation d’un nombre minimal d’emplacements vélos dans les trains express régionaux (TER), pourtant introduite par la loi d’orientation des mobilités (LOM) en 2019.

Jusqu’ici, les trains neufs ou rénovés devaient intégrer un quota de places pour les vélos non démontés. Cette règle visait à structurer une offre homogène sur le territoire et à accompagner le développement de l’intermodalité, ainsi que le voyage à vélo. Désormais, la décision revient entièrement aux régions, qui sont les autorités organisatrices des TER.

La FUB monte au créneau

Pour la Fédération des usagères et usagers de la bicyclette (FUB) et l’Association française des véloroutes et voies vertes (AF3V), ce changement marque un tournant. Elles dénoncent un « nivellement par le bas », alors que tout le système régissant le voyage en train avec un vélo était déjà jugé peu lisible pour les voyageurs.

Dans les faits, si certaines régions avaient choisi de dépasser les obligations minimales (jusqu’à 12 ou 18 places dans certains trains) rien ne les empêche désormais de réduire ces capacités. La fracture pourrait donc s’accentuer entre territoires, compliquant les trajets longue distance et les correspondances, notamment lorsque l’on utilise TER et trains nationaux lors d’un périple.

Les associations pointent également un désengagement de l’État derrière le fameux argument de « simplification administrative ». Elles estiment que cette évolution risque au contraire de complexifier l’accès au train pour les cyclistes, dans un contexte où les réservations et conditions d’embarquement sont déjà souvent contraignantes, quand elles ne sont pas tout simplement opaques.

Manque de cohérence

Au-delà de la question technique, c’est un enjeu stratégique qui se dessine. Pour la FUB et l’AF3V, la complémentarité entre vélo et transport collectif constitue un levier central de la transition écologique. L’affaiblissement du cadre national pourrait freiner cette dynamique, alors même que la France affiche des ambitions fortes en matière de tourisme à vélo et de décarbonation des mobilités.

Comme si on se refusait encore et toujours, en France, à aligner ambitions et moyens. Les associations appellent désormais les régions à maintenir, voire renforcer, leur offre. Mais sans obligation nationale, l’avenir du vélo dans les TER dépendra désormais de choix politiques locaux avec le risque d’avoir au final un réseau moins cohérent à l’échelle du pays.

Sources : Weelz! ; FUB

  • Publié le 21 avril 2026

En banlieue parisienne, ce quadra père de 2 enfants pratique le vélo au quotidien de manière (assez) sportive, sur route et en dehors. A des envies de longues randonnées à la découverte de nouveaux paysages.

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