Vélo et société

Marché du vélo : moins d’achats, plus d’usage, la filière change de braquet

Le marché du vélo neuf recule en 2025, mais la pratique continue de progresser. Réparation, seconde main et nouveaux usages redessinent progressivement l’économie du cycle.

En bref :

  • 1,84 million de vélos neufs vendus en 2025, soit -6,2 % en volume et -8,4 % en valeur
  • 507 000 VAE écoulés, en baisse de 16 %, malgré 9 millions de cyclistes réguliers
  • La réparation atteint 128 millions d’euros (+10,5 %) avec 6,3 millions d’interventions réalisées

Le marché français du cycle poursuit sa phase d’atterrissage après les années d’euphorie post-Covid. Selon l’Observatoire du Cycle 2025 présenté par l’Union Sport & Cycle lors du Festival Vélo in Paris, 1,84 million de vélos neufs ont été vendus en France l’an dernier, soit un recul de 6,2 % en volume.

Le chiffre d’affaires du secteur s’établit à 1,86 milliard d’euros, en baisse de 8,4 %, confirmant le ralentissement engagé depuis 2023. Cette contraction ne traduit toutefois pas un désamour des Français pour le vélo, mais plutôt une évolution profonde des modes de consommation.

Une pratique qui continue de progresser

La pratique cyclable, elle, continue de progresser. La France compte désormais 9 millions de cyclistes réguliers et les compteurs installés sur les infrastructures enregistrent une hausse de 5 % des passages.

Les Français roulent davantage, mais achètent moins de vélos neufs. Un phénomène qui s’explique en partie par le fort équipement des ménages depuis les années 2020-2022, période durant laquelle le marché avait connu des records historiques. La filière parle désormais d’un retour à un rythme plus structurel et stable.

Le VAE perd de la vitesse

Le vélo à assistance électrique, principal moteur de croissance ces dernières années, montre lui aussi des signes de ralentissement. En 2025, 507 000 VAE ont été vendus, soit une baisse de 16 % sur un an. C’est la deuxième année consécutive de repli pour cette catégorie, qui reste néanmoins stratégique pour le secteur.

Le prix moyen d’un VAE avoisine encore les 2 000 euros, contre 638 euros pour un vélo mécanique, ce qui constitue un frein important dans un contexte de pouvoir d’achat contraint. La suppression des aides nationales à l’achat en février 2025, ainsi que la fin de certains dispositifs de soutien pour les vélos-cargos professionnels, ont également pesé sur la demande.

Les ventes en ligne stables

Les ventes dans les enseignes multisport (Decathlon, Intersport, etc.) atteignent 64 % du volume des vélos vendus en progression de 2 points. Les détaillants et les grandes surfaces alimentaires perdent un peu de terrain avec respectivement 23 (-1 point) et 6 % (-1 point) du volume des ventes de vélos.

Les ventes sur Internet restent stables avec 7 % des cycles vendus, mais gagnent en valeur avec désormais 12 % de la valeur (+2 points). Les clients exigeants vont de plus en plus chercher un modèle précis sur le web. Les détaillants conservent la plus grande part de valeur sur le cycle avec 52 % contre 34 % pour les enseignes multisports, sans progression depuis l’an dernier.

La réparation devient un pilier économique

À l’inverse, la réparation s’impose comme l’un des piliers de la nouvelle économie du cycle. En 2025, ce segment a généré 128 millions d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 10,5 % sur un an. Depuis 2019, il a été multiplié par 2,5. Les ateliers ont enregistré 6,3 millions d’interventions, soit près de trois fois et demie plus que le nombre de vélos neufs vendus sur la même période.

Cette dynamique traduit un changement de comportement durable : les consommateurs entretiennent davantage leur vélo, prolongent sa durée de vie et arbitrent plus souvent en faveur de la réparation plutôt que du remplacement. C’est bon pour la planète et c’est plutôt cohérent avec le monde du vélo où les acteurs militent bien souvent pour une consommation raisonnée.

Seconde main et nouveaux modèles gagnent du terrain

La montée en puissance de la seconde main confirme également cette bascule. Le marché du vélo ne se limite plus à l’achat neuf traditionnel : vélos reconditionnés, vélos de fonction et acquisitions réalisées par les collectivités représentent désormais environ 11 % du marché global, soit près de 200 000 unités supplémentaires. Cette diversification témoigne d’une filière qui se réorganise autour de l’usage plutôt que de la seule vente.

Les magasins traditionnelles voient pour l’instant passer le train alors qu’ils sont les premiers interlocuteurs des clients et peuvent tout à fait emboiter le pas du reconditionnement. Les boutiques ont les capacités et les outils, notamment de diagnostic moteur et batterie, pour reprendre, reconditionner et revendre des vélos électriques. reste maintenant à voir si les gros acteurs du reconditionné (Upway, Ekstere, Rutile, etc.) vont rafler la mise ou si les magasins vont réussir à s’adapter rapidement.

Une filière qui change de modèle

Pour l’Union Sport & Cycle, l’enjeu n’est donc plus de retrouver artificiellement les volumes records de l’après-pandémie, mais d’accompagner cette mutation. Le vélo s’installe durablement dans les habitudes de déplacement, et avec lui une économie plus large, faite de services, d’entretien, de location et de réemploi. Le marché ralentit, mais la pratique, elle, continue de pédaler.

Source : Observatoire du cycle 2025

  • Publié le 27 avril 2026

Amateur de vélo aussi à l'aise sur une roue que sur deux. Mon objectif : informer avec passion.

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