Live Data Interface : après Garmin, Bosch fait communiquer les vélos avec les casques et les lunettes
En ouvrant son Live Data Interface aux fabricants tiers, Bosch transforme progressivement le vélo à assistance électrique en plateforme connectée. Après Garmin, casques intelligents et lunettes à affichage tête haute pourront bientôt exploiter les données du vélo en temps réel.

En bref :
- Bosch ouvre certaines données de son Smart System aux fabricants d’accessoires via une interface standardisée.
- Après l’intégration avec Garmin, la technologie vise désormais les casques, lunettes connectées et autres accessoires sportifs.
- L’objectif est de créer un écosystème où les informations du vélo s’affichent directement sur les équipements du cycliste pour enrichir sa pratique et mieux la sécuriser.
Longtemps considéré comme un écosystème relativement fermé, Bosch amorce un changement stratégique d’importance. Avec la Live Data Interface, le spécialiste allemand du vélo à assistance électrique permet désormais à des partenaires tiers d’accéder en temps réel à certaines données produites par son Smart System.
Une ouverture qui pourrait profondément modifier l’expérience des utilisateurs à terme, comme nous avons pu en avoir un aperçu lors du dernier événement de l’équipementier.

La première démonstration concrète est arrivée avec Garmin. Les possesseurs de certains compteurs GPS de la marque américaine peuvent désormais afficher directement les informations du vélo sur leur écran : puissance développée par le cycliste, cadence de pédalage, vitesse, niveau de batterie ou encore autonomie estimée. Plus besoin de jongler entre plusieurs afficheurs et l’on peut bénéficier de données enfin unifiées.
Se parler, c’est mieux
Techniquement, cette ouverture repose sur une interface Bluetooth Low Energy standardisée qui transmet les informations en direct aux appareils compatibles. Bosch garde toutefois le contrôle sur les données exposées et laisse aux fabricants partenaires le soin de développer leurs propres intégrations et leurs expériences utilisateur.

Mais cette collaboration n’est qu’un point de départ. En présentant son Live Data Interface, Bosch explique vouloir rendre ces données accessibles à une nouvelle génération d’accessoires intelligents. Parmi les usages envisagés figurent notamment les lunettes connectées capables de projeter les informations essentielles dans le champ de vision du cycliste, ou encore les casques intégrant un affichage tête haute ou des fonctions avancées de sécurité.
A Hambourg, en marge de la présentation du nouveau moteur Hub Line, Bosch nous a permis d’approcher deux solutions de ce genre en développement sur un casque Unit1 et la paire de lunettes Zenith Pro de Cybersight.
Lunettes et casques, c’est convaincant ?
Ces lunettes intelligentes peuvent donc se connecter aux vélos électriques Bosch. Elles permettent d’afficher, dans son champ de vision, des données telles que la vitesse instantanée, le niveau de charge de la batterie du vélo, la puissance développée par les jambes du cycliste ou encore sa cadence ou son rythme cardiaque. C’est clairement quelque chose qui est pensé pour les cyclistes sportifs, avec plus de 60 données différentes affichables via les petits écran translucides intégrées derrière les verres.

Ces lunettes, nous avons pu les essayer brièvement et elles restent relativement légères malgré la technologie embarquée (39 g). Elles seront proposées avec différents verres pour convenir à un maximum de cyclistes. Mais surtout, il suffit de les poser sur son nez pour voir s’afficher devant soi en transparence les fameuses données récupérées au niveau du vélo. Ca fonctionne, mais on reste quand même dubitatifs sur l’intérêt réel de cette technologie.

Oui, on peut ainsi garder un regard permanent sur certaines metrics importantes, comme en affichage tête haute sur une voiture, pour améliorer sa sécurité et ne pas quitter la route des yeux. Pour autant, on trouve que cet affichage est assez déroutant ainsi présenté dans son champ de vision, quand bien même on se force à regarder au loin en pédalant. Bref, il y a de l’idée, mais cette implémentation en particulier ne nous a pas vraiment convaincu.
C’est déjà plus abouti du côté des casques de chez Unit1, qui imagine déployer ces fonctions sur ses modèles phares tels que le Aura, le Neon ou le Faro. Pour quelles fonctions ? Eh bien imaginez tout simplement que lorsque l’on tire le levier de frein, le vélo envoie l’information au casque qui peut activer un feu arrière clignotant ou renforcer son intensité.

Le casque peut également coupler l’allumage de son éclairage avec l’allumage de l’éclairage du vélo, et potentiellement faire coïncider ses clignotants avec ceux de vélos qui en seraient équipés. Et à terme, il est même prévu que le casque s’allume automatiquement lorsque l’on démarre le vélo. Des petites fonctions pratiques qui sont imaginées pour simplifier la vie des cyclistes et améliorer leur sécurité.
Un monde de possibilités s’ouvre
C’est l’avantage de voir Bosch miser sur un modèle plus ouvert où le vélo devient une source de données au service d’un écosystème complet. Pour les fabricants d’accessoires, les perspectives sont nombreuses. Et Bosch pose les bases d’un environnement connecté dans lequel le vélo électrique communique naturellement avec les objets qui entourent son utilisateur, ouvrant la voie à une nouvelle génération d’équipements intelligents.
Tout ne sera peut-être pas pertinent, comme nous avons pu nous en rendre compte, mais il y a de l’idée.
- Publié le 18 juin 2026