On a roulé avec le Hub Line, premier moteur moyeu de Bosch
Avec son nouveau moteur moyeu Hub Line, Bosch entend séduire les amateurs de vélos urbains légers sans sacrifier les performances. Nous l’avons essayé sur plusieurs modèles : un système discret, dynamique et convaincant qui ouvre de nouvelles perspectives.

Les spécificités techniques, c’est bien. Les essais pratiques, c’est mieux. Et dans le cadre de cette présentation, nous avons été servis. En effet, Bosch s’était entouré de plusieurs fabricants de vélos renommés pour illustrer ses nombreuses annonces avec des produits concrets.
Une excellente surprise car cela nous a permis d’essayer des vélos équipés d’un moteur Hub Line très différents les uns des autres. Certes, tous étaient des vélos purement urbains, mais cela nous a permis d’apprécier le comportement du moteur sur des vélos aux philosophies vraiment distinctes.

Malheureusement, nous ne pouvons pas – à ce jour – vous parler librement de tous ces vélos, certains étant encore protégés par des accords de confidentialité pour préserver des annonces qui arriveront dans les semaines et les mois à venir. On peut néanmoins déjà confirmer que le moteur Hub Line de Bosch arrive avec des atouts non négligeables en termes d’intégration.
Un système qui permet des intégrations quasi invisibles
Comme vous pouvez le voir sur ces photos, le Roadlite:ON CF de Canyon profite à plein des atouts du système Hub Line pour dissimuler au mieux qu’il s’agit d’un vélo à assistance électrique. La batterie compacte de 360 Wh de capacité permet de proposer un cadre au tube diagonal relativement fin, avec un travail tout en design réalisé sur ce cadre carbone très réussi d’un point de vue esthétique.

On obtient un vélo très simple, très épuré, intuitif à prendre en main, pensé comme le parfait commuter moderne et racé pour filer en ville. En courroie pour limiter l’entretien et proposer un fonctionnement très souple, il fait le choix du monovitesse, ce qui conviendra parfaitement dans des villes peu à moyennement vallonnées grâce aux capacités de la motorisation.
Le kit électrique complet (moteur Hub Line, capteurs, contrôleur, batterie 360 Wh, commande) permet d’électrifier un vélo en lui ajoutant environ 4,5 kg. Ce n’est pas ce que l’on peut appeler un “game changer”, mais cela permet de rester dans des zones très acceptables avec des vélos entre 14 et 20 kg en fonction des cadres, des matériaux et des composants retenus.

Pour rappel, Bosch propose déjà un système complet léger (un poil plus de 4 kg) avec son petit moteur pédalier Performance Line SX et sa batterie de 400 Wh, tandis que la concurrence offre des moteurs moyeux aux caractéristiques équivalentes à des poids identiques, voire inférieurs.
Un moteur qui ne manque pas de pêche
Mais s’il y a un bien un point sur lequel le moteur Hub Line nous a surpris dès les premières minutes d’essai, c’est sa capacité à délivrer beaucoup de puissance et de dynamisme. Qu’on se le dise, si ce moteur moyeu est donné pour un couple maximal de 45 Nm et une puissance en pic pouvant atteindre 400 W, on profite d’une capacité d’entraînement du vélo assez bluffante dès que l’on utilise les modes Auto ou Turbo. Pour faire simple, le moteur envoie bien plus fort que d’autres moteurs moyeux aux caractéristiques équivalentes déjà testés.
Et comme l’entraînement se produit directement au niveau de la roue arrière, l’efficacité du moteur n’en est que plus grande. Résultat, ce moteur moyeu n’a aucun mal à propulser le vélo jusqu’aux 25 km/h réglementaires et permet de conserver une vitesse de croisière élevée même en côte.

Les pentes affrontées lors de ce premier essai dans la ville de Hambourg en Allemagne étaient malheureusement trop courtes et/ou trop peu prononcées pour que l’on soit en mesure de se faire un véritable avis à ce sujet, mais les premières impressions sont bonnes et nous donnent la sensation d’avoir une motorisation plus que suffisante pour la cible visée.
Mais alors que l’on vante régulièrement la pertinence des moteurs pédaliers de Bosch pour leur naturel, qu’en est-il des sensations procurées par ce Hub Line ? Un point crucial de l’expérience qui s’avère un peu déroutant puisque le système ne s’appuie pas sur la présence d’un capteur de couple, composant auquel on conditionne systématiquement la préservation d’un pédalage naturel sur les vélos à assistance électrique.

Il nous faut donc quelque peu revoir notre logiciel de lecture, car le comportement du Hub Line est non pas dicté par la force investie par le cycliste dans les pédales, mais il est la résultante d’une multitude de paramètres interprétés en temps réel par le contrôleur.
Un capteur de rotation haute précision
Ainsi, Bosch s’appuie sur les indispensables capteurs de vitesse et de cadence de pédalage, mais ajoute à cela un accéléromètre pour analyser l’inclinaison du vélo afin de savoir s’il est en descente, en montée, en courbe, etc., ainsi qu’un capteur de rotation haute précision. Ce dernier consiste en un disque à 72 fenêtres monté au niveau du pédalier du vélo, avec un petit capteur qui va finement analyser la rotation du plateau.

On est donc sur un “simple” capteur de pédalage mais le système se montre extrêmement précis et réactif. Nous n’avons même pas besoin de faire 1/8e de tour de pédale pour que le moteur comprenne qu’il doit entrer en jeu et l’assistance se met en route quasi instantanément, ce qui s’avère à la fois très plaisant mais aussi utile lors de phases cruciales telles que les démarrages ou les relances.

Une précision et une réactivité qui limitent également la sensation “on/off” que l’on avoir avec les systèmes sans capteur de couple, même si le fameux “coup de pied au cul” est perceptible en mode Turbo. Bien sûr, la personnalisation des modes d’assistance et le choix de ceux-ci est l’une des grandes forces de l’écosystème Bosch, et tout ce que l’on connaît de ces fonctions dans l’application eBike Flow pour les moteurs centraux reste aussi accessible sur ce moteur moyeu.
On va donc pouvoir paramétrer finement le comportement de ce moteur en fonction de ses attentes et de ses besoins, sachant que de base l’équipementier est parti sur une recette éprouvée en proposant les quatre modes : Eco, Tour, Auto et Turbo.

Interrogé par nos soins sur la puissance élevée délivrée par le moteur dans ce dernier mode Turbo, Roman Braig, chef produit chez Bosch, nous explique que l’idée est de proposer dès la sortie du carton différents scenarii d’usage capables de répondre aux attentes du plus grand nombre.
“Dans le cas d’un cycliste qui a besoin d’affronter des dénivelés, qui veut bénéficier d’un vélo très punchy et arriver au travail sans la moindre goute de sueur, c’est un mode qui répond vraiment présent. Mais on pourra évidemment tempérer son comportement si on le souhaite, en fonction de ses capacités, du type de vélo et de transmission que l’on a, et du profil de ses déplacements quotidiens”, nous explique-t-il.
Un mode Turbo qui a au moins le bénéfice de nous avoir fait la démonstration des capacités du moteur Hub Line et de ses performances qui, vous l’avez compris, nous ont semblé convaincantes.
Du plaisir de rouler
Sur le Canyon Roadlite:ON qui a un profil de bon rouleur (moins de 14 kg, pneumatiques à bon rendement, cadre rigide et réactif…), le mode Eco suffit en réalité déjà à surcompenser efficacement le surpoids induit par le système électrique. Sur le plat, le vélo se révèle très agréablement assisté en mode Tour. Tandis que le mode Auto offre un comportement qui s’avère être un vrai régal.

Dans ce dernier, on conserve un pédalage relativement naturel, mais avec une aisance et une réactivité dans les relances qui encouragent clairement à jouer avec le vélo. Le tout est parfaitement équilibré et l’on s’amuse à flirter avec les 32 km/h en vitesse de croisière sans trop forcer non plus sur le plat. Clairement, l’absence de résistance au roulement est intéressante sur des VAE légers, volontaires pour filer au-delà des 25 km/h sans ressentir l’effet frein au-delà de cette vitesse.


C’est un peu plus sage sur des vélos aux profils vraiment “ville” plus assumés, proposant une position très droite et détendue, et dont le poids s’approche davantage des 20 kg. Mais là encore, on bénéficie d’une assistance volontaire et d’un plaisir à évoluer en ville qui est bien réel, avec une philosophie plus posée et un confort plus prononcé.
Bref, on voit bien que ce Hub Line a vocation à équiper des vélos urbains qui pourront être assez différents mais qu’il saura a priori s’adapter correctement à ces différents profils, du semi-sportif épuré monovitesse au vélo de ville beaucoup plus sage et confortable avec une grosse cassette.

Durant cette après-midi de prise en main, nous avons également pu essayer un vélo équipé du système UTgear H2, partenaire de Bosch sur ce lancement. Il permet de bénéficier de deux vitesses avec une transmission à courroie. Un système qui rappelle un peu celui des moteurs arrières à deux vitesses intégrées de certains concurrents, sauf qu’il n’est ici pas automatique et laisse le cycliste décider du moment où il souhaite passer de la première vitesse (idéale pour s’élancer et en montée) à la seconde (qui permet d’allonger sur le plat sans surcadencer).
L’idée est bonne. L’intégration est réussie. On se demande simplement s’il n’aurait pas fallu marquer légèrement plus la différence de développement sur le grand rapport pour que ce soit encore plus pertinent.
De nouveaux composants bien étudiés
Des essais qui nous ont également permis d’appréhender la nouvelle commande moteur LED Controller de Bosch. Pour le coup, c’est une évolution vraiment pertinente de la LED Remote puisqu’elle apporte une ergonomie très travaillée, ce qui autorise un gain en compacité réel sans perdre aucune fonction, au contraire.

Elle parvient en effet à loger sous le pouces tous les boutons nécessaires à offrir une navigation et une gestion des modes d’assistance aisée et efficace. Ses indicateurs par leds colorées offrent un niveau d’information certes basique, mais suffisant pour savoir dans quel mode d’assistance on se trouve et estimer en gros le palier d’autonomie restante dans lequel on se trouve.
Comble du raffinement, cette commande intègre désormais un port USB-C (10 watts). Un port bien caché qui permettra de recharger son téléphone en roulant, ce qui n’était possible qu’avec le SmartphoneGrip et la charge induction auparavant. Bien vu.

Quant au nouvel écran Intuvia 200, c’est là aussi un élément qui fera à n’en pas douter une entrée remarquée dans cet écosystème Bosch, venant remplacer des écrans de la gamme Intuvia qui commençaient à faire un peu datés.