Née en 1966 dans le Münsterland allemand, VELO DE VILLE célèbre cette année ses 60 ans. D’un simple importateur de vélos néerlandais à un fabricant reconnu pour ses vélos personnalisables fabriqués en Allemagne, la marque a toujours défendu une même idée : chaque vélo doit être adapté à son utilisateur.

Des débuts modestes à la naissance du « Custom Made » (1966-1982)
En 1966, le vélo n’a pas encore retrouvé la place qu’il occupe aujourd’hui dans nos villes. L’automobile symbolise la modernité et les infrastructures sont largement pensées pour elle. C’est pourtant dans ce contexte qu’à Altenberge, une petite commune de Rhénanie-du-Nord-Westphalie située à quelques kilomètres de Münster, Albert Thiemann et Franz Ferlmann créent une entreprise qui deviendra, soixante ans plus tard, l’un des spécialistes européens du vélo personnalisable : VELO DE VILLE.
À l’époque, rien ne laisse présager une telle évolution. Les premiers locaux, installés au Heckenweg 2, ressemblent davantage à un atelier improvisé qu’à une usine de fabrication. Entre les outils, les rayonnages et les cadres de vélos, chaque mètre carré est mis à profit. Les bicyclettes sont empilées faute de place et certaines sont descendues au sous-sol à l’aide… d’une simple gouttière transformée en rampe de fortune. Des méthodes qui peuvent aujourd’hui faire sourire, mais qui illustrent surtout l’ingéniosité et l’esprit entrepreneurial des débuts.
À cette époque, l’entreprise importe principalement des vélos des Pays-Bas. Le marché est déjà très concurrentiel avec de nombreux grossistes installés dans la région. Pourtant, les fondateurs font le pari que la qualité du service et la proximité avec les revendeurs permettront de faire leur place. Altenberge, nichée au cœur d’une région où le vélo fait partie de la culture locale et à proximité immédiate de Münster (souvent considérée comme la capitale allemande du vélo) offre un terrain idéal pour développer cette activité.
Un tournant décisif
L’entreprise grandit rapidement. Dès le début des années 1970, un premier entrepôt de 1 000 m² est construit afin d’accompagner la hausse de l’activité. Le premier choc pétrolier de 1973 contribue également à redonner de l’intérêt au vélo en Allemagne, notamment lors des célèbres dimanches sans voiture qui replacent la bicyclette au cœur des déplacements du quotidien. Mais le véritable changement intervient quelques années plus tard.

En 1982, VELO DE VILLE déménage au Boschstraße 18 à Altenberge. Ce transfert marque une rupture stratégique dans l’histoire de l’entreprise : elle ne se contente plus de vendre des vélos, elle commence à les fabriquer et surtout à les personnaliser en fonction des besoins de chaque client.

Au fil des années, le site s’agrandit progressivement. Ce qui n’était au départ qu’un entrepôt accueille bientôt une véritable unité de production, des bureaux, un magasin d’usine et surtout une première installation de thermolaquage intégrée. L’arrivée de cette installation constitue une étape majeure puisqu’elle permet à VELO DE VILLE de maîtriser entièrement la finition des cadres et ouvre la voie à une personnalisation beaucoup plus poussée.

À ses débuts, seules quatre couleurs sont proposées : noir, bleu, vert et rouge. Une offre qui peut sembler limitée aujourd’hui, mais qui constitue déjà une petite révolution pour un marché où la majorité des vélos sont vendus dans des configurations figées.
Le thermolaquage est alors réalisé entièrement à la main. Chaque cadre passe entre les mains des opérateurs qui appliquent la peinture avec un véritable savoir-faire artisanal. Soixante ans plus tard, le procédé a considérablement évolué. Des robots assurent désormais l’application de la peinture avec une grande précision, tout en conservant une fabrication locale. Aujourd’hui, plus d’une trentaine de coloris, disponibles en finition mate ou brillante, sont proposés et constituent l’une des signatures de VELO DE VILLE.
Le vélo comme objet personnel : le « Custom Made »
Cette maîtrise de la fabrication permet progressivement à VELO DE VILLE de développer une idée encore peu répandue au début des années 1980 : permettre à chaque client de composer son propre vélo.
Le principe est simple mais novateur. À une époque où la majorité des fabricants proposent des vélos standardisés, la marque allemande fait le pari inverse. Chaque vélo est assemblé uniquement après la commande du client. Cadre, taille, couleur, transmission, accessoires, poste de pilotage… l’acheteur configure son vélo selon ses besoins, sans payer pour des équipements inutiles.

Cette philosophie deviendra plus tard sa véritable signature : le « Custom Made », qui constitue encore aujourd’hui le cœur de l’identité de VELO DE VILLE. L’objectif n’est plus seulement de vendre un vélo, mais de proposer un vélo réellement adapté à son utilisateur, à sa pratique et à ses envies.
Quarante ans plus tard, cette approche reste inchangée. Chaque vélo est toujours fabriqué à la commande au sein d’une usine moderne où chaque poste de travail est organisé pour accompagner cette production à la demande. Un contraste saisissant avec les premiers ateliers où les cadres s’entassaient faute de place, mais une même philosophie demeure : construire le vélo dont le client a réellement besoin, plutôt que celui que le fabricant a déjà en stock.
Cette production à la demande permet également de limiter les stocks tout en offrant un niveau de personnalisation rarement atteint sur le marché. Aujourd’hui encore, ce principe reste au cœur de la philosophie de VELO DE VILLE.
Une marque qui s’est construite au fil des innovations
À la fin des années 1980, VELO DE VILLE développe son premier cadre à tube unique, le PALERMO. Son nom vient d’une erreur d’expédition : les cadres, destinés à Münster/Osnabrück, ont été envoyés par erreur à Palerme. Arrivés finalement à destination, ils ont conservé le nom de cette escale imprévue. Électrifié en 2010 et constamment amélioré depuis, ce concept perdure aujourd’hui avec l’A200.

Si le vélo à la carte est devenu la signature de VELO DE VILLE, la marque n’a jamais cessé d’innover pour améliorer le confort et l’expérience des cyclistes. Plusieurs modèles ont marqué son histoire, à commencer par l’UNA, lancé dans les années 1990. Avec son cadre à enjambement bas particulièrement moderne pour l’époque, il fait figure de précurseur des vélos urbains confortables.

En 1995, il est récompensé lors du European Bicycle Design Contest, décrochant la médaille de bronze européenne et la première place allemande, une distinction qui confirme le savoir-faire de la marque en matière de design et d’ergonomie.
Plus récemment, VELO de VILLE a investi le segment des vélos cargos avec un modèle biporteur, le FR8, et un modèle longtail, le Loady que nous avons testé.
VELO DE VILLE n’a également pas peur d’intégrer les dernières innovations du marché. Le fabricant est tout simplement le premier à avoir proposé un vélo urbain équipé du puissant moteur Avinox M1 sur son Revo-C.
VELO DE VILLE a également attaqué le segment des vélos pliants avec un modèle original, le Foldy, décliné en version musculaire et électrique, un modèle aussi atypique qu’attachant que nous avons également testé.

Enfin, plus récemment, VELO DE VILLE a intégré très rapidement le nouveau moteur Bosch Hub Line sur son vélo HUBᵉ, un modèle léger et toujours complètement personnalisable.

Cette philosophie s’exprime aujourd’hui jusque chez les revendeurs. Les espaces de configuration ont considérablement évolué. Là où quelques tubes de couleurs suffisaient autrefois à illustrer les possibilités de personnalisation, les magasins proposent désormais de véritables espaces d’essai. Selle, cintre, porte-bagages ou accessoires peuvent être comparés directement avant la commande afin de créer un vélo parfaitement adapté à chaque usage.
La personnalisation ne s’arrête pas à un configurateur en ligne. Au fil des années, VELO DE VILLE a également fait évoluer ses espaces de démonstration chez les revendeurs afin de rendre l’expérience plus concrète. Les premiers présentoirs, composés de quelques échantillons de couleurs, ont progressivement laissé place à de véritables murs de configuration.


Les clients peuvent y comparer différentes selles, cintres, porte-bagages ou autres composants, les manipuler et se faire une idée précise du vélo qui correspond le mieux à leurs besoins. Une approche qui traduit la philosophie de la marque : le « Custom Made » ne se limite pas au choix des options, il doit aussi être une expérience vécue avant même de prendre la route.

L’entreprise a également développé de nombreux partenariats locaux. Depuis 2013, VELO DE VILLE participe notamment à une initiative de la ville de Karlsruhe en fabriquant chaque année des vélos destinés aux étudiants nouvellement installés. Plus de 4 260 vélos ont ainsi déjà été remis, chacun étant assemblé individuellement selon la morphologie de son futur propriétaire.
Cette volonté de rester proche des utilisateurs se retrouve aussi sur les salons. Des premiers stands éclairés par de simples projecteurs de chantier aux espaces d’exposition actuels permettant d’essayer les vélos sur place, VELO DE VILLE a fait évoluer sa manière de présenter ses produits sans jamais perdre de vue son objectif : faire découvrir concrètement le concept Custom Made. En 2026, la marque participe à une trentaine de salons professionnels et grand public à travers l’Europe, contre une dizaine seulement au début des années 2010.
Soixante ans après sa création, VELO DE VILLE reste fidèle à son ADN. Produire localement en Allemagne, assembler chaque vélo à la commande et proposer une personnalisation poussée demeurent les piliers d’une marque qui a fait du vélo à la carte son identité bien avant que cette approche ne devienne une tendance.
4260 vélos pour les étudiants de Karlsruhe

Depuis 2013, VELO DE VILLE participe à une initiative originale de la ville de Karlsruhe. Chaque année, en partenariat avec le service scientifique de la ville, la marque fabrique des vélos destinés aux étudiants qui viennent s’installer à Karlsruhe pour leurs études. Ils peuvent tenter de gagner leur vélo lors d’un tirage au sort organisé par la municipalité.
Le modèle a été spécialement conçu pour les étudiants de Karlsruhe à partir du A 200. Une fois les gagnants désignés, chaque vélo est fabriqué à la carte, notamment avec un cadre adapté à la morphologie de son futur propriétaire.
Les vélos sont ensuite remis lors d’un grand événement organisé à la Gartenhalle de Karlsruhe. Depuis le lancement de l’initiative, plus de 4260 vélos ont ainsi été distribués et accompagnent les étudiants dans leurs déplacements quotidiens, entre leur domicile, l’université et les différents quartiers de la ville.
60 ans plus tard, le vélo à la carte plus actuel que jamais
En six décennies, VELO DE VILLE est passé du statut de petit fabricant régional à celui de marque reconnue dans toute l’Europe, sans renier ses origines. Installée à Altenberge, aux portes de Münster (l’une des capitales allemandes du vélo), l’entreprise continue de concevoir et d’assembler ses vélos en Allemagne, en misant sur une fabrication à la demande plutôt que sur la production de masse.
Cette approche trouve aujourd’hui un écho particulier. À l’heure où les cyclistes recherchent des vélos capables de s’adapter à leur pratique – vélotaf, voyage, loisirs ou déplacements quotidiens -, la personnalisation est devenue un véritable critère de choix. Choix de la transmission, de la batterie sur les modèles électriques, du guidon, de la selle, du porte-bagages, des pneus ou encore de la couleur : chaque utilisateur peut créer un vélo qui lui ressemble réellement.
À travers la série « 60 ans – 60 histoires » diffusée sur ses réseaux sociaux, VELO DE VILLE revient sur les grandes étapes de son développement, des premiers ateliers improvisés jusqu’aux lignes de production actuelles, en passant par les modèles emblématiques, les innovations techniques et les femmes et les hommes qui ont façonné l’entreprise.
Un anniversaire qui permet surtout de rappeler qu’avant d’être une tendance, le Custom Made fait partie de l’ADN de VELO DE VILLE depuis plusieurs décennies. Une philosophie qui continue aujourd’hui d’accompagner la marque dans son développement, avec la même ambition qu’en 1966 : construire des vélos pensés pour durer et parfaitement adaptés à ceux qui les utilisent.
VELO DE VILLE aujourd’hui
Aujourd’hui, VELO DE VILLE assemble plusieurs dizaines de milliers de vélos chaque année sur son site d’Altenberge. Avec près de 230 collaborateurs, la marque est présente dans de nombreux pays européens et continue de miser sur une fabrication à la demande plutôt que sur une production standardisée. Cette organisation lui permet de proposer un niveau de personnalisation rare sur le marché, tout en conservant une production locale.
L’entreprise continue d’évoluer et d’innover en proposant chaque année de nouveaux modèles et en suivant les tendances du marché. On pense bien évidemment au vélos cargos biporteurs FR8 et longtail Loady, au vélo pliant Foldy ou bien encore au premier vélo urbain équipé du moteur Avinox M1, le Revo-C que l’on a testé récemment.
Un logo qui raconte aussi l’histoire de la marque
L’évolution de VELO DE VILLE se reflète également dans son identité visuelle. Depuis les premiers lettrages dessinés à la main jusqu’au logo actuel, chaque évolution accompagne les différentes étapes de développement de l’entreprise.

À mesure que la marque est passée d’AT Zweirad à VELO DE VILLE, son identité graphique s’est progressivement modernisée. Les éléments décoratifs ont laissé place à un design plus épuré, avec un logo plus lisible, plus affirmé et plus facilement identifiable.
Pour VELO DE VILLE, cette évolution n’est pas qu’une question de design : elle symbolise le chemin parcouru en près de 60 ans, tout en conservant les valeurs qui accompagnent la marque depuis ses débuts.
- Publié le 3 octobre 2026

