Transmissions

SunRace Sturmey-Archer doit accélérer pour résister à la concurrence chinoise

Après plus de 50 ans à la tête de SunRace Sturmey-Archer, son fondateur Tony Hsu passe le relais à sa fille Sandy Hsu. Une transition qui intervient alors que le fabricant de composants doit faire face à une concurrence chinoise croissante et à des difficultés financières.

En bref :

  • Sandy Hsu succède à son père Tony Hsu à la présidence de SunRace Sturmey-Archer.
  • Après une année déficitaire malgré une progression de son chiffre d’affaires en 2025, le fabricant taïwanais veut alléger son organisation et renforcer son contrôle qualité face à un marché de plus en plus concurrentiel.
  • SunRace Sturmey-Archer est en concurrence directe avec les acteurs chinois (Bafang pour les moyeux et les nouveaux venus dans le monde du dérailleur Wheeltop et L-Twoo).

Le conseil d’administration de SunRace Sturmey-Archer a approuvé à l’unanimité la nomination de Sandy Hsu à sa présidence. Elle succède ainsi à son père Tony Hsu, fondateur de l’entreprise il y a 54 ans.

La nouvelle dirigeante connaît parfaitement l’entreprise puisqu’elle travaille chez SunRace depuis plus de 30 ans. Elle a notamment dirigé plusieurs départements stratégiques, dont les finances, les affaires juridiques internationales et les opérations mondiales. Elle occupait jusqu’ici les fonctions de vice-présidente et de porte-parole du groupe et siège au conseil d’administration depuis plus de cinq ans.

Cette succession marque donc davantage une continuité familiale qu’une rupture. Elle intervient néanmoins à un moment important pour le fabricant de composants de transmission, confronté à un marché de plus en plus concurrentiel.

Une gestion plus légère pour faire face aux difficultés

Sandy Hsu annonce vouloir engager une transition vers une organisation plus légère et plus rigoureuse. « Nous mettons en œuvre une transition très disciplinée vers une gestion allégée, des standards de contrôle qualité renforcés et une équipe proactive pour résoudre les difficultés liées à la chaîne d’approvisionnement et aux problématiques juridiques internationales », explique-t-elle.
SunRace Sturmey-Archer doit notamment composer avec l’arrivée de nouveaux fabricants chinois, qui accentuent la pression sur le marché des composants de transmission.

Les résultats financiers montrent également que l’entreprise traverse une période compliquée. En 2025, son chiffre d’affaires opérationnel s’est établi à 771 millions de dollars taïwanais, soit environ 20,7 millions d’euros, contre 720,7 millions de dollars taïwanais en 2024. Malgré cette progression, SunRace a enregistré une perte opérationnelle nette de 51,5 millions de dollars taïwanais, environ 1,4 million d’euros.

La situation s’est même dégradée au premier semestre 2026, avec un chiffre d’affaires opérationnel de 329,8 millions de dollars taïwanais, soit environ 8,9 millions d’euros, et une perte opérationnelle nette de 55 millions de dollars taïwanais, environ 1,5 million d’euros.

Une nouvelle génération aux commandes

Tony Hsu se dit néanmoins confiant dans la capacité de sa fille à poursuivre le développement de l’entreprise. Il souligne notamment son expérience opérationnelle acquise au cours de trois décennies passées au sein de SunRace et sa connaissance des équipes et des différents marchés.

La nouvelle présidente entend s’appuyer sur l’héritage technique de l’entreprise tout en accélérant sa transformation. Après plus de cinq décennies consacrées au développement de composants de transmission et à la propriété intellectuelle, SunRace Sturmey-Archer devra désormais gagner en efficacité pour rester compétitif face aux nouveaux acteurs du marché.

Cette passation de pouvoir ouvre ainsi une nouvelle étape pour le groupe taïwanais, avec une priorité affichée sur la maîtrise des coûts, le contrôle qualité et la gestion des difficultés liées à la chaîne d’approvisionnement.

Un petit acteur qui veut devenir grand

SunRace Sturmey-Archer reste un acteur de taille plus modeste face aux géants Shimano et SRAM, qui dominent largement le marché des transmissions, mais le groupe conserve une position particulière grâce à son offre de composants milieu de gamme et à l’expertise historique de Sturmey-Archer dans les moyeux à vitesses intégrées.

Sur ce dernier marché, la concurrence vient notamment de Shimano avec ses gammes Nexus et Alfine, mais aussi de spécialistes comme Rohloff, Enviolo ou Pinion, qui occupent des segments plus premium ou technologiques. SunRace dispose toutefois d’un atout important avec une présence à la fois en première monte, auprès des fabricants de vélos, et sur le marché de la rechange. Bastille propose par exemple son vélo pliant à grandes roues (que l’on a testé) avec un moyeu Sturmey Archer à 3 vitesses ou un moyeu Shimnao Nexus 7 (plus lourd). On a également testé le vélo enfant Early Rider Belter 16 Auto qui intègre un moyeu Sturmey Archer avec deux vitesses automatiques.

Mais l’entreprise doit désormais faire face à la concurrence chinoise et notamment Bafang avec ses moyeux à vitesses intégrées automatique que l’on a déjà pu tester sur les vélos C du Cycle Moby et Nakamura Crossover GT, tous les deux équipés d’un moyeux à 3 vitesses automatiques.

Du côté des transmissions classiques, par dérailleur, la marque SunRace est beaucoup plus confidentielle et se retrouve rarement en première monte. Elle est clairement en concurrence direct avec les marques chinoises également en manque de notoriété comme Wheeltop ou L-Twoo.

Son enjeu sera désormais de préserver cette position face à des concurrents toujours plus nombreux et à la montée en puissance de fabricants asiatiques proposant des composants particulièrement compétitifs sur les prix.

Source : Bike Europe

  • Publié le 27 août 2026

Amateur de vélo aussi à l'aise sur une roue que sur deux. Mon objectif : informer avec passion.

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