Vélos ville électriques

Vélo électrique à 699 € chez Action : le prix est imbattable, mais le SAV inquiète

Le discounter Action commercialise un vélo électrique à seulement 700 euros en Belgique et aux Pays-Bas. Si son tarif est difficile à concurrencer, sa fiche technique révèle surtout un vélo à l’équipement très basique. Mais le problème est ailleurs avec l’absence d’atelier et un service après-vente limité.

En bref :

  • Action propose le Wayscral E200 à 700 euros en Belgique et aux Pays-Bas.
  • Moteur Bafang 250 W, transmission Shimano Altus 7 vitesses et freins à patins : un équipement d’entrée de gamme.
  • Le suivi après-vente et la réparabilité à long terme restent les principales interrogations.

Le Wayscral E200 est vendu par Action, mais il ne s’agit pas d’un vélo conçu par l’enseigne. Le modèle appartient à Wayscral, la marque du groupe Mobivia spécialisée dans les solutions de mobilité électrique. À 700 euros, il se positionne parmi les vélos électriques les moins chers disponibles sur le marché.

La fiche technique explique en grande partie ce tarif. Le moteur Bafang de 250 W est placé dans le moyeu arrière et développe une assistance gérée par un simple capteur de rotation. Avec ce type de capteur, il est très difficile de gérer l’allure à basse vitesse puisque le moteur propulse le vélo dès que l’on tourne les pédales, que l’on appuie fort ou non, ne change rien à la puissance délivrée par le moteur, ce qui est le cas avec un capteur de couple.

La transmission Shimano Altus à sept vitesses appartient à l’entrée de gamme du fabricant japonais, mais devrait tout de même suffire avec un moteur placé dans le moyeu qui n’applique pas les mêmes contraintes qu’un moteur pédalier sur la chaîne. Le vélo exploite également des freins V-Brake à patins, là où la plupart des vélos électriques modernes adoptent désormais des freins à disque, souvent hydrauliques.

Avec ses 25 kg et son cadre proposé dans une seule taille, l’E200 ne cherche donc pas à rivaliser avec les vélos de ville plus sophistiqués. Il s’agit avant tout d’un moyen de transport électrique simple, destiné à des trajets quotidiens relativement tranquilles.

Des composants faciles à trouver, mais pas forcément faciles à faire réparer

Le recours à des composants connus peut toutefois être vu comme un avantage. Bafang équipe de nombreux vélos électriques et Shimano dispose d’un réseau de distribution particulièrement développé. Le dérailleur Altus, par exemple, ne devrait pas poser de problème particulier à remplacer.

Mais cette approche atteint rapidement ses limites. Un vélo électrique ne se résume pas à son moteur et à son dérailleur. La batterie de 468 Wh est une pièce autrement plus importante, beaucoup plus coûteuse et surtout spécifique au vélo. Or, les informations disponibles sur celle-ci restent limitées.

C’est là que se situe, à nos yeux, le principal problème de ce type de vélo. Acheter un VAE à 700 euros est une chose, pouvoir le faire entretenir et réparer pendant plusieurs années en est une autre. Un atelier indépendant n’a pas forcément envie de consacrer du temps à diagnostiquer un vélo électrique à ce prix-là, d’autant que le tarif de la main-d’œuvre va rapidement décourager les clients potentiels (entre 55 et 80 € de l’heure), surtout lorsque certaines pièces électriques ou propriétaires deviennent difficiles à obtenir.

Le problème n’est donc pas nécessairement la qualité intrinsèque de chaque composant, mais l’écosystème autour du vélo. Une transmission ou un pneu se remplace facilement. Une batterie, un contrôleur, un faisceau électrique ou certains éléments électroniques sont une tout autre affaire.

Le cas Lidl

Ce n’est d’ailleurs pas une situation propre à Action. Nous avons pu le constater lors de notre test du Lidl Crivit Y.3, un vélo électrique de ville proposé lui aussi avec un rapport équipement/prix particulièrement intéressant.

Le Crivit Y.3 bénéficie pourtant d’une fiche technique beaucoup plus intéressante. Il reçoit notamment des freins à disque hydrauliques Shimano MT200 et des pneus Schwalbe Big Ben, deux équipements plus qualitatifs que ceux du Wayscral E200, mais le modèle Lidl est vendu beaucoup plus cher (1700 € hors promotion) ce qui le place en concurrence avec de nombreux modèles, notamment des modèles reconditionnés avec moteur pédalier (Bosch, Shimano). Cela ne l’empêche pas de souffrir d’un problème similaire : le suivi du vélo et le service après-vente peuvent rapidement devenir le point faible de ce type de distribution.

Pour l’E200, Action indique faire appel à FSN Plus pour assurer le service après-vente, notamment aux Pays-Bas et en Belgique. Le prestataire prend en charge les réparations, l’entretien et les demandes de garantie et dispose d’un réseau de techniciens. C’est plutôt rassurant sur le papier, mais cela ne garantit pas pour autant qu’un propriétaire français pourra faire entretenir facilement son vélo pendant toute sa durée de vie.

Le vrai coût d’un vélo à 700 euros

Le prix est donc particulièrement séduisant, mais il ne faut pas regarder uniquement le montant affiché sur l’étiquette. Un VAE est un produit qui doit pouvoir être entretenu, réparé et approvisionné en pièces pendant plusieurs années.

À 700 euros, le Wayscral E200 fait nécessairement des compromis. Ce n’est pas forcément rédhibitoire pour quelqu’un qui cherche un vélo simple pour se balader le week-end ou des déplacements occasionnels. En revanche, ce vélo est à proscrire pour un usage quotidien notamment pour le vélotaf. Il montrera rapidement ses limites et pourrait même dégoûter certains pratiquants que se mettent au vélo. De plus, si le réseau après-vente est insuffisant et que les réparateurs refusent de prendre en charge le vélo, les 700 euros peuvent rapidement devenir une fausse bonne affaire.

C’est finalement la question que devraient se poser les acheteurs avant de craquer pour les VAE ultra-discount : non pas seulement « que vaut ce vélo à 700 euros ? », mais surtout « est-ce que ce vélo peut être suivi et réparé facilement près de chez moi ? ».

Les alternatives pas cher avec un réseau et une garantie

Les deux alternatives que l’on peut vous conseiller si vous cherchez véritablement un vélo électrique abordable sont les modèles d’entrée de gamme de Decathlon et Intersport. Ces enseignes ont pignon sur rue et bénéficient toujours d’un service atelier pour répare et entretenir le vélo au fil des mois. On peut vous conseiller le Decathlon Rockrider E-ACTV 100 vendu 999 €, un modèle que nous avons testé et qui a de solides arguments. On peut également citer le Nakamura Crossover E que nous n’avons pas testé, mais qui se rapproche beaucoup de l’offre Decathlon. Par rapport au modèle Wayscral d’Action, ces vélos disposent de freins à disque (à câble pour le Decathlon, hydraulique pour le Nakamura).

Source : Bright.nl via Frandroid

  • Publié le 14 septembre 2026

Amateur de vélo aussi à l'aise sur une roue que sur deux. Mon objectif : informer avec passion.

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