Le premier vélo autonome ? L’AutoBike rentre tout seul à la station après un trajet en libre-service
Le prototype AutoBike développé par des étudiants de l’ETH Zurich pourrait simplifier et automatiser le retour des vélos en libre-service en station tout en réduisant les coûts consacrés à la maintenance.

En bref :
- Dix étudiants de l’ETH Zurich ont conçu l’AutoBike, un vélo capable de rejoindre seul une station de vélos en libre-service.
- La redistribution représente environ 30 % des coûts d’exploitation d’un service de vélos partagés.
- Le prototype a réalisé ses premiers essais autonomes, mais il reste à voir comment intégrer ses vélos dans la ville (il faudra probablement légiférer). En attentant, Autobike cherche des partenaires privées pour tester son concept sur une flotte pilote (grande entreprise).
Dix étudiants en génie mécanique de l’ETH Zurich, en Suisse, ont récemment créé ce qu’ils appellent l’AutoBike. Ce vélo est conçu pour fonctionner comme un vélo classique, tout en étant capable de rejoindre de manière autonome une station de vélos en libre-service ou un emplacement spécifique grâce à de petites roulettes qui se déploient en mode autonome.

Il leur a fallu neuf mois pour passer d’un simple concept à un prototype fonctionnel. Ils estiment que leur invention pourrait transformer le secteur du vélo en libre-service, mais si, comme pour les voitures autonomes, il reste à encadrer le fonctionnement de l’autonomie de ces nouveaux robots.
Un vélo autonome pour faire des économies
Selon Markus Bacher, PDG de PubliBike, le plus grand réseau suisse de vélos en libre-service, « la redistribution des vélos représente l’un de nos principaux défis opérationnels ». Les trajets à sens unique et les itinéraires très fréquentés peuvent en effet entraîner une mauvaise répartition des vélos : certaines stations sont pleines tandis que d’autres sont vides. Les utilisateurs risquent alors de ne pas trouver de vélo lorsqu’ils en ont besoin.

Pour résoudre ce problème, les opérateurs de vélos en libre-service font traditionnellement appel à des équipes qui utilisent des camionnettes pour récupérer les vélos et les redistribuer afin de mieux équilibrer leur présence sur le territoire. Cette opération prend du temps et de l’argent. Dans certaines zones, les opérateurs peuvent même être sanctionnés lorsque la répartition des vélos est insuffisante.
Selon les données communiquées par l’équipe AutoBike, le coût annuel d’exploitation d’un seul vélo en libre-service est estimé à environ 2 200 francs suisses, soit 2 360 €. Environ 30 % de cette somme serait consacrée à la redistribution des vélos.
L’AutoBike ne supprimerait pas totalement le besoin de personnel : les vélos nécessitent toujours un entretien, et les modèles électriques doivent être rechargés ou recevoir une batterie chargée. Mais ses concepteurs estiment que cette technologie pourrait réduire significativement les coûts en limitant le nombre d’heures de travail et de véhicules nécessaires à la redistribution. On pourrait également imaginer que le vélo pourrait retourner seul à l’atelier le plus proche pour changer de batterie ou de petites réparations signalées par les utilisateurs.
Une meilleure répartition permettrait également d’améliorer la disponibilité des vélos et, potentiellement, de réduire de moitié la taille des flottes nécessaires pour servir le même nombre d’utilisateurs.
Des petites roulettes et un radar pour s’émanciper
L’AutoBike se conduit comme un vélo classique en libre-service. Les modules de direction et de freinage pour la conduite autonomes sont dissimulés dans le cadre tout comme les petites roues rétractables qui se replient pour ne pas gêner le cycliste. L’ordinateur de bord, la batterie et les systèmes de sécurité sont regroupés dans un boîtier placé à l’arrière du vélo.

L’utilisateur emprunte le vélo, se rend à destination et le stationne comme n’importe quel autre vélo en libre-service. Les roues de stabilisation se déploient afin de maintenir son équilibre à l’arrêt. La suite est bien différente : l’AutoBike peut repartir de lui-même pour rejoindre une station qui manque de vélo ou dans un atelier de maintenance par exemple. Ces roues, qui servent de béquille, sont également utilisées pour stabiliser le vélo lorsqu’il se déplace tout seul.
Un radar LiDAR à 360°, que l’on retrouve sur les voitures ou les drones pour la conduite autonome, est exploité pour cartographier l’environnement, détecter les personnes et les obstacles, puis calculer un itinéraire permettant de les éviter en toute sécurité. L’AutoBike est conçu pour avancer à une vitesse comparable à celle d’un piéton. Sur le papier, la technologie est impressionnante.
Pas encore légal
C’est là le principal frein à l’adoption des véhicules autonomes que ce soit des voitures, des robots livreurs ou des vélos qui peuvent se déplacer seuls : leur autorisation de déplacement dépend de la législation de chaque pays.

Selon l’équipe AutoBike, la Suisse autorise depuis le 1er mars 2025 les véhicules sans conducteur dans le cadre de son ordonnance sur la conduite automatisée, sur des itinéraires approuvés par les cantons et sous la supervision à distance d’un opérateur.
Les concepteurs indiquent être en contact avec l’Office fédéral des routes suisse (OFROU) afin de déterminer comment cette réglementation pourrait s’appliquer à leur projet. Les règles variant d’un pays à l’autre, ils prévoient de commencer les essais sur des terrains privés et dans des zones autorisées.
Des économies substantielles, mais pas pour tout de suite
L’AutoBike vise directement le marché du vélo en libre-service. Ses concepteurs estiment que leur technologie pourrait réduire la. taille des flottes et diminuer sensiblement le coût d’exploitation de chaque vélo. Le site officiel du projet propose même un calculateur permettant aux opérateurs d’estimer les économies potentielles liées à l’utilisation de cette technologie. Sur la base des hypothèses retenues, l’économie pourrait atteindre 1,9 million d’euros pour une flotte de 2 000 vélos. Il s’agit toutefois d’une estimation théorique, et non d’une économie déjà constatée sur une flotte en exploitation.
Pour autant, il ne faut pas s’attendre à voir prochainement des flottes entières de vélos en libre-service circuler seules dans les rues. L’AutoBike reste pour l’instant à l’état de prototype. L’équipe indique néanmoins avoir terminé ses premiers essais de déplacements autonomes et discuter avec des partenaires potentiels pour organiser des programmes pilotes.
Source : Bikerumors
- Publié le 14 octobre 2026