Haibike et Winora sauvées de la faillite d’Accell, mais au prix de 73 emplois
Deux nouvelles marques historiques d’Accell, Haibike et Winora, vont passer sous le contrôle de Bike Tree, liée au groupe Dutech. L’activité doit se poursuivre à Sennfeld, en Allemagne, mais la reprise s’accompagne de 73 suppressions de postes.

En bref :
- Bike Tree, filiale du groupe Dutech, reprend les marques Haibike et Winora ainsi qu’une partie des actifs de Winora Staiger.
- 87 salariés doivent conserver leur emploi à Sennfeld, tandis que 73 postes disparaissent.
- Ghost reste sans repreneur annoncé, tout comme l’avenir de Lapierre n’est toujours pas définitivement assuré.
Haibike et Winora passent chez Dutech
L’avenir de Haibike et Winora s’éclaircit enfin. Un accord de reprise a été signé le 29 octobre 2026 entre Winora et Bike Tree, une société créée dans l’environnement de Tri Star et Dutech. Il intervient le jour même où le tribunal de Schweinfurt a officiellement ouvert la procédure d’insolvabilité de Winora Staiger.
Il ne s’agit toutefois pas du rachat de la société Winora Staiger elle-même. L’opération prend la forme d’une cession d’actifs. Bike Tree récupère les marques Haibike et Winora, les vélos et composants présents en stock, certains équipements ainsi que le savoir-faire technique et commercial nécessaire à la poursuite de l’activité. La finalisation définitive de l’opération est attendue début novembre.
La production et les activités doivent continuer depuis le site historique de Sennfeld, en Bavière. Pour les deux marques, cette solution évite donc la disparition pure et simple après plusieurs mois d’incertitude provoqués par l’effondrement d’Accell.
87 emplois préservés, mais 73 suppressions de postes
La reprise ne se fait toutefois pas sans casse sociale. Au début de la procédure d’insolvabilité, Winora Staiger employait encore 187 personnes. Bike Tree prévoit d’en reprendre 87, tandis que 73 postes seront supprimés. Les 27 salariés restants avaient déjà quitté l’entreprise entre-temps, notamment par démission ou à la suite d’autres départs. Les sept postes d’apprentissage doivent être conservés.
L’activité se poursuivra donc avec des effectifs considérablement réduits. C’est un élément important derrière l’annonce du « sauvetage » des deux marques : Haibike et Winora continueront bien d’exister, mais l’organisation qui les porte sera sensiblement plus petite que celle qui opérait avant la crise.
Dutech récupère une nouvelle pièce de l’ancien Accell
Cette opération est loin d’être isolée. Dutech avait déjà tenté de reprendre Accell Group dans son ensemble avant la faillite de l’entreprise cet été. Les discussions avaient finalement échoué, avant que six sociétés néerlandaises d’Accell soient déclarées en faillite le 11 août 2026.
Depuis, le groupe singapourien revient progressivement par morceaux. Début octobre, il a repris plusieurs actifs néerlandais d’Accell, notamment les droits sur Batavus, Koga, Babboe, Carqon, Loekie et XLC, ainsi que les activités industrielles du groupe en Hongrie.
Avec Haibike et Winora, Dutech renforce encore considérablement son portefeuille vélo. Le groupe possède déjà, via ses différentes structures, des marques comme Prophete, Kreidler ou VSF Fahrradmanufaktur. Il est donc en train de reconstituer une partie importante de ce qui faisait la puissance d’Accell, mais au sein d’une organisation profondément différente.
Accell se démonte désormais marque par marque
Cette succession de ventes confirme surtout que l’ancien Accell Group ne renaîtra pas sous sa forme précédente. Le géant européen est progressivement démantelé, avec des actifs répartis entre plusieurs propriétaires.
Sparta a ainsi pris une autre direction. La marque néerlandaise fondée en 1917 a été reprise mi-octobre par Tenways, qui récupère son nom, sa propriété intellectuelle et la documentation de production de plusieurs modèles. Cette opération, qui permet à la marque historique d’éviter sa disparition après qu’Accell avait envisagé quelques mois auparavant de la fusionner avec Batavus.
Dutech conserve néanmoins la plus grosse partie des anciennes marques néerlandaises et ajoute désormais deux acteurs allemands majeurs. Ce découpage est assez éloigné du scénario envisagé encore cet été, lorsque Dutech négociait une reprise globale d’Accell.
Les garanties des anciens vélos restent à clarifier
Pour les propriétaires de vélos Haibike ou Winora, la reprise ne règle pas encore toutes les questions pratiques. Les informations publiées autour de l’opération ne précisent notamment pas si Bike Tree reprendra les garanties commerciales attachées aux vélos vendus avant la cession.
Ce point est directement lié à la structure de l’opération. Bike Tree achète des actifs, des marques et des stocks, mais ne reprend pas juridiquement Winora Staiger dans son intégralité. Les obligations antérieures ne sont donc pas automatiquement transférées au nouveau propriétaire. L’organisation du service après-vente et l’approvisionnement en certaines pièces spécifiques devront encore être précisés.
Pour les futurs vélos, la situation paraît en revanche plus lisible : Bike Tree annonce vouloir poursuivre et développer les deux marques depuis Sennfeld.
Lapierre toujours à part
Toutes les marques allemandes n’ont cependant pas trouvé de solution. Ghost ne fait pas partie du contrat conclu avec Bike Tree. Sa procédure d’insolvabilité, comme celle du distributeur de pièces Engelbert Wiener Bike Parts, a été ouverte au 1er novembre sans qu’un repreneur soit annoncé.
Reste enfin le cas de Lapierre. La marque française suit sa propre procédure depuis son placement en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Dijon le 25 août. Elle ne fait pas partie des actifs repris par Dutech dans les opérations néerlandaises ou allemandes.
Lapierre cherche depuis plusieurs mois un investisseur capable de garantir la poursuite de son activité et son maintien à Dijon. L’entreprise employait 106 personnes et avait réalisé 99,1 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Son avenir reste donc distinct de celui de Haibike et Winora.
Source : Nieuwsfiets
- Publié le 3 novembre 2026
Journaliste à vélo, expatrié dans le Luberon. Persuadé d'être un sniper de l'humour, qui ne rate jamais sa cible.