Le prometteur moteur ZF Centrix : c’est fini ?
Sur fond de ralentissement du marché des véhicules électriques, ZF abandonne plusieurs projets dans l’électromobilité jugés non rentables dont la division micromobilité et son moteur central compact ZF Centrix présenté en 2024 à L’Eurobike.

En bref :
- ZF abandonne plusieurs projets liés à l’électromobilité jugés non rentables, dont la division micromobilité.
- ZF cherche à vendre ses brevets et sa ligne de production pour le moteur ZF Centrix.
- Le marché des moteurs pour vélo reste très concurrentiel avec plus d’une quinzaine de fabricants très actifs.
L’équipementier automobile allemand ZF amorce un nouveau virage stratégique. Confronté au ralentissement du marché des véhicules électriques, le groupe a annoncé l’arrêt anticipé de plusieurs projets liés à l’électromobilité, faute de rentabilité suffisante.
Dans un communiqué publié vendredi 23 janvier, ZF explique que la montée en puissance plus lente que prévu du marché électrique l’a conduit à revoir ses investissements. Cette décision doit permettre au groupe de réduire ses coûts et de retrouver une trajectoire financière plus solide à moyen terme.

« Cette décision nous libère d’un fardeau et constitue le socle de nouvelles marges de manœuvre et d’une rentabilité durablement améliorée dans les années à venir », a déclaré le directeur financier Michael Frick.
L’abandon de ces programmes entraînera toutefois une charge exceptionnelle sur les comptes, dont le montant n’a pas été précisé. ZF indique que cette décision aura un impact négatif sur ses résultats 2025, avec une perte comptable attendue.
La fin du moteur ZF Centrix ?
ZF a annoncé la fermeture de sa division micromobilité qui développait le moteur ZF Centrix présenté lors de l’Eurobike 2024. En 2025, le moteur avait été mis à jour pour atteindre un couple de 105 Nm pour 750 W de puissance en crête tout en maintenant des dimensions très compactes et un poids de 2,5 kg.
Cette division de micromobilité est jugée non rentable et sans gros client potentiel. il faut dire que les gros clients potentiels à savoir les grands groupes de cycles comme Pon (Cervélo, Cannondale, Gazelle, Santa Cruz) et Accell (Trek, Winora, Lapierre, Haibike, Ghost, Raleigh, XLC, etc.) sont toujours dans une situation compliquée, et ne sont probablement pas prêts à investir dans l’intégration d’un nouveau moteur.
Le fabricant Raymond, qui était l’un des tout premiers partenaires de ZF pour la sortie de son moteur, n’a présenté aucun nouveau vélo utilisant le ZF Centrix en 2026. Le fabricant s’est recentré sur les motorisations Bosch et Yamaha.
Pour autant, le moteur ZF Centrix n’est pas encore complètement enterré. ZF chercherait à vendre les brevets et la ligne de montage de son moteur pour vélo. Les partenaires, dont Raymond et Ultima Mobility (qui propose un gravel équipé du moteur ZF), ont reçu une formation spécifique et des pièces pour assurer le service après-vente pendant 24 mois.
Le moteur de vélo : un marché très concurrentiel
On ne compte plus le nombre de fabricants de moteurs pour vélo. Outre les incontournables Bosch, Shimano, Yamaha et Avinox (DJI), on dénombre quelques fabricants français, comme Owuru (Decathlon) avec son système de variation continue ou encore Valeo avec son Cyclee et sa boite de vitesses automatique intégrée. Plus récemment, l’allemand Pinion a également rejoint le marché avec un moteur avec de 8 à 12 vitesses intégrées et le Belge Intradrive a levé 600 000 €. Quand dans le même temps, l’autre fabricant allemand Brose a été revendu à Yamaha.

Certains fabricants sont spécialisés dans les moteurs très légers, comme les Allemands TQ et Fazua, le Suisse Maxon ou encore Mahle. Enfin, si l’on ajoute les fabricants chinois, comme Ananda ou Bafang, et les projets de moteurs prometteurs, comme celui du Mavic X-Tend, cela commence à faire beaucoup d’acteurs sur le marché. La compétition est rude et tous les fabricants de moteurs ne survivront probablement pas.
- Publié le 30 janvier 2026