O2feel sort du redressement judiciaire et repart avec de belles ambitions
Placée en redressement judiciaire en juin, O2feel évite la disparition. Le tribunal a validé une reprise interne portée par une partie de la direction et des investisseurs historiques. La marque conserve son nom, mais change de structure et de stratégie.

En bref :
- O2feel sort du redressement judiciaire grâce à une reprise interne soutenue par ses investisseurs historiques.
- La marque poursuit son activité sous une nouvelle société, Cyclofeel, sans changement pour les clients.
- O2feel recentre désormais sa gamme sur trois marchés : urbain, trekking et cargo.
Le feuilleton judiciaire d’O2feel touche à sa fin. Placée en redressement judiciaire le 15 juin 2026, la marque lilloise a finalement obtenu une solution de reprise. Par jugement définitif rendu le 23 septembre, le tribunal a retenu l’offre déposée par une partie de sa direction actuelle, soutenue financièrement par plusieurs investisseurs historiques.
L’activité se poursuit désormais sous une nouvelle entité juridique baptisée Cyclofeel. Pour les clients, le changement devrait rester largement invisible : la marque O2feel est conservée, tout comme les équipes, le réseau commercial et l’accompagnement après-vente.
Cette reprise intervient après plusieurs années compliquées. Comme une partie de l’industrie du cycle, O2feel avait fortement investi après le boom des ventes de vélos électriques lié au Covid. L’entrée majoritaire de Naxicap au capital en 2021 avait accompagné cette phase d’expansion, avec notamment des investissements industriels importants. Mais le marché s’est retourné à partir de la fin 2023. Les ventes ont reculé en 2024 et 2025 alors que les charges financières et les investissements engagés continuaient de peser sur l’entreprise.
À cette situation s’est ajoutée la faillite de l’assembleur d’O2feel en Europe de l’Est. La marque a dû retrouver un nouveau partenaire industriel, provoquant environ six mois de retard dans la production. Un problème particulièrement pénalisant pour une entreprise dont la trésorerie était déjà sous pression.
Une reprise portée de l’intérieur
La nouvelle structure permet donc de repartir avec un passif assaini, tout en conservant les compétences accumulées depuis la création d’O2feel en 2009. Anthony Lepoutre, jusqu’ici directeur des opérations, prend la direction générale. Le fondateur Grégoire Brunet quitte quant à lui ses fonctions opérationnelles, mais reste associé au projet via le pool d’investisseurs et doit continuer à apporter son soutien stratégique.
Ce type de reprise par des dirigeants déjà présents dans l’entreprise n’est pas totalement inédit dans l’univers du vélo. En 2025, d’anciens salariés de K’Livéo avaient ainsi relancé en Scop l’activité de livraison à vélo après la liquidation de leur entreprise. Un exemple différent, mais qui montre l’intérêt de préserver un savoir-faire et une activité en s’appuyant sur les équipes existantes.
Une gamme recentrée pour repartir
O2feel ne compte toutefois pas repartir comme avant. La nouvelle stratégie prévoit un recentrage sur trois familles historiques : urbain, trekking et cargo. Le Duma, testé par nos soins, mais également le Buzz, midtail très convaincant, doivent notamment incarner ce repositionnement avec une approche combinant autonomie, confort et prix contenu.
La reprise judiciaire constitue donc une étape importante, mais pas une garantie de réussite. O2feel doit désormais démontrer que cette structure plus légère, cette gamme resserrée et cette nouvelle gouvernance peuvent permettre à la marque de retrouver une trajectoire durable dans un marché du vélo électrique encore sous pression.
- Publié le 1 octobre 2026
En banlieue parisienne, ce quadra père de 2 enfants pratique le vélo au quotidien de manière (assez) sportive, sur route et en dehors. A des envies de longues randonnées à la découverte de nouveaux paysages.

