Volkswagen lance ses vélos électriques Smart View et mise sur la sécurité pour séduire les cyclistes
Volkswagen se fait remarquer dans le vélo électrique avec une gamme premium développée avec le spécialiste n+. Plus qu’un simple exercice de licence, ces VAE misent sur les technologies de sécurité issues de l’automobile pour se distinguer.

En bref :
- Volkswagen s’associe au fabricant premium n+ pour lancer une gamme de VAE urbains centrée sur la sécurité active.
- Caméra arrière, radar, éclairage intelligent et accessoires connectés constituent l’écosystème Smart View.
- Une stratégie ambitieuse qui rapproche l’automobile et le vélo, malgré un positionnement tarifaire très haut de gamme.
Après Mercedes-AMG, Ford ou encore Aston Martin, c’est au tour de Volkswagen de confier son image à n+, spécialiste des vélos électriques premium sous licence. Le constructeur allemand dévoile ainsi une nouvelle gamme de VAE développée autour d’un objectif bien précis : appliquer au vélo les technologies de sécurité qui équipent désormais ses automobiles.
Volkswagen veut transposer la sécurité automobile au vélo électrique
Le choix de n+ n’a rien d’anodin. Basée entre les États-Unis et l’Australie, l’entreprise s’est fait connaître en développant des vélos haut de gamme sous licence officielle pour plusieurs grands constructeurs automobiles. Son savoir-faire consiste à traduire l’identité d’une marque automobile en un produit cohérent sur deux roues, sans se limiter à un simple exercice de style. Selon son fondateur Damian Cook, c’est justement cette capacité d’innovation qui a convaincu Volkswagen de lui confier ce projet.
Nous n’avions pourtant pas été tendres avec le vélo Mercedes-AMG, pas franchement sexy et au tarif complètement déconnecté de ses spécifications techniques réelles.

Chez Volkswagen, la nouvelle gamme comprend deux modèles : Sport et Crossover, mais c’est surtout leur environnement technologique qui retient l’attention.
Au cœur du dispositif se trouve Smart View, un système inédit associant une caméra HD arrière et un radar capables de surveiller le trafic arrivant derrière le cycliste. Les informations sont affichées en temps réel sur un écran fixé au guidon afin d’éviter au cycliste de quitter la route des yeux lorsqu’il contrôle son environnement.
Un véritable écosystème de sécurité… mais un pari commercial
Volkswagen va plus loin avec un éclairage directement intégré au cadre. Une bande LED fonctionne comme un feu de jour permanent, tandis que les feux deviennent plus intenses lors des freinages et affichent des clignotants orange pour annoncer les changements de direction. L’objectif est d’améliorer la lisibilité du cycliste auprès des autres usagers, une approche directement inspirée des automobiles selon la marque, mais qui n’ont finalement rien de réellement novateur au-delà de l’effort de design.


Plus inhabituel, l’écosystème comprend également un casque connecté capable de détecter une chute et d’alerter automatiquement des proches, ainsi que des lunettes connectées affichant navigation, vitesse, autonomie ou alertes de dépassement directement dans le champ de vision. Développées avec des ingénieurs issus du monde des afficheurs tête haute aéronautiques, elles constituent probablement l’élément le plus spectaculaire de cette offre. Mais là encore, c’est quelque chose de déjà vu, en passe d’ailleurs d’être directement intégré à l’écosystème de Bosch.


Cette approche tranche néanmoins avec celle de nombreux fabricants de VAE, qui concentrent encore leur communication sur la puissance du moteur ou la capacité de la batterie. Volkswagen fait le pari que la prochaine grande évolution du vélo électrique passera avant tout par la sécurité active et la prévention des accidents. Et pour le coup, sans être aussi radical, nous ne pouvons que reconnaître que les innovations et la communication autour de la sécurité à vélo deviennent de véritables arguments.

Reste que plusieurs obstacles pourraient freiner l’adoption de ces VAE signés Volkswagen. Le premier est évidemment le prix : les vélos débuteront autour de 3999 dollars, tandis que les versions les mieux équipées dépasseront 5300 dollars, sans compter le casque et les lunettes connectées vendus séparément, environ 699 dollars le pack (offert aux premiers acheteurs).
L’autre interrogation concerne l’acceptation par les cyclistes. Tous ne souhaiteront pas multiplier les écrans, les capteurs ou les accessoires électroniques sur un vélo, alors que certains privilégient justement la simplicité de ce mode de déplacement. Car plus il est connecté et intelligent, plus le vélo est susceptible de subir l’obsolescence technologique (comme nous l’ont malheureusement montré quelques récents échecs cuisants, de VanMoof à Angell).
Malgré ces réserves, l’initiative mérite d’être saluée. À l’heure où la décarbonation des mobilités devient une priorité, voir un constructeur de l’envergure de Volkswagen investir sérieusement dans le vélo électrique constitue un signal positif. Plus qu’un simple produit dérivé, cette gamme explore des pistes technologiques susceptibles d’inspirer, demain, l’ensemble de l’industrie du cycle. Si certaines innovations devront encore faire leurs preuves sur le terrain, l’idée de transférer les décennies d’expérience de l’automobile en matière de sécurité vers les mobilités douces apparaît comme une évolution prometteuse.
- Publié le 31 juillet 2026