Vélos

Rebirth accélère dans le vélo reconditionné avec le rachat de Loewi

En mettant la main sur Loewi, spécialiste du vélo électrique reconditionné, Rebirth poursuit sa stratégie d’intégration de la filière. Une opération qui illustre la consolidation en cours d’un marché en pleine mutation.

En bref :

  • Rebirth rachète Loewi pour renforcer son offre autour de la seconde vie des vélos électriques.
  • L’opération associe savoir-faire industriel, distribution digitale et expertise du reconditionnement.
  • Dans un marché sous pression, la taille critique devient un levier essentiel de rentabilité et de croissance, poussant à la consolidation.

Après avoir repris plusieurs actifs majeurs en difficulté de l’industrie du cycle ces dernières années (Angell, Cowboy, Cycleurope…), Rebirth poursuit son expansion avec l’acquisition de Loewi. Le spécialiste du vélo électrique reconditionné rejoint ainsi un groupe qui continue à élargir son panel de marques. Cette nouvelle opération s’inscrit dans une stratégie d’intégration de la chaîne de valeur, de la conception des vélos jusqu’à leur seconde vie.

Fondé autour de la relance d’actifs industriels français, Rebirth a en effet constitué un portefeuille réunissant des marques emblématiques telles que Solex, Matra, Gitane ou encore Peugeot Cycles. En parallèle, le groupe a développé des activités de services et de mobilité afin de ne plus dépendre du seul marché du vélo neuf, particulièrement chahuté depuis la fin du cycle post-Covid.

Accélérer sur l’économie circulaire

Créée en 2022, Loewi s’est spécialisée dans le reconditionnement de vélos à assistance électrique issus de reprises, de flottes ou de retours distributeurs. L’entreprise a bâti un modèle industriel associant remise en état, contrôle qualité, garantie et commercialisation via une plateforme numérique. Dans un contexte où le prix du vélo électrique constitue encore un frein à l’achat, le reconditionné apparaît comme un segment en forte progression.

Pour Rebirth, cette acquisition répond à un double objectif. D’une part, intégrer une expertise immédiatement opérationnelle sur un marché en croissance. D’autre part, prolonger le cycle de vie des vélos produits ou distribués par le groupe en développant une véritable filière circulaire.

L’opération ouvre également la voie à des synergies industrielles et commerciales : approvisionnement en vélos d’occasion, capacités de reconditionnement, offres destinées aux entreprises et aux collectivités ou encore développement de solutions de reprise.

Une concentration devenue inévitable

Le rapprochement intervient alors que le marché du vélo reconditionné entre dans une nouvelle phase. Après l’émergence de nombreux acteurs spécialisés, la rentabilité devient un enjeu central. Les investissements nécessaires dans les ateliers, la logistique, les systèmes d’information ou les garanties imposent désormais des volumes suffisants pour atteindre une taille critique.

Dans ce contexte, la consolidation apparaît comme une évolution logique. Les acteurs capables d’associer production, distribution, services et reconditionnement disposeront d’un avantage concurrentiel durable.

Des acquisitions qui doivent désormais produire leurs effets

Cette nouvelle opération intervient toutefois dans un contexte contrasté pour Rebirth. Ces derniers mois, le groupe s’est retrouvé sous les projecteurs pour d’autres raisons que sa stratégie de croissance.

À Saint-Lô, la communauté d’agglomération a engagé une procédure d’expulsion de son site industriel après plusieurs années de loyers impayés et de différends avec le groupe, qui affirme de son côté ne pas avoir été informé de cette procédure.

Au-delà de ce contentieux, plusieurs observateurs du secteur s’interrogent sur le rythme d’exécution du projet industriel porté par Grégory Trébaol. Malgré un portefeuille de marques considérablement étoffé, les lancements de nouvelles gammes restent limités et plusieurs actifs repris n’ont, pour l’heure, pas retrouvé une dynamique commerciale claire.

Ces interrogations concernent notamment l’avenir de certaines enseignes acquises ces dernières années. La disparition de la marque Angell, les incertitudes entourant le repositionnement de Cowboy au sein du groupe ou encore le manque de visibilité sur les futures gammes de Peugeot Cycles alimentent les questions du marché.

Si Rebirth revendique une stratégie de reconstruction industrielle fondée sur le temps long, son faible niveau de communication sur ses feuilles de route et l’absence, à ce stade, d’annonces produits d’envergure entretiennent les doutes.

Le rachat de Loewi apparaît ainsi comme une nouvelle démonstration de la capacité du groupe à saisir des opportunités de croissance externe ; il lui reste désormais à convaincre qu’il peut transformer cet ensemble de marques en un projet industriel cohérent, créateur de valeur et capable de relancer durablement chacune de ses activités.

  • Publié le 30 juin 2026

En banlieue parisienne, ce quadra père de 2 enfants pratique le vélo au quotidien de manière (assez) sportive, sur route et en dehors. A des envies de longues randonnées à la découverte de nouveaux paysages.

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