Ce que les accidents révèlent vraiment sur les risques du vélo électrique
Le vélo électrique est parfois présenté comme une petite moto en matière de sécurité. Une étude menée sur près de 1800 accidentés montre pourtant que les blessures des utilisateurs de VAE ressemblent beaucoup plus à celles des cyclistes qu’à celles des motards.

En bref :
- Les blessures en vélo électrique ressemblent davantage à celles du vélo classique qu’à celles de la moto.
- Les utilisateurs de VAE étudiés avaient en moyenne 56 ans, contre 42 ans pour les cyclistes.
- Les traumatismes crâniens restent un point de vigilance important chez les utilisateurs de vélo électrique.
Le vélo électrique fait régulièrement l’objet d’une comparaison avec la moto. Il roule plus vite qu’un vélo musculaire et son moteur permet de maintenir plus facilement une vitesse élevée. Mais cette comparaison ne tient pas forcément lorsqu’on regarde les conséquences des accidents.
C’est ce qu’a cherché à mesurer une étude publiée dans le Journal of Clinical Medicine. Les chercheurs ont analysé les blessures de 1796 personnes prises en charge après un accident dans un centre de traumatologie de niveau 1, en Suisse, entre 2009 et 2018. Le groupe comprenait 1141 cyclistes, 67 utilisateurs de VAE et 588 motards.
Le résultat est assez clair : le profil des blessures observées chez les utilisateurs de VAE ressemble beaucoup plus à celui des cyclistes qu’à celui des motards. Autrement dit, le moteur électrique ne transforme pas automatiquement un accident de vélo en accident de moto. Cela peut sembler logique, mais il fallait encore le démontrer.
Les blessures sont proches de celles du vélo
Les différences apparaissent surtout lorsqu’on regarde les parties du corps touchées. La tête est concernée dans 65,7 % des accidents de VAE, contre 64,1 % pour le vélo classique. Chez les motards, cette proportion tombe à 46,8 %. Même constat pour le visage : 40,3 % pour les VAE et 42 % pour les vélos, contre seulement 19 % pour les motos.
Les bras et les jambes sont également fréquemment touchés. Les blessures aux membres supérieurs concernent 47,8 % des utilisateurs de VAE et 41,4 % des cyclistes, contre 42,7 % des motards.
À l’inverse, les motards présentent beaucoup plus souvent des blessures au thorax, à l’abdomen, au dos et aux jambes. Le thorax est ainsi touché dans 51 % des accidents de moto, contre 26,9 % pour les VAE et 37,4 % pour les vélos. Le profil des blessures est donc différent. Le VAE reste plus proche du vélo que de la moto.
Les traumatismes crâniens posent question
Il y a toutefois un chiffre qui ressort : les traumatismes crâniens concernent 65,7 % des utilisateurs de VAE, contre 64,1 % des cyclistes. Mais surtout, les traumatismes crâniens modérés représentent 10,4 % des accidents de VAE, contre 3,9 % pour les vélos classiques.
Le problème est d’autant plus intéressant que les utilisateurs de VAE portaient plus souvent un casque. En effet, dans cette étude, 73,1 % des utilisateurs de VAE portaient un casque, contre seulement 37,6 % des cyclistes. Chez les motards, le taux atteignait 95,9 %.
Le casque ne rend évidemment pas l’accident sans conséquence. Mais ces chiffres montrent surtout que le traumatisme à la tête reste un risque majeur à vélo, électrique ou non.
Une autre étude publiée en 2024, portant spécifiquement sur les traumatismes de la tête et du cou, arrive d’ailleurs à une conclusion plus préoccupante. Elle estime que le profil des blessures crâniennes des utilisateurs de VAE peut davantage ressembler à celui des motards.
Elle souligne aussi que le port du casque ramène la fréquence des saignements intracrâniens à un niveau comparable à celui observé chez les cyclistes casqués.
Un vrai sujet : l’âge des utilisateurs
L’un des enseignements les plus intéressants de l’étude ne concerne finalement pas le vélo. Il concerne les cyclistes. Les utilisateurs de VAE accidentés avaient 56 ans en moyenne. Les cyclistes classiques avaient 42 ans et les motards seulement 40,8 ans. L’écart est donc important.
Cela peut avoir des conséquences sur les blessures. Avec l’âge, les réflexes, l’équilibre et la capacité à encaisser une chute peuvent évoluer. Le vélo électrique permet par ailleurs à des personnes qui ne pratiquaient plus le vélo de reprendre une activité physique et de parcourir des distances importantes. Le VAE peut donc attirer un public différent de celui du vélo traditionnel.
Les chercheurs avancent justement cette hypothèse pour expliquer une partie des traumatismes observés chez les utilisateurs de VAE. Des cyclistes plus âgés ou moins expérimentés peuvent avoir davantage de difficultés à contrôler leur vélo dans une situation imprévue.
Le VAE peut aggraver certaines blessures
Il serait toutefois faux d’en conclure que le vélo électrique est aussi sûr que le vélo classique dans toutes les situations. Une étude suisse publiée en 2022 a comparé 82 patients victimes d’accidents. Les utilisateurs de VAE étaient plus souvent hospitalisés : 48 % contre 24 % pour les cyclistes classiques.
Leur score médian de gravité des blessures était également supérieur, avec un ISS de 3 contre 1. Même après avoir pris en compte la différence d’âge entre les deux groupes, la gravité des blessures restait significativement plus élevée chez les utilisateurs de VAE.
Une étude publiée en 2026 apporte également des éléments allant dans ce sens chez les personnes ayant subi des blessures graves. Elle souligne notamment une gravité accrue des traumatismes chez les utilisateurs de VAE, avec un effet particulièrement marqué chez les utilisateurs âgés.
Les études ne disent donc pas toutes exactement la même chose mais elles s’accordent sur un point : le vélo électrique mérite d’être étudié comme une catégorie à part, et pas simplement comme un vélo classique avec un moteur. Quant à la moto, c’est encore autre chose.
En effet, les chiffres de gravité sont parlants : les traumatismes majeurs concernent 39,1 % des motards, contre 19,4 % des utilisateurs de VAE et 18,1 % des cyclistes. La mortalité atteint 2,6 % chez les motards, contre 1,5 % chez les utilisateurs de VAE et 1,2 % chez les cyclistes dans cette population hospitalisée.
Cela ne signifie pas que le vélo électrique est sans risque. Le poids supérieur du vélo, l’assistance électrique, la vitesse et le profil parfois plus âgé des utilisateurs peuvent modifier les conséquences d’une chute.
Mais plutôt que de considérer le VAE comme une « petite moto », les données disponibles invitent à une autre conclusion : ses risques sont plus spécifiques que ceux du vélo traditionnel.
Source : Cycling Electric
- Publié le 4 septembre 2026
En banlieue parisienne, ce quadra père de 2 enfants pratique le vélo au quotidien de manière (assez) sportive, sur route et en dehors. A des envies de longues randonnées à la découverte de nouveaux paysages.