Vélo et société

Vélo ou voiture : combien ça coûte vraiment sur une année ?

Comparer le vélo et la voiture ne se résume pas à une question de confort ou de rapidité. Pour beaucoup, la vraie interrogation est financière : combien coûte réellement chaque solution sur une année complète ?

Entre carburant, entretien, assurance et décote, la voiture représente un budget souvent sous-estimé. De son côté, le vélo paraît économique, mais il implique aussi des dépenses qu’il ne faut pas négliger. Voici une comparaison concrète, chiffres à l’appui.

Le coût annuel d’une voiture : bien plus que le carburant

Lorsqu’on pense au budget automobile, on cite spontanément le carburant. Pourtant, il ne représente qu’une partie des dépenses. Pour une voiture compacte utilisée quotidiennement, les principaux postes de dépense sont :

  • Carburant
  • Assurance
  • Entretien et réparations
  • Contrôle technique
  • Stationnement
  • Péages éventuels
  • Décote du véhicule

Exemple concret : pour une voiture parcourant 12 000 km par an, le carburant peut représenter environ 900 à 1 500 euros selon la consommation et le prix du litre.

À cela s’ajoutent en moyenne :

  • 600 à 900 euros d’assurance
  • 500 à 1 200 euros d’entretien
  • Plusieurs centaines d’euros de stationnement selon la ville

Mais le poste le plus lourd reste souvent invisible : la perte de valeur du véhicule. Une voiture achetée 20 000 euros peut perdre 2 000 à 3 000 euros de valeur par an les premières années. Selon une étude récente portant sur les dépenses des ménages français, le coût moyen mensuel d’une voiture s’élève à environ 416 € en 2024, toutes dépenses confondues (achat, assurance, carburant, entretien, stationnement, péages).

Cela représente près de 5 000 € par an pour une automobile. Près de 80 % du budget transport des ménages en France est consacré à la seule automobile, ce qui en fait l’un des postes de dépense les plus lourds derrière le logement.

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Le coût annuel d’un vélo musculaire

À première vue, la comparaison semble disproportionnée. Un vélo urbain de bonne qualité coûte entre 500 et 1 200 euros à l’achat. On pourra trouver même moins cher en passant par de l’occasion. Si l’on souhaite utiliser son vélo tous les jours, mieux vaut ne pas prendre un modèle dont les composants ne sont pas capables d’encaisser un usage intensif.

Mais il faut intégrer les frais sur la durée :

Bon à savoir : l’entretien annuel d’un vélo utilisé quotidiennement dépasse rarement 100 à 200 euros, sauf usage intensif ou pièces spécifiques. Notez que vous pouvez bénéficier du Bonus Répar Vélo qui permet d’économiser 15 ou 30 € sur la facture d’entretien chez un vélociste agréé.

Si l’on amortit un vélo acheté 1 000 euros sur cinq ans, cela représente 200 euros par an. En ajoutant l’entretien et quelques accessoires, le budget annuel tourne généralement autour de 300 à 500 euros.

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Et pour un vélo électrique ?

Le vélo à assistance électrique (VAE) demande un investissement plus important. Les modèles fiables se situent souvent entre 1 800 et 3 000 euros. Pour un vélo cargo électrique, il faudra même souvent compter dans les 5 000 euros, certains modèles pouvant grimper encore plus haut.

À cela s’ajoutent :

  • Entretien similaire à un vélo classique
  • Éventuel remplacement de batterie après plusieurs années
  • Consommation électrique (faible, quelques euros par an)

Exemple concret : un VAE acheté 2 500 euros et conservé cinq ans représente 500 euros par an d’amortissement. Avec l’entretien et l’assurance, le coût annuel total se situe généralement entre 600 et 1 200 euros.

Même en intégrant le remplacement d’une batterie (entre 500 et 900 € pour une batterie) au bout de cinq ou six ans, l’écart avec la voiture reste significatif.

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Les coûts indirects : temps et organisation

Au-delà des chiffres bruts, d’autres éléments entrent en jeu. La voiture implique souvent du temps perdu dans les embouteillages, la recherche de stationnement ou les passages au garage. Le vélo, lui, peut nécessiter une organisation différente (équipement pluie, transport de charges, planification des trajets).

Ces aspects ne sont pas toujours chiffrables, mais ils influencent le choix.

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Une différence d’ordre de grandeur

Même en prenant des hypothèses prudentes, l’écart reste important :

  • Voiture : 4 000 à 7 000 euros par an
  • Vélo classique : 300 à 500 euros par an
  • Vélo électrique : 600 à 1 200 euros par an

Le vélo ne remplace pas tous les usages d’une voiture, notamment pour les longs trajets ou certaines contraintes familiales. Mais pour les déplacements quotidiens, l’écart financier est difficile à ignorer. Les trajets longs représentent une part minime des trajets réalisés en voiture par la majorité des automobilistes. Et même à vélo, la voiture reste accessible lorsqu’elle est obligatoire, via la location notamment.

Poste de dépenseVoiture (12 000 km/an)Vélo classiqueVélo électrique
Achat / amortissement2 000 – 3 000 € (décote)200 €500 €
Carburant / énergie900 – 1 500 €0 €10 – 30 €
Assurance600 – 900 €0 – 50 €0 – 500 €
Entretien / réparations500 – 1 200 €100 – 200 €150 – 250 €
Stationnement / péages300 – 1 000 €*0 €0 €
Coût total annuel estimé4 300 – 7 000 €300 – 500 €600 – 1300 €
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Faut-il forcément opposer vélo et voiture ?

La question n’est pas toujours de choisir l’un contre l’autre. Beaucoup de ménages conservent une voiture pour les trajets occasionnels tout en utilisant le vélo au quotidien. Réduire l’usage de la voiture, même partiellement, permet déjà de diminuer significativement le budget mobilité annuel.

Le vrai enjeu n’est peut-être pas de supprimer totalement la voiture, mais d’interroger la place qu’elle occupe dans nos déplacements quotidiens. Quand on sait que 62 % des déplacements de moins de 10 km sont réalisés en voiture, cela laisse une bonne marge de progression.

Il y a évidemment des exceptions, des personnes qui ne peuvent pas s’en passer pour leur travail ou des contraintes physiques, mais cela représente une minorité parmi les automobilistes. Pour beaucoup, la voiture reste un confort, souvent face à une offre de transports alternatifs inadaptée.

  • Publié le 24 février 2026

Journaliste à vélo, expatrié dans le Luberon. Persuadé d'être un sniper de l'humour, qui ne rate jamais sa cible.

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