Vélo et société

Deliveroo veut interdire les kits électriques dangereux et fait la guerre aux vélos débridés

Deliveroo demande au gouvernement britannique d’interdire la vente des kits de conversion dangereux pour vélos électriques. La plateforme annonce aussi un dispositif de détection des vitesses anormales pour identifier les livreurs utilisant des engins non conformes. Une initiative qui fait écho aux demandes de la filière européenne.

En bref :

  • En Angleterre, Deliveroo réclame l’interdiction des kits de conversion dangereux et renforce les contrôles de ses livreurs.
  • Un système de suivi GPS doit détecter les vitesses incompatibles avec un vélo électrique conforme.
  • La mesure relance le débat sur les engins illégaux, sans que tous les kits de conversion soient pour autant concernés.

Le sujet des vélos électriques non conformes dépasse désormais les fabricants et les distributeurs de cycles. Au Royaume-Uni, Deliveroo demande au gouvernement d’interdire la vente au grand public des kits de conversion dangereux. La plateforme de livraison a lancé, le 8 octobre 2026, une campagne baptisée Ride Safe, destinée à améliorer la sécurité des livreurs et des autres usagers de la route.

La société de livraison de repas avait déjà fait parler d’elle dans ce domaine en ayant expérimenté un passe-droit sur les limitations de vitesse pour ses livreurs utilisant des vélos Lime dans les centre ville. L’idée était de permettre aux livreurs d’être plus efficaces et rapides, afin de les détourner de l’utilisation de vélos illégaux et débridés. Mais devant les contestations, elle avait fini par faire machine arrière.

On parle ici des kits permettant de motoriser un vélo classique ou de modifier un vélo électrique existant, afin d’échapper à la législation en vigueur qui prévoir que l’assistance électrique doit se couper à 25 km/h. Certains dépassent en effet largement les limites réglementaires de puissance et de vitesse. D’autres permettent de rouler sans pédaler grâce à un accélérateur.

Les batteries et les composants électriques de mauvaise qualité sont également pointés du doigt car ils peuvent également provoquer des incendies, notamment en cas de montage inadapté ou d’utilisation d’un chargeur incompatible.

Deliveroo ne se contente pas de réclamer une intervention des pouvoirs publics. L’entreprise annonce aussi le déploiement d’un système de détection des vitesses anormalement élevées. Grâce aux données GPS et aux temps de livraison, elle entend repérer les trajets incompatibles avec les performances d’un vélo classique ou d’un VAE conforme.

Les livreurs concernés pourront être contactés pour vérifier leur véhicule. Deliveroo prévoit de leur retirer l’accès à la plateforme si le problème persiste ou s’ils ont sciemment déclaré un véhicule différent de celui utilisé.

Les plateformes de livraison aussi sous pression

Cette initiative intervient alors que les entreprises de livraison sont de plus en plus sollicitées pour lutter contre l’utilisation d’engins illégaux. Le modèle économique de la livraison à la course peut inciter certains livreurs à rechercher des véhicules plus rapides, alors que le modèle de rémunération de ces travailleurs « ubérisés » s’avère particulièrement précaire.

Le problème ne se résume donc pas au comportement individuel des utilisateurs. La recherche de productivité, les conditions de rémunération et l’accès facile à des kits surpuissants participent aussi à expliquer le phénomène.

Deliveroo affirme néanmoins vouloir faciliter l’accès à des vélos conformes, notamment grâce à ses partenariats avec plusieurs entreprises spécialisées. La plateforme prévoit également de renforcer l’information donnée aux livreurs sur la réglementation et les risques liés aux batteries.

Une nouvelle étape dans la lutte contre les VAE illégaux

La position de Deliveroo fait écho aux demandes déjà formulées en France et à l’échelle européenne. En juillet, l’Alliance pour le Vélo appelait les pouvoirs publics français à renforcer la lutte contre les « faux vélos », ces engins qui ne respectent plus les règles applicables aux vélos à assistance électrique.

De son côté, l’European Cycling Industries demande notamment une interdiction des kits de débridage, une surveillance renforcée du marché et une meilleure coopération entre les autorités européennes. L’organisation souhaite aussi que les fabricants conçoivent des systèmes plus difficiles à modifier.

Le cadre réglementaire est pourtant déjà établi. Reste à le faire appliquer et à contrôler les produits vendus en ligne. Mais attention, il nous fait préciser et rappeler que les kits de conversion ne sont pas tous illégaux : certains permettent de transformer un vélo classique en VAE parfaitement conforme. Une interdiction mal ciblée pourrait donc pénaliser des solutions légitimes de conversion et de réemploi, quelles qu’elles soient. On vous a par exemple déjà parlé de solutions testées par nos soins, telles que Syklo ou Annad, entre autres.

L’initiative de Deliveroo marque donc un changement de position intéressant : les plateformes de livraison, dont l’activité repose en partie sur l’usage de vélos électriques, reconnaissent la nécessité d’agir. Reste à savoir si cette mobilisation débouchera sur des mesures ciblées contre les produits dangereux et sur des contrôles réellement efficaces.

Source : Cycling Electric

  • Publié le 13 octobre 2026

En banlieue parisienne, ce quadra père de 2 enfants pratique le vélo au quotidien de manière (assez) sportive, sur route et en dehors. A des envies de longues randonnées à la découverte de nouveaux paysages.

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